Perplexity ne veut plus seulement « chercher pour vous ». Avec Perplexity Computer, la startup franchit une étape stratégique : transformer son moteur de réponses en machine à workflows autonomes, capable de rechercher, concevoir, coder, déployer et maintenir un projet de bout en bout.
Ce n’est plus un chatbot. Ce n’est pas non plus un simple agent. C’est une couche d’orchestration multi-IA pensée comme un environnement d’exécution complet.
Qu’est-ce que Perplexity Computer, concrètement ?
L’idée est simple sur le papier : vous définissez un objectif, et le système le décompose en tâches et sous-tâches structurées. Ensuite, il attribue ces missions à des sous-agents spécialisés qui travaillent en parallèle.
Ces sous-agents peuvent faire de la recherche Web approfondie, rédiger et éditer des documents, analyser et traiter des données, effectuer des appels API ou encore écrire, tester et déployer du code.
L’élément clé : les workflows sont asynchrones. Vous pouvez lancer plusieurs « instances » de Perplexity Computer en parallèle, chacune gérant un projet différent, sans bloquer votre session.
On passe donc d’un modèle « question → réponse » à un modèle « objectif → exécution continue ».
Comment ça fonctionne sous le capot ?
Chaque tâche tourne dans un environnement isolé comprenant :
- Un système de fichiers réel
- Un navigateur réel
- Des outils intégrés + accès API externes
Si un problème survient, le système peut générer automatiquement de nouveaux sous-agents pour résoudre l’impasse : chercher une documentation manquante, générer une clé API, construire un outil intermédiaire, ou demander une clarification à l’utilisateur — uniquement si nécessaire.
L’accès se fait via le Web. Aucune installation locale.
En clair, Perplexity construit une sandbox d’exécution autonome qui ressemble plus à un mini-ordinateur virtuel qu’à un simple assistant conversationnel.
Orchestration multi-modèles : 19 IA dans la même pièce
La véritable rupture stratégique réside dans l’orchestration. Perplexity Computer n’est pas lié à un seul modèle : il route dynamiquement chaque sous-tâche vers le modèle le plus adapté.
À son lancement, la plateforme s’appuie notamment sur :
- Claude Opus 4.6 (Anthropic) comme moteur central de raisonnement
- Google Gemini pour la recherche approfondie et la génération de sous-agents
- ChatGPT 5.2 (OpenAI) pour le long contexte et la recherche large
- Grok (xAI) pour les tâches rapides et légères
- Veo 3.1 (DeepMind) pour la génération vidéo
- Nano Banana pour la génération d’images
Au total : 19 modèles interconnectés.
L’utilisateur peut forcer le choix d’un modèle pour une sous-tâche, définir des plafonds de dépenses et optimiser l’usage des tokens. C’est une architecture model-agnostic : les modèles peuvent être remplacés ou mis à jour sans casser la plateforme.
Stratégiquement, c’est un mouvement puissant : Perplexity devient un meta-orchestrateur d’IA, pas un simple éditeur de modèle.
Infrastructure, mémoire et continuité
Perplexity Computer tourne sur l’infrastructure propriétaire de la société et inclut :
- Des centaines de connecteurs services
- Une mémoire persistante
- Gestion de fichiers
- Accès web intégré
Le système conserve le contexte entre projets tout en appliquant des contrôles de sécurité par défaut. On se rapproche d’un système d’exploitation IA dans le cloud.
Modèle économique : usage + crédits
L’accès est réservé aux abonnés Max pour le moment. Les abonnés Max reçoivent 10 000 crédits par mois inclus, 20 000 crédits bonus uniques, des crédits bonus supplémentaires au lancement et des crédits bonus expirant 30 jours après émission. Le modèle est basé sur la consommation réelle, avec une sélection des modèles pour contrôler les coûts et des plafonds de dépenses configurables.
Le support Pro et Enterprise est attendu prochainement.
Perplexity veut devenir l’interface universelle de l’IA
Ce lancement est plus stratégique qu’il n’y paraît.
- Ce n’est pas un chatbot amélioré : C’est une tentative de créer un environnement d’exécution autonome comparable à ce que Microsoft fait avec Copilot Studio — mais en mode multi-modèle.
- La vraie valeur est l’orchestration : Dans un monde où les modèles deviennent interchangeables, le pouvoir se déplace vers ceux qui savent les coordonner intelligemment.
- C’est une réponse directe à la fatigue des outils IA fragmentés : Aujourd’hui, un créateur jongle entre ChatGPT, Claude, Gemini, Midjourney, Runway… Perplexity propose de tout centraliser dans un pipeline unifié.
- La question clé est la fiabilité sur la durée : Les workflows longs et autonomes sont puissants — mais aussi coûteux et imprévisibles. Le succès dépendra de la stabilité, du contrôle des dépenses et de la gestion des erreurs.
Ce que ça change pour les professionnels
- Startups : prototypage complet sans stack lourde
- Développeurs : orchestration multi-LLM sans devoir construire l’infrastructure
- Créateurs : production texte + image + vidéo dans un pipeline unique
- Entreprises : automatisation multi-outils à l’échelle
Perplexity passe ainsi d’un moteur de recherche IA à un système d’exploitation productif basé sur l’IA.
Perplexity Computer marque une évolution majeure : l’IA ne se contente plus de suggérer, elle agit. En orchestrant 19 modèles dans un environnement exécutable, Perplexity tente de devenir le centre névralgique de la production assistée par IA.
Reste à voir si les utilisateurs adopteront cette vision « OS IA » — ou si la complexité et les coûts freineront l’élan. Mais une chose est claire : l’ère des simples chatbots touche à sa fin.



