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Enquête · grand format

Apple version John Ternus : l’iPhone qui se plie, le stylet et le Mac tactile, la fin des dogmes

8 chapitres · 14 min de lecture 2 Nov 2026 14 min de lecture
L'ESSENTIEL
  • Apple a présenté l’iPhone Duo, son premier smartphone pliable doté d’un écran intérieur de 7,6 pouces vendu à partir de 2 339 euros en France.
  • La mise à jour d’iOS 27.2 a ouvert l’iPhone Duo à la prise en charge de l’Apple Pencil avec USB-C.
  • Le premier MacBook Pro avec écran tactile OLED de 14 et 16 pouces a été dévoilé, avec une disponibilité débutant le 6 novembre.

En moins de deux mois, Apple a renoncé à trois positions qu’elle défendait depuis des années. Le 9 septembre, elle a présenté l’iPhone Duo, son premier iPhone pliable. Le 26 octobre, une mise à jour d’iOS a ouvert ce même iPhone à l’Apple Pencil, alors que Steve Jobs avait bâti l’iPhone contre le stylet. Le 28 octobre, enfin, elle a dévoilé le premier Mac à écran tactile, une idée qu’elle avait longtemps écartée. Entre ces dates, John Ternus a pris la direction de l’entreprise, le 1er septembre.

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Faut-il y voir une rupture voulue par le nouveau patron, ou l’aboutissement de projets lancés sous Tim Cook ? Pour répondre, nous avons relu les communiqués d’Apple, ses fiches techniques et les prix de son Apple Store français, ainsi que les entretiens accordés par John Ternus à TIME, WIRED, Canal+ et TechRadar.

Le tableau qui en ressort est nuancé : les produits rompent bien avec les dogmes d’Apple, mais leur gestation est antérieure à l’arrivée de Ternus, et le premier lancement de l’ère nouvelle a connu des débuts difficiles.

Ce grand format s’appuie aussi sur notre couverture au jour le jour, de l’annonce de la succession à la présentation du MacBook Pro tactile.

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Chapitre 01

Un ingénieur du matériel à la tête d’Apple

Le 20 avril 2026, Apple a annoncé que Tim Cook deviendrait président exécutif de son conseil d’administration et que John Ternus lui succéderait comme directeur général le 1er septembre, une nomination approuvée à l’unanimité par le conseil (communiqué d’Apple). Arthur Levinson, président non exécutif depuis quinze ans, devenait administrateur indépendant principal. Cook, qui dit aimer Apple « de tout son être », présentait son successeur comme « sans conteste la bonne personne » pour diriger l’entreprise ; Ternus se disait « honoré » d’occuper le poste.

Le parcours de Ternus est celui d’un ingénieur. Diplômé en génie mécanique de l’université de Pennsylvanie, passé par Virtual Research Systems, il entre dans l’équipe de conception produit d’Apple en 2001, devient vice-président de l’ingénierie matérielle en 2013 et rejoint le comité exécutif en 2021. Le communiqué lui attribue l’iPad, les AirPods, la gamme iPhone 17 dont l’iPhone Air, des Mac comme le MacBook Neo et l’Apple Watch Ultra 3.

Tim Cook et John Ternus côte à côte à l’Apple Park
Tim Cook, devenu président exécutif du conseil, et John Ternus, directeur général d’Apple depuis le 1er septembre, à l’Apple Park. (Photo : Apple)

Son profil tranche avec celui de Tim Cook, venu de la logistique et des opérations. Il hérite pourtant d’une entreprise critiquée pour son retard dans l’IA générative, dont la nouvelle version de Siri s’appuie sur Gemini, le modèle de Google, comme le rappelait TechCrunch le jour de sa prise de fonction. Notre portrait de John Ternus retrace son parcours en détail.

En public, Ternus minimise la rupture. Dans un entretien à l’émission Clique de Canal+, rapporté par MacRumors, il assure ne pas voir son arrivée comme « un changement radical » et insiste sur la continuité : l’innovation, les produits et, surtout, les clients (MacRumors). Dans les faits, l’organisation bouge. Le communiqué du MacBook Pro présente Johny Srouji, l’architecte des puces Apple, comme « chief hardware officer », un titre nouveau qui confirme les informations de presse sur le regroupement des équipes matérielles sous sa responsabilité.

