Avec le Exynos 2600, Samsung voulait signer un retour fort. Première puce maison gravée en 2 nm, nouvelle vitrine technologique pour la fonderie du groupe, et surtout pièce maîtresse d’une reconquête longtemps attendue face à Qualcomm. Sur le papier, le récit avait tout pour plaire : meilleure efficacité, lithographie plus avancée, promesse d’un vrai bond générationnel.
Mais, les premiers tests relayés racontent une histoire moins flatteuse. Dans certains scénarios, la puce Exynos 2600 grimperait jusqu’à 30,22 W en pointe sous Geekbench 6, face à environ 21,48 W pour le Snapdragon 8 Elite Gen 5.
Exynos 2600 : Une avance technologique qui ne se traduit pas encore en sobriété
C’est tout le paradoxe de ce début de dossier. Oui, le Exynos 2600 repose sur le procédé le plus avancé jamais utilisé par Samsung sur smartphone. Mais dans les mesures relayées aujourd’hui, cette sophistication industrielle ne débouche pas automatiquement sur une meilleure efficacité énergétique.
Au contraire, le différentiel de consommation observé sur Geekbench 6 est suffisamment marqué pour nourrir un doute immédiat sur le comportement de la puce en charge prolongée.
Les chiffres relayés par Wccftech à partir du test TechStation365 placent ainsi le Snapdragon 8 Elite Gen 5 à 3 641 points en monocoeur et 10 902 en multicoeurs, avec une pointe à 21,48 W, tandis que le Exynos 2600 atteindrait 3 271 points en monocoeur et 10 745 en multicoeurs, mais avec un pic à 30,22 W. Le Snapdragon 8 Gen 5 de Motorola, lui, resterait aussi autour de 21,89 W dans ce protocole.

Le vrai problème n’est pas le pic, mais ce qu’il suggère
Il faut évidemment nuancer. Un pic à 30 W sur quelques secondes n’a pas la même signification qu’une consommation soutenue sur plusieurs minutes. Mais même pris comme un instantané, ce chiffre envoie un signal peu rassurant. Une puce qui doit monter aussi haut pour rester compétitive sur un benchmark CPU risque mécaniquement de compliquer la gestion thermique d’un smartphone fin, surtout lorsqu’il s’agit ensuite d’enchaîner jeu, capture vidéo, multitâche lourd ou traitements IA.
Et c’est précisément là que le souvenir des anciens Exynos revient. Car pendant des années, le vrai reproche adressé aux puces Samsung n’était pas tant leur manque de puissance brute que leur difficulté à tenir cette puissance dans la durée, sans surchauffer ni dégrader l’autonomie.
Même la décompression ne permet pas à l’Exynos de reprendre la main
Le plus embarrassant pour Samsung est peut-être que cette faiblesse ne se limiterait pas au benchmark synthétique. Dans le test de décompression d’une archive ZIP de 20 Go relayé par les mêmes sources, le Exynos 2600 aurait atteint jusqu’à 7,8 W, tandis que les deux puces Snapdragon resteraient sous les 5 W. Le Snapdragon 8 Elite Gen 5 ferait en plus mieux sur le temps de traitement.
Là encore, ce n’est pas tant la performance brute qui pose question que le ratio entre résultat obtenu et énergie dépensée.

Pourtant, tout n’allait pas dans ce sens au lancement
Ce qui rend ces nouveaux chiffres intéressants, c’est qu’ils contredisent partiellement le récit plus optimiste des premières semaines. Fin février, les premiers benchmarks post-lancement plaçaient le Exynos 2600 à un niveau globalement proche du Snapdragon 8 Elite Gen 5, avec des écarts jugés relativement contenus.
Autrement dit, il faut distinguer deux réalités. D’un côté, le Exynos 2600 semble suffisamment compétitif pour ne plus être écrasé systématiquement sur les tests de performance classiques. De l’autre, ces nouvelles mesures suggèrent qu’il pourrait encore payer cette compétitivité par une consommation trop élevée dans certains scénarios ciblés.
Au fond, ces résultats réactivent la question la plus ancienne du marché mobile haut de gamme : Samsung peut-elle réellement rivaliser avec TSMC sur l’efficacité de fabrication, pas seulement sur le nœud annoncé ? TSMC conserve une avance nette sur la sobriété énergétique à performances comparables. Il faut rester prudent sur la force de ce constat, mais il est clair que le dossier Exynos ne pourra être jugé crédible qu’à condition de prouver sa tenue thermique au-delà des slides marketing et des benchmarks courts.
Samsung progresse, mais pas encore sur le terrain qui compte le plus
Le plus intéressant avec le Exynos 2600, c’est qu’il ne ressemble plus à un échec évident. Les premiers résultats CPU montraient déjà que Samsung avait réduit l’écart face à Qualcomm, et c’est un vrai progrès. Mais ces nouveaux tests rappellent aussi quelque chose de fondamental : dans le smartphone premium de 2026, la bataille ne se gagne pas seulement avec un score correct. Elle se gagne avec une puce capable d’être rapide et propre, puissante et soutenable.
En somme, le Exynos 2600 pourrait bien être la puce qui prouve que Samsung a retrouvé la course. Mais pas encore celle qui prouve qu’elle est redevenue la référence. Et c’est sans doute pour cela que les regards se tournent déjà vers le Exynos 2700 puis le Exynos 2800 : non plus pour des promesses de nœud plus fin, mais pour une question beaucoup plus simple — quand Samsung livrera-t-elle enfin une puce haut de gamme que personne n’aura besoin de défendre avec des astérisques ?



