Après les smartphones, les satellites s’invitent désormais dans les accessoires pour animaux. La start-up américaine Fi vient de dévoiler le Fi Ultra, présenté comme le premier collier connecté pour chiens capable d’utiliser le réseau Starlink Direct-to-Cell de SpaceX. L’objectif est simple : continuer à localiser un animal même lorsqu’il se trouve hors de portée des antennes de téléphonie mobile.
Cette innovation illustre une évolution plus large du marché, où la connectivité par satellite ne se limite plus aux téléphones et commence à s’étendre à une nouvelle génération d’objets connectés.
Une couverture qui ne dépend plus des antennes cellulaires
Les traceurs GPS destinés aux animaux utilisent traditionnellement les réseaux mobiles LTE pour transmettre leur position. Cette approche fonctionne efficacement dans les zones couvertes par les opérateurs, mais atteint rapidement ses limites dès qu’un animal s’éloigne des infrastructures terrestres.
Avec le Fi Ultra, la situation change.
Le collier exploite le service Direct-to-Cell de Starlink, qui permet à certains appareils LTE de communiquer directement avec les satellites en orbite basse, sans nécessiter d’antenne satellite dédiée.
Selon Jonathan Bensamoun, fondateur de Fi, cette technologie permet d’offrir une couverture beaucoup plus étendue, du moins aux États-Unis où le service est actuellement disponible.
Starlink transforme ses satellites en relais cellulaires
Le fonctionnement repose sur l’infrastructure développée par SpaceX. Plus de 650 satellites compatibles Direct-to-Cell auraient déjà été déployés en orbite. Chacun agit comme une antenne relais spatiale capable de communiquer directement avec des appareils LTE situés au sol.
Aucun équipement supplémentaire n’est requis, hormis une visibilité suffisante vers le ciel.
Cette architecture ouvre progressivement la voie à une nouvelle génération d’objets connectés capables de rester opérationnels dans des zones jusqu’ici dépourvues de couverture mobile.

Une autonomie optimisée par l’intelligence artificielle
Au-delà de sa connectivité satellite, le Fi Ultra mise également sur l’intelligence artificielle pour prolonger son autonomie. Le constructeur annonce jusqu’à trois mois d’utilisation sur une seule charge. Pour atteindre ce résultat, le collier analyse le comportement de l’animal afin d’adapter automatiquement sa consommation énergétique.
Lorsque le chien dort ou reste à son domicile, certaines fonctions sont réduites.
À l’inverse, si l’animal quitte une zone considérée comme sûre ou disparaît, le système réactive immédiatement l’ensemble des capteurs et des fonctions de localisation.
Prix et disponibilité
Le Fi Ultra est commercialisé au prix de 199 dollars. Son utilisation nécessite également un abonnement Fi facturé 99 dollars tous les six mois, tandis que les clients déjà abonnés n’auront qu’à acquérir le nouveau matériel.
Fi poursuit parallèlement son développement international. L’entreprise est désormais présente dans 38 pays et prévoit de dépasser 100 millions de dollars de revenus récurrents annuels cette année.
Un marché des accessoires connectés en pleine expansion
Le lancement du Fi Ultra intervient dans un contexte particulièrement dynamique. Selon les estimations du secteur, le marché mondial des objets connectés destinés aux animaux de compagnie représente environ 3,8 milliards de dollars en 2026 et pourrait atteindre 11,4 milliards de dollars d’ici 2033.
Cette croissance s’explique notamment par l’augmentation des dépenses consacrées aux animaux de compagnie et par l’intérêt grandissant pour les dispositifs de suivi de santé et de géolocalisation.
La concurrence s’intensifie également.
L’année dernière, la société autrichienne Tractive a racheté le fabricant Whistle, avant d’interrompre le service associé, rendant inutilisables plusieurs milliers de colliers connectés. Les satellites s’invitent dans les objets du quotidien
Au-delà du marché des animaux de compagnie, le Fi Ultra illustre une évolution beaucoup plus large de l’industrie technologique.
La connectivité directe par satellite, initialement pensée pour supprimer les zones blanches sur les smartphones, commence désormais à équiper une nouvelle génération d’objets connectés. Après les téléphones, elle pourrait rapidement concerner les montres, les capteurs industriels, les véhicules… et désormais les colliers pour animaux.
Si cette technologie poursuit son déploiement à l’échelle internationale, la frontière entre réseaux terrestres et réseaux spatiaux pourrait progressivement disparaître. À terme, tout appareil équipé d’une carte SIM pourrait bénéficier d’une connexion quasiment permanente, même loin des infrastructures cellulaires traditionnelles.