D’après des reprises des informations de Bloomberg, Ternus voudrait aussi réduire les couches de management entre ingénieurs et direction, et étaler les lancements au fil de l’année plutôt qu’en deux grandes vagues (synthèse). Des suppressions de postes sont évoquées, avec des chiffres qui varient selon les sources ; nous ne les reprenons pas faute de confirmation. Nous avions suivi ses premiers changements de méthode et le départ de Phil Schiller de l’App Store.

« iPhone Duo est le changement le plus transformateur de l'iPhone depuis l'original. »
John Ternus, directeur général d'Apple, communiqué du 9 septembre 2026 (traduction)
Chapitre 02

L’iPhone Duo : le pliable, sept ans après Samsung

Le communiqué du 9 septembre présente l’iPhone Duo comme le premier iPhone pliable d’Apple. Fermé, il offre un écran extérieur de 5,4 pouces ; ouvert, un écran intérieur de 7,6 pouces, tous deux en Super Retina XDR avec ProMotion et jusqu’à 3 000 nits en extérieur. La charnière compte plus de cent pièces. La fiche technique française d’Apple indique 254 grammes, 5,2 mm d’épaisseur ouvert et 11,3 mm fermé : ouvert, c’est selon Apple l’iPhone le plus fin jamais conçu. La puce A20 Pro, gravée en 2 nm, promet jusqu’à 35 % de performances soutenues en plus que l’iPhone 17 Pro. Deux batteries, une par moitié, annoncent jusqu’à 31 heures de vidéo sur l’écran intérieur et 44 heures sur l’écran extérieur.

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John Ternus y voit « le changement le plus transformateur de l’iPhone depuis l’original ».

Le Duo assume aussi des compromis. Il revient au Touch ID, intégré au bouton latéral, et sa fiche technique ne mentionne pas Face ID. L’appareil photo compte deux modules de 48 mégapixels, un principal et un ultra grand-angle, sans module téléobjectif dédié : le zoom 2x « de qualité optique » passe par le capteur principal. Le prix américain démarre à 1 999 dollars. Sur l’Apple Store français, l’iPhone Duo coûte 2 339 euros en 256 Go, 2 589 euros en 512 Go, 3 089 euros en 1 To et 3 839 euros en 2 To, plus qu’un iPhone 18 Pro qui, lui, conserve Face ID et un vrai téléobjectif. Les précommandes ont ouvert le 16 octobre et la vente le 23 octobre dans plus de 70 pays et régions, puis dans 28 autres à partir du 30 octobre.

Un client prend un selfie avec un iPhone Duo dans un Apple Store
Le jour de la mise en vente, le 23 octobre, une cliente de l’Apple Domain Northside d’Austin essaie son iPhone Duo. (Photo : Apple)

Sur l’écran intérieur, Apple reprend des recettes de l’iPad. Selon son communiqué destiné aux développeurs, cet écran est 50 % plus grand que celui de l’iPhone 18 Pro Max, Split View permet pour la première fois d’ouvrir deux applications côte à côte sur un iPhone, et les applications standard peuvent s’étaler sur plusieurs colonnes. Microsoft annonce une version de Word et d’Outlook proche de celle du bureau. Nous avions recensé les premières applications optimisées.

Pourquoi si tard, alors que Samsung vend des pliables depuis 2019 ? Ternus a répondu dans un entretien à Andrew R. Chow, pour TIME, publié le 15 octobre : les autres pliables lui paraissaient « bon marché et de piètre qualité » (TIME). Il y explique aussi qu’Apple s’intéressait au pliage dès ses brevets de 2011, convaincue que les écrans OLED finiraient par devenir souples. Le choix d’un format intérieur proche d’un iPad, plutôt que d’un grand téléphone, va dans le même sens : selon Ternus, Apple ne voulait pas « simplement faire ce que d’autres avaient fait ». Samsung, de son côté, a choisi de moquer le nouveau venu.

