C’est John Ternus, tout juste nommé à la tête d’Apple, qui a présenté l’iPhone Duo le 9 septembre — Tim Cook se contentant d’une brève apparition clin d’œil. Le premier pliable de la marque inaugure une catégorie qu’Apple enrichira pendant des années.
En face, Samsung en est à sa huitième génération. Le Galaxy Z Fold 8 n’est même pas son meilleur pliable — le Galaxy Z Fold 8 Ultra lui est supérieur — et il tient pourtant tête au nouveau venu sur le terrain qui compte le plus au quotidien : l’ergonomie.
53 grammes d’écart, et tout est dit
C’est le chiffre à retenir de ce comparatif. L’iPhone Duo pèse 254 g, le Galaxy Z Fold 8 en pèse 201. Cinquante-trois grammes, sur un appareil qu’on tient à une main pendant des heures, cela se sent immédiatement.
Le Samsung est aussi plus fin — 4,5 mm plié contre 5,2 mm — et moins large. L’iPhone gagne en revanche en hauteur. Sur la prise en main pure, le pliable de Samsung reste très difficile à battre, et c’est l’expérience de sept générations qui parle.
Deux écrans de 7,6 pouces, deux philosophies
Les diagonales sont identiques à l’intérieur : 7,6 pouces pour les deux, à 3 000 nits de pic. Mais les formats divergent. Apple a choisi un rapport 14:10 sur ses deux dalles, intérieure comme extérieure, ce qui garantit qu’un contenu vu sur l’écran externe s’affichera de la même façon une fois déplié. Samsung mêle du 4:3 à l’intérieur et du 16:10 sur les 5,5 pouces de couverture.
Apple revendique une absence totale de pli, grâce à un empilement de sept couches reposant sur une fondation en titane, censé éviter la déformation à long terme. Samsung a glissé un alliage de titane ultra-fin — plus de 30 % plus fin qu’un cheveu — pour atténuer le sien. Atténuer, pas supprimer.
Sur l’écran interne du Duo, la caméra FaceTime est passée sous la dalle : la surface est ininterrompue. Les bordures externes, en revanche, sont asymétriques — à angle droit côté charnière, incurvées de l’autre — un parti pris qui rappelle le Pixel Fold et qui ne fera pas l’unanimité. Celles du Samsung sont symétriques.
L’étanchéité, l’écart le plus net
L’iPhone Duo est certifié IP68 — protection complète contre la poussière et l’immersion. Une rareté sur un pliable, que seul le Pixel 11 Pro Fold atteint aujourd’hui. Le Galaxy Z Fold 8 se contente d’IP48 : protégé contre l’eau, mais pas contre la poussière fine, talon d’Achille historique des charnières.
Pour un appareil à charnière vendu très cher et destiné à durer, c’est un argument autrement plus concret que quelques points de benchmark. Apple ajoute un châssis et une charnière en titane, un dos en Ceramic Shield et un écran externe en Ceramic Shield 2 ; Samsung répond en Armor Aluminum et Gorilla Glass Victus 2.
Le retour de Touch ID
Pas de Dynamic Island sur le Duo : Apple revient à Touch ID, intégré au bouton d’alimentation comme sur les iPad. Samsung fait exactement pareil, avec un capteur capacitif au même endroit. Sur ce point, les deux constructeurs ont abouti à la même solution.
Performances et logiciel
L’iPhone Duo embarque l’A20 Pro gravée en 2 nm, la puce mobile la plus rapide qu’Apple ait produite. Le Galaxy Z Fold 8 s’appuie sur le Snapdragon 8 Elite Gen 5 for Galaxy, variante légèrement plus rapide de la puce de Qualcomm, gravée en 3 nm. Sur le papier, la finesse de gravure et l’intégration matérielle donnent l’avantage à Apple, mais aucun relevé n’est encore disponible.
Là où Samsung reprend la main, c’est sur le suivi : jusqu’à sept mises à jour majeures d’Android, sur One UI 9 basé sur Android 17, avec des fonctions pensées pour le pliable comme les bulles d’applications. Le Duo tourne sous iOS 27, doté de fonctions exclusives à son format.
Côté mémoire, le Duo va de 256 Go à 2 To, toujours avec 12 Go de RAM et de l’UFS 4.1. Le Samsung s’arrête à 1 To, mais passe alors à 16 Go de RAM.
La photo, parent pauvre des deux côtés
Disons-le franchement : personne n’achète un pliable pour son appareil photo, et les constructeurs le savent. Les deux se limitent à un double module, sans téléobjectif.
