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Qualcomm + CXMT : Le plan secret pour briser le monopole de la mémoire

Qualcomm + CXMT : Le plan secret pour briser le monopole de la mémoire
Qualcomm + CXMT : Le plan secret pour briser le monopole de la mémoire

Le vrai goulot d’étranglement du smartphone 2026 n’est peut-être plus le processeur, mais la mémoire. D’après un rapport relayé par JoongAng Ilbo puis repris par Wccftech, Qualcomm travaillerait avec Changxin Memory Technologies (CXMT) sur de la DRAM sur mesure pour smartphones, dans un contexte où la capacité mondiale se déplace massivement vers la mémoire pour serveurs IA.

À ce stade, Qualcomm n’a pas confirmé publiquement ce partenariat précis, mais le scénario paraît cohérent avec les tensions actuelles du marché.

La mémoire devient le point de douleur de toute l’industrie

Le contexte, lui, est bien documenté. Reuters rapportait fin février que le marché mondial du smartphone pourrait connaître en 2026 son plus fort recul historique, précisément à cause de la flambée du prix des puces de mémoire. Counterpoint signalait encore cette semaine que les expéditions mondiales de smartphones ont reculé de 6 % au premier trimestre 2026, sous l’effet combiné des tensions sur la DRAM et la NAND.

La raison est simple : la ruée vers l’IA absorbe une part croissante des capacités de production en mémoire à forte marge, notamment autour du HBM pour centres de données. Reuters notait déjà en janvier que Samsung et SK Hynix voyaient leurs clients PC et mobile ajuster leurs volumes ou leurs spécifications face à la hausse des coûts de mémoire.

Pourquoi Qualcomm aurait intérêt à sécuriser sa propre voie

Si la fuite est exacte, l’intérêt stratégique pour Qualcomm est évident. En travaillant directement avec un fabricant mémoire comme CXMT, l’entreprise pourrait mieux stabiliser l’approvisionnement, réduire une partie de la volatilité et proposer à ses partenaires des plateformes plus prévisibles en coût.

Wccftech souligne justement que Qualcomm avait déjà laissé entendre, lors d’un précédent échange financier, qu’elle faisait partie des premiers acteurs qualifiés auprès de différents fournisseurs mémoire.

Il ne s’agirait donc pas seulement d’une initiative technique, mais d’un mouvement de reprise de contrôle sur une brique devenue trop critique pour être laissée entièrement aux aléas du marché spot.

Une logique particulièrement forte pour la Chine

L’autre dimension de ce dossier est géographique. CXMT est un acteur chinois, et la Chine reste le plus grand marché smartphone au monde ainsi qu’un centre industriel majeur pour de nombreuses marques clientes de Qualcomm. Si cette collaboration existe, elle pourrait d’abord profiter à cet écosystème, en offrant une voie d’accès plus locale à la mémoire mobile au moment où les chaînes d’approvisionnement mondiales deviennent plus fragiles et plus politisées.

Le milieu de gamme est le vrai terrain sensible

Là où la situation devient critique, c’est sur les téléphones à prix serré. Les flagships ont encore un peu d’espace pour absorber la hausse des coûts. Les modèles milieu de gamme et abordables, eux, ont beaucoup moins de marge. Reuters signalait déjà en décembre que la hausse du coût mémoire pesait sur les prévisions 2026 du smartphone, et que certaines marques adaptaient déjà leur stratégie produit.

C’est ce qui rend crédible une autre information souvent associée à cette crise : Qualcomm et MediaTek auraient réduit leurs commandes sur certaines puces milieu de gamme, précisément parce que les arbitrages deviennent plus difficiles quand mémoire, stockage et SoC montent tous en coût en même temps. Cette partie repose davantage sur des rapports sectoriels que sur des annonces officielles, donc elle mérite prudence.

Au fond, cette rumeur raconte quelque chose de plus large que Qualcomm. Le smartphone entre dans une phase où la mémoire redevient structurante, presque comme au temps des grands cycles de pénurie de composants, mais avec une pression supplémentaire venue de l’IA. Si Qualcomm cherche vraiment à développer de la DRAM mobile avec CXMT, ce n’est pas seulement pour gagner quelques points d’optimisation. C’est parce que la mémoire est en train de devenir un levier stratégique comparable au modem, au packaging ou au nœud de gravure.

Et c’est probablement là le vrai signal : en 2026, la bataille mobile ne se joue plus seulement sur les performances. Elle se joue sur la capacité à garantir qu’un smartphone reste économiquement fabriquable.

Tags : CXMTQualcommRAM
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.