Des débuts heurtés : les écrans fissurés

Quelques jours après la mise en vente, des utilisateurs ont signalé des écrans intérieurs fissurés le long de la charnière, parfois après seulement quelques pliages. Le 26 octobre, Apple a déclaré à 9to5Mac être au courant d’un problème touchant l’écran intérieur d’un « petit nombre » d’iPhone Duo, sans en donner la cause, et a invité les clients concernés à contacter AppleCare pour un remplacement, sans qu’AppleCare+ soit nécessaire (9to5Mac). Le même site note que de faux témoignages générés par IA ont circulé sur Reddit, à côté des cas authentiques. Quelques jours plus tard, un mémo interne a demandé aux Apple Store et aux réparateurs agréés d’inspecter les appareils touchés, puis de les réparer ou de les remplacer ; Apple précise qu’il n’y a « pas de rappel » de l’iPhone Duo (MacRumors).

Des démontages pointent une pièce de la charnière, sans confirmation officielle. Nous avons suivi l’affaire au jour le jour : le premier cas, les démontages et la piste de la charnière.

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Les premiers tests restent largement positifs sur la charnière, l’écran intérieur et les performances, et critiques sur le poids et le Touch ID (notre synthèse des premiers tests). Le problème d’écran, s’il reste limité, touche pourtant au cœur de la promesse : Ternus avait justifié le retard d’Apple par la qualité.

Chapitre 03

Le stylet : l’iPhone tourne une page de 2007

Des clients testent l’iPhone Duo sur une table de démonstration
Démonstration de l’iPhone Duo à Austin. L’Apple Pencil avec USB-C n’est arrivé sur le pliable qu’avec iOS 27.2, le 26 octobre. (Photo : Apple)

Lors de la présentation du premier iPhone, le 9 janvier 2007, Steve Jobs avait lancé « Who wants a stylus ? » (« Qui veut d’un stylet ? »), faisant du doigt le meilleur outil de pointage. Dix-neuf ans plus tard, le communiqué de l’iPhone Duo annonçait la prise en charge de l’Apple Pencil avec USB-C « plus tard cette année ».

La promesse n’allait pas de soi : fin août, Bloomberg, cité par 9to5Mac, rapportait qu’Apple avait prototypé un stylet magnétique plus court pour le pliable, puis l’avait mis de côté, notamment parce que le verre ultra-fin de l’écran intérieur supportait mal la pression de la pointe (9to5Mac).

Le stylet est finalement arrivé avec iOS 27.2, publié le 26 octobre (9to5Mac). Seul l’Apple Pencil avec USB-C est pris en charge, sur les deux écrans ; l’Apple Pencil Pro ne l’est pas (AppleInsider). Interrogé sur la règle de Jobs dans un entretien à TechRadar, Ternus a dit ne l’avoir « jamais vraiment considérée comme une règle », en rappelant que le premier iPad lui-même était sorti sans stylet (TechRadar, repris notamment par PhoneArena).

L’iPhone Duo devient ainsi le premier iPhone compatible avec l’Apple Pencil, comme nous l’avions noté dès l’annonce.

Chapitre 04

Le Mac tactile : la fin d’un refus de quinze ans

Le 28 octobre, Apple a présenté le MacBook Pro avec écran PROLED XDR, en 14 et 16 pouces. C’est, selon Apple, la première fois que le tactile arrive sur un Mac. Le capteur est intégré à la dalle OLED tandem, et non ajouté par-dessus, et une nouvelle charnière stabilise l’écran sous le doigt. macOS convertit automatiquement les touchers en clics, ce qui rend de nombreuses applications utilisables d’emblée, et les développeurs disposent de nouvelles API de gestes : défilement, pincement, double tap pour passer une fenêtre en plein écran, geste rapide pour la placer en mosaïque.

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Apple a ouvert le jour même un espace dédié aux développeurs, avec des vidéos « Design for Touch on Mac » et des ateliers en ligne les 18 et 19 novembre (Apple Developer). L’écran atteint 2 000 nits en crête, avec un rafraîchissement de 10 à 120 Hz, et l’autonomie annoncée va jusqu’à 24 heures. Johny Srouji le présente comme « le meilleur écran d’ordinateur portable au monde ».

