Avant même les retards de Siri, les critiques autour d’Apple Intelligence ou les rumeurs de partenariat avec Gemini, une bataille interne se jouait dans les couloirs d’Apple Park. Selon de nouvelles révélations, les plus hauts dirigeants de l’entreprise se sont réunis en 2025 pour décider qui pourrait sauver la stratégie IA d’Apple.
Une réunion tendue, des ambitions opposées et une lutte de pouvoir rarement visible de l’extérieur. Derrière le futur de Siri se cache en réalité l’une des plus importantes crises organisationnelles qu’Apple ait connues depuis des années.
Le moment où Apple a reconnu son retard
D’après les informations de Mark Gurman dans sa newsletter Power On, les principaux responsables d’Apple se sont retrouvés au début de l’année 2025 pour répondre à une question simple : comment réparer l’échec de la stratégie IA du groupe ?
Le contexte était particulièrement difficile.
Apple Intelligence peinait à convaincre, la refonte de Siri accumulait les retards et la concurrence avançait rapidement. Pendant ce temps, Google, OpenAI, Anthropic, Microsoft et Meta accéléraient leurs investissements dans les agents IA et les assistants conversationnels.
Plus inquiétant encore pour Apple, Tim Cook aurait progressivement perdu confiance dans la capacité de John Giannandrea, alors responsable de l’intelligence artificielle, à redresser la situation.
Mike Rockwell s’est imposé comme le candidat du changement
Au cours de cette réunion, un dirigeant s’est particulièrement distingué : Mike Rockwell. Connu pour avoir dirigé le développement du Vision Pro, Rockwell aurait proposé de prendre les commandes du chantier Siri et de la transformation IA d’Apple.
Malgré les performances commerciales mitigées du casque, son exécution technique avait renforcé sa crédibilité auprès de la direction.
Selon le rapport, Craig Federighi et Johny Srouji auraient même recommandé à Tim Cook de lui confier le projet. À ce moment-là, tout semblait indiquer que Rockwell allait devenir le nouveau visage de l’intelligence artificielle chez Apple.
La bataille du pouvoir a commencé
Mais, les tensions sont apparues lorsque les discussions ont quitté le terrain technique pour celui de l’organisation. Mike Rockwell pensait obtenir un rôle beaucoup plus large : superviser l’ensemble de la stratégie IA du groupe et reporter directement à Tim Cook. Craig Federighi voyait les choses autrement.
Le responsable logiciel souhaitait conserver le contrôle de l’intelligence artificielle au sein de son organisation et refusait de créer une structure parallèle indépendante.
La solution retenue a finalement placé Rockwell à la tête de Siri, mais sous la supervision directe de Federighi. Un compromis qui aurait laissé plusieurs frustrations en interne.
Une erreur stratégique qui remonterait à près de dix ans
L’aspect le plus révélateur de cette histoire concerne peut-être les occasions manquées. Selon Gurman, des dirigeants d’Apple avaient identifié dès le milieu des années 2010 que l’intelligence artificielle pouvait devenir une menace existentielle pour l’iPhone et l’écosystème Apple.
Parmi eux figurait Dan Riccio, ancien responsable matériel du groupe.
À l’époque, un projet de modernisation profonde de Siri aurait même été étudié. Mais la direction ne considérait pas encore l’IA comme une priorité stratégique. Une décision qui apparaît aujourd’hui comme l’une des plus importantes erreurs d’anticipation de l’histoire récente d’Apple.
Le paradoxe Siri
Pendant des années, Siri a été l’un des symboles de l’avance d’Apple dans les assistants vocaux. Aujourd’hui, il est devenu l’un des exemples les plus souvent cités lorsqu’il s’agit d’illustrer le retard de l’entreprise dans l’IA générative.
Les utilisateurs comparent désormais Siri à Gemini, ChatGPT ou Claude, et les écarts sont parfois difficiles à ignorer.
Cette situation explique pourquoi Apple prépare actuellement une refonte majeure de l’assistant, attendue dans les prochaines versions d’iOS.
Apple joue désormais sa crédibilité
Le défi dépasse largement Siri lui-même. L’entreprise qui a redéfini le smartphone, la tablette et les écouteurs connectés doit désormais prouver qu’elle peut également réussir sa transition vers l’intelligence artificielle.
Les choix organisationnels effectués lors de cette réunion de 2025 influencent encore aujourd’hui la direction prise par Apple.
Et, c’est précisément ce qui rend cette histoire si importante. Car derrière les futures démonstrations de Siri à la WWDC ou les promesses d’Apple Intelligence, se cache une réalité plus fondamentale : Apple ne tente pas seulement d’améliorer un assistant vocal. Elle tente de rattraper un retard stratégique accumulé pendant près d’une décennie.
La prochaine génération de Siri dira si cette réorganisation était le début du redressement… ou simplement une nouvelle étape dans une course que ses concurrents ont déjà largement entamée.