Le Duo aligne un capteur principal Fusion de 48 mégapixels à f/1,6 en 1/1,28 pouce et un ultra grand-angle de 48 mégapixels. Le Galaxy Z Fold 8 riposte avec 50 mégapixels (ISOCELL GN3, f/1,8, 1/1,56 pouce) et un ultra grand-angle de 50 mégapixels. Le capteur principal d’Apple est donc plus grand, celui de Samsung plus défini.
En vidéo, Apple monte à 4K 120 fps, Samsung à la 8K 30 fps — deux approches différentes de la même surenchère. À l’avant, 12 mégapixels sous l’écran pour le Duo, 10 mégapixels pour le Samsung.
Autonomie : une comparaison bancale
Les capacités sont proches — 4 700 mAh pour le Duo, 4 800 pour le Z Fold 8 — mais les données ne sont pas de même nature, et c’est important. Apple annonce 31 heures de lecture vidéo sur l’écran interne et jusqu’à 44 heures sur l’externe : des chiffres constructeur.
Le Galaxy Z Fold 8, lui, a été mesuré : 17 h 09 en navigation web, 7 h 44 en vidéo, 9 h 18 en jeu 3D. Comparer une promesse à un relevé n’a pas grand sens ; nous mettrons cette page à jour quand le Duo sera passé au banc.
La charge, en revanche, est sans ambiguïté : 60 W filaire pour le Duo, la charge la plus rapide jamais vue sur un iPhone, contre 45 W pour le Samsung. Et surtout, le Duo garde MagSafe 2 à 25 W quand le Z Fold 8 plafonne à 20 W en Qi sans aimants — il faut une coque magnétique pour l’accrocher à un chargeur.
340 euros d’écart
Les tarifs sont tombés, et ils pèsent lourd dans l’arbitrage. L’iPhone Duo est commercialisé 2 339 euros, le Galaxy Z Fold 8 à 1 999 euros : 340 euros d’écart, soit environ 15 % de moins pour le Samsung. À ce niveau de prix, la différence paie une montre connectée ou une bonne paire d’écouteurs.
Côté coloris, l’écart est net aussi : deux teintes pour le Duo, Star White et Night Sky, contre quatre pour le Samsung — Lavender, Cream, Graphite et Pistachio, cette dernière réservée à la vente en ligne.
Verdict
À 2 339 euros contre 1 999, l’iPhone Duo demande 340 euros de plus pour sa première tentative. C’est le second chiffre qui décide de ce duel, après les 53 grammes qui séparent les deux appareils.
Apple gagne pourtant la plupart des manches, et pas sur des détails. L’IP68 est une rareté sur un pliable, quand le Galaxy Z Fold 8 s’arrête à IP48 : protégé de l’eau, pas de la poussière fine, qui reste le talon d’Achille historique des charnières. L’absence totale de pli, obtenue par un empilement de sept couches sur fondation titane, répond à l’autre grief récurrent du format. Ajoutez la puce mobile la plus rapide du marché, une charge à 60 W, MagSafe 2, et un palier de stockage à 2 To hors de portée du Samsung.
Mais, ce que le Galaxy Z Fold 8 remporte, c’est ce qu’on vit tous les jours. 201 grammes contre 254, 4,5 mm d’épaisseur plié contre 5,2 : la différence se sent dès la première heure, et sept générations d’affinage se lisent dans l’ergonomie. S’y ajoutent sept ans de mises à jour garanties, quatre coloris au lieu de deux, et des chiffres d’autonomie qui ont le mérite d’avoir été mesurés — 17 h 09 en navigation, 7 h 44 en vidéo — là où Apple ne fait pour l’instant qu’annoncer.
Si l’étanchéité intégrale et l’absence de pli sont vos critères, ou si vous tenez à rester chez Apple, l’iPhone Duo est une première génération étonnamment aboutie et les 340 euros se défendent. Pour tout le monde, le Galaxy Z Fold 8 reste le choix rationnel : moins lourd, moins cher, mieux suivi, et adossé à huit ans d’expérience du format. Le détail qui achève de le rendre troublant, c’est qu’il n’est même pas le meilleur pliable de Samsung — le Z Fold 8 Ultra lui passe devant.
Comparatif établi au 10 septembre 2026. Ces conclusions reposent donc sur des fiches techniques : la fiabilité de charnière dans la durée — précisément là où Apple part de zéro et Samsung de huit générations — ne se jugera pas avant plusieurs mois. Seul le Galaxy Z Fold 8 dispose de mesures d’autonomie réelles. Nous mettrons cette page à jour après nos propres essais.