Pendant quinze ans, Apple avait défendu l’inverse. En octobre 2010, lors de l’événement « Back to the Mac », Steve Jobs affirmait que les surfaces tactiles « ne veulent pas être verticales » : au bout d’un moment, disait-il, le bras « veut tomber ». Apple a ensuite répété que l’iPad, pas le Mac, était sa machine tactile. Next résume le virage d’une formule : Apple « retourne sa veste » (Next).

Ternus, interrogé par Steven Levy pour WIRED, ne renie pas tout : le Mac reste selon lui « d’abord un appareil à saisie indirecte », construit autour du clavier et du trackpad, mais il y a des moments où il est « pratique d’avoir le tactile ». Il fallait, dit-il, arriver au point où l’ajouter ne rendait le produit « moins bon en aucune façon » (reprise de WIRED par MacDailyNews). Côté logiciel, nous avions noté que macOS mise sur les applications plutôt que sur une refonte.

Le prix place la nouveauté au sommet de la gamme : à partir de 3 299 euros en 14 pouces et 3 899 euros en 16 pouces, quand le MacBook Pro 14 pouces avec M6 et écran mini-LED démarre à 2 299 euros. Dans le configurateur, le 16 pouces M5 Max (CPU 18 cœurs, GPU 40 cœurs, 48 Go, 2 To) coûte 6 199 euros ; avec le verre nano-texturé (+ 165 euros), 128 Go de mémoire (+ 2 200 euros) et 16 To de stockage (+ 7 700 euros), il atteint 16 264 euros, hors logiciels préinstallés. Paradoxe : ce MacBook Pro tactile utilise les puces M5 Pro et M5 Max, quand le MacBook Pro 14 pouces d’entrée de gamme passe au M6. Nous avons détaillé ce dilemme dans notre comparatif. La disponibilité commence le 6 novembre.

Chapitre 05

La maison connectée : Apple entre enfin dans le salon

Le 13 octobre, sans keynote, par une série de communiqués, Apple a ouvert un quatrième front : la maison. Apple HomeView est son premier écran domestique, l’équivalent maison d’un Echo Show d’Amazon ou d’un Nest Hub de Google, une catégorie que ses concurrents occupent depuis 2018. L’appareil pose un écran Liquid Retina de 7 pouces sur une base en dôme reliée par une charnière en acier inoxydable, ou se fixe au mur dans une version dédiée. Il embarque la puce A18, deux haut-parleurs large bande et un caisson de basses orienté vers le bas, et pilote les accessoires compatibles Matter.

Sa particularité tient à un problème que les écrans connectés résolvent mal : le partage. HomeView reconnaît jusqu’à six personnes à leur visage et affiche à chacune son propre écran d’accueil ; messages, agenda ou rappels n’apparaissent que si l’utilisateur reconnu a son iPhone à proximité, récemment déverrouillé. Greg Joswiak, le patron du marketing, le décrit comme un appareil « conçu pour être partagé par toute la maison » tout en restant « entièrement personnel ». L’appareil repose sur Siri AI, en bêta, et sur des traitements locaux ou le Private Cloud Compute d’Apple. Il coûte 299 dollars aux États-Unis, avec des précommandes ouvertes le 13 octobre et une disponibilité au 13 novembre.

L’écran Apple HomeView posé sur un plan de travail de cuisine
Apple HomeView, écran domestique de 7 pouces à 299 dollars, n’est pas commercialisé dans l’Union européenne faute de Siri AI. (Photo : Apple)

Apple ne vend pas seulement un écran, elle bâtit une gamme. Le même jour, elle a présenté l’Apple Home Collection, conçue avec LG Electronics et Schneider Electric : caméras, sonnette vidéo, serrure connectée à déverrouillage de proximité, thermostats et capteurs, attendus pour la plupart en décembre. C’est un changement de posture : jusqu’ici, Apple se contentait d’un protocole, HomeKit, et laissait les autres fabriquer les objets. Une nouvelle Apple TV 4K à puce A19, qui fait office de concentrateur domestique, complète l’ensemble.

