X continue de déplacer ses fonctions les plus utiles vers le sommet de sa grille tarifaire. Depuis le 26 mars 2026, l’accès à X Pro — l’interface multi-colonnes héritée de TweetDeck — est officiellement limité aux abonnés Premium+, la formule la plus coûteuse du réseau, facturée 44,33 euros par mois ou 439,83 euros par an sur le web.
Jusqu’ici, les abonnés Premium à 84 euros par ans pouvaient encore utiliser X Pro.
TweetDeck, puis X Pro, devient un produit de luxe
Le symbole est fort. TweetDeck, avant le rachat de Twitter par Elon Musk, faisait partie de ces outils presque indissociables de l’usage intensif du réseau : suivi en direct, veille thématique, listes, gestion de plusieurs flux simultanés. Il était gratuit, puis est devenu payant, et il franchit maintenant un nouveau cap en sortant du plan Premium « standard » pour devenir un avantage réservé au très haut de gamme de l’abonnement X.
Ce déplacement n’est pas un simple ajustement produit. Il raconte une logique plus large : X continue de transformer ses fonctions historiques de productivité en leviers de monétisation premium, quitte à éloigner une partie de ses utilisateurs les plus engagés.
Une coupure brutale, et très peu expliquée

Le changement a aussi agacé par sa méthode. Plusieurs utilisateurs ont constaté la perte d’accès sans préavis clair. X n’a pas, dans les sources publiques consultées ici, publié d’annonce détaillée grand public expliquant en amont la transition, même si son centre d’aide indique désormais explicitement que X Pro est inclus dans Premium+.
Dans la FAQ Premium, X rappelle aussi que les fonctions incluses dans les offres payantes peuvent être modifiées à tout moment.
Trois niveaux d’abonnement, une hiérarchie de plus en plus marquée
X structure aujourd’hui son offre autour de Basic, Premium et Premium+. Selon la FAQ officielle, Basic démarre à 3,50 euros par mois ou 35 euros par an, Premium à 9,33 euros par mois ou 84 euros par an, et Premium+ à 44,33 euros par mois ou 439,83 euros par an sur le web. X continue aussi de distinguer ces niveaux par la publicité : Basic en conserve, Premium en réduit une partie, et Premium+ promet l’absence d’annonces, à l’exception de certains contenus sponsorisés.

À cela s’ajoutent les avantages déjà connus : édition des posts, publications plus longues, vidéos plus longues, amplification de portée, checkmark bleu et autres outils liés à la monétisation ou à la visibilité. Mais avec X Pro désormais cantonné au plan Premium+, la hiérarchie entre les offres devient beaucoup plus nette qu’avant.
X pousse ses outils avancés vers le haut du panier
Ce mouvement n’est pas isolé. X avait déjà commencé à réserver certains outils plus avancés à son abonnement le plus cher, comme Radar, son outil de suivi des tendances en temps réel, lancé pour les utilisateurs Premium+ à partir de 2024.
La restriction de X Pro au même niveau tarifaire s’inscrit donc dans une stratégie cohérente : les fonctions qui peuvent servir les usages professionnels, médiatiques, marketing ou de veille sont de plus en plus traitées comme des produits premium à forte marge.
X ne vend plus seulement de la visibilité, mais l’accès à l’usage professionnel du réseau
Le fond du sujet est sans doute là. Pendant longtemps, Twitter était un outil public dont certaines interfaces avancées restaient ouvertes à tous. X semble aujourd’hui considérer que les usages intensifs — veille en direct, gestion multi-flux, outils de repérage — doivent devenir des privilèges tarifés au prix fort. Cette stratégie peut renforcer les revenus par utilisateur, mais elle change aussi la nature du produit : ce qui relevait autrefois de l’infrastructure ouverte du réseau devient progressivement une couche réservée aux abonnés les plus solvables.
En somme, X Pro ne disparaît pas. Mais, il cesse un peu plus d’être un outil naturel de l’expérience X pour devenir un marqueur d’abonnement premium. Et pour beaucoup d’utilisateurs historiques de TweetDeck, c’est sans doute moins une montée en gamme qu’une fermeture de plus.