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Pour les lecteurs français, la nouveauté reste théorique. Apple écrit noir sur blanc que HomeView n’est pas commercialisé dans l’Union européenne, parce que Siri AI n’y est pas disponible sur iOS, et qu’elle « travaille avec l’UE » pour trouver une issue. Les accessoires de la Home Collection ne sont, eux, annoncés qu’aux États-Unis, au Canada et, pour les caméras, au Royaume-Uni. Le premier produit maison de l’ère Ternus est ainsi le premier à buter directement sur le différend européen autour de l’IA.

Chapitre 06

Une même logique : les frontières entre produits s’effacent

Pris ensemble, les trois lancements dessinent une tendance, que nous livrons comme une analyse. L’iPhone Duo s’ouvre sur un écran qui reprend la mise en page d’un iPad, accueille Split View et accepte désormais le stylet de l’iPad. Le Mac adopte le tactile, longtemps réservé à l’iPad. Les développeurs suivent : une application propose déjà de transformer le Duo en mini-MacBook. Les lignes qu’Apple maintenait entre iPhone, iPad et Mac, chacun avec son mode de saisie, deviennent poreuses. HomeView prolonge le mouvement : un écran de type iPad, posé dans la cuisine et partagé par toute la famille.

Trois limites tempèrent l’idée d’une révolution signée Ternus. D’abord, la chronologie : un pliable et un Mac OLED tactile demandent des années de développement, et les deux produits ont été préparés sous la direction de Tim Cook, en grande partie par les équipes matérielles que Ternus dirigeait alors ; TIME rappelle que les premiers brevets d’Apple sur le pliage datent de 2011. Ensuite, le prix : 2 339 euros pour le Duo et 3 299 euros pour le Mac tactile, ce sont des produits de niche, au sommet de gammes déjà chères.

Enfin, ces renoncements arrivent tard, quand Samsung, Lenovo ou Microsoft proposent pliables, stylets et ordinateurs tactiles depuis des années. Apple n’invente pas ces catégories ; elle parie qu’elle peut les faire mieux, et les premiers jours du Duo montrent que ce pari n’est pas gagné d’avance.

Chapitre 07

Le chantier qui manque : l’intelligence artificielle

Le vrai test de Ternus est ailleurs. Siri AI, la nouvelle version de l’assistant, est arrivée en bêta avec iOS 27 le 14 septembre, en anglais uniquement au départ, selon le communiqué de l’iPhone Duo. Elle reste absente de l’Union européenne, sur fond de bras de fer avec Bruxelles autour du DMA. Ce blocage ne prive plus seulement les Européens d’une fonction : il les prive désormais d’un produit entier, HomeView. Ternus en défend une vision prudente : Siri AI n’est « pas conçue pour être votre amie », a-t-il dit à Canal+. Les produits de l’automne parlent de matériel ; l’enjeu des prochaines années parlera de logiciel et d’IA, terrain sur lequel Apple dépend en partie de Google.

Le premier bilan chiffré de l’ère Ternus tombe le 2 novembre, avec les résultats du quatrième trimestre de l’exercice fiscal 2026. Nous mettrons cet article à jour avec les chiffres publiés par Apple.

Chapitre 08

Ce qu’il faut retenir

En trois lancements, Apple a levé trois tabous : le pliable, le stylet sur iPhone et le tactile sur Mac. Elle a aussi pris pied dans la maison connectée avec HomeView, un marché qu’elle avait laissé à Amazon et à Google. Ces ruptures sont réelles, mais elles relèvent moins d’un coup de barre de Ternus que de l’aboutissement de projets menés par les équipes matérielles qu’il dirigeait. Ce qui change vraiment avec lui, c’est la méthode annoncée : une organisation resserrée autour du matériel, des lancements plus fréquents, et un discours qui assume de rompre avec Steve Jobs.

Reste à voir si la qualité suit, l’iPhone Duo ayant connu des débuts compliqués, et si Apple parvient à rattraper son retard dans l’IA, qui décidera davantage de l’avenir de l’entreprise que la forme de ses écrans.

 

Notre méthode
8
communiqués et pages officiels d'Apple, dont l'Apple Store français
4
entretiens de John Ternus recoupés (TIME, WIRED, Canal+, TechRadar)
3
tabous levés en deux mois
0
entretien obtenu par la rédaction à ce stade
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