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15 millions de lignes de code pour le noyau Linux en 2011 et des contributeurs surprenants

Hier, la Fondation Linux a publié son rapport annuel, présentant une étude sur le développement du noyau.
Plus précisément, nous allons avoir un aperçu de l’état de programmation du noyau et du niveau de participation des développeurs. De plus, il fournit une représentation de la croissance, le nombre relatif des contributions et d’autres paramètres pertinents.

Mais avant de développer le contenu du rapport, je vous propose de visionner la vidéo ci-dessous qui est très riche en informations et statistiques concernant Linux :

Croissance des développeurs

Le premier point que l’on peut relever dans ce rapport, c’est la forte croissance et l’engagement des développeurs. La Fondation Linux qui a célébré le 20ème anniversaire du noyau l’an dernier, en a profité pour libérer la version 3.0 du noyau. Si l’on regarde du côté des statistiques, le nombre de lignes de code était de 13 millions de lignes pour 33 000 fichiers en 2010, et est désormais en 2012 de 15 millions de lignes de code pour 37 000 fichiers.
Le taux de changement depuis le dernier rapport est élevé et croissant, avec entre 8 000 et 12 000 patchs qui sont publiés pour chaque version récente du noyau. C’est près de 6 nouveaux correctifs par heure depuis la dernière version de ce rapport…

Le second point intéressant à retirer concerne la participation au développement du noyau. Selon le rapport, le nombre de développeurs qui contribuent activement n’a cessé de croître. Ils étaient environ 400 en 2005 et ils seraient aux alentours de 1300 à la fin de l’année 2011. Environ 75% des contributeurs individuels sont les développeurs professionnels de logiciels qui sont payés pour travailler sur le noyau. On y retrouvera également de nombreux développeurs bénévoles, qui sont connus uniquement en tant que contributeurs n’ayant aucune compensation.

Les principaux contributeurs du noyau Linux

15 millions de lignes de code pour le noyau Linux en 2011 et des contributeurs surprenants

Pour compléter ceci, toujours selon les statistiques, les développeurs bénévoles ont contribué à 16% des modifications du code source en 2011. Red Hat, qui est le contributeur le plus prolifique parmi les entreprises, représente quant-à lui environ 10% des modifications. La seconde marche est occupée par Intel, responsable de 7,2%. IBM et Novell complètent les troisième et quatrième marches.

Afin de rebondir sur les contributeurs intéressons-nous à la suite de la suite. Comme vous allez vous en rendre compte, celle-ci contient quelques surprises.

En effet, la première concerne Nokia ! Contrairement à ce que nous pourrions penser, suite à l’abandon de la plateforme Linux MeeGo en faveur de Windows Phone 7, Nokia a quand même effectué plus de changements au sein du noyau, qu’à pu le faire Google pour Android et Chrome OS. Serait-ce dû à la prochaine plateforme nommée Meltemi, que Nokia est en train de développer ?
Une autre surprise de taille concerne Microsoft qui figure dans la liste des principaux contributeurs. Pire, l’entreprise est le 17ème contributeur le plus “prolifique” dans la modification du noyau Linux en 2011. Alors que la société avait commencé à contribuer au code en 2009 pour améliorer la virtualisation sur les serveurs Windows, les changements avaient été plus ou moins appréciés par la communauté, puisque la compagnie a eu une certaine difficulté à répondre aux attentes des développeurs du noyau et de faire un travail correct pour être intégrer et maintenu par les équipes des développement travaillant sur le noyau. Jusqu’au bout Microsoft aura publié du code “illisible” !
Enfin, on pourra noter une hausse récente de Samsung et de Texas Instruments comme contributeurs majeurs, ce qui reflète l’importance croissante du noyau Linux dans l’industrie électronique grand public.

Une fragmentation des écosystèmes difficile à gérer

La dernière chose importante que l’on peut soulever du rapport, est que les développeurs se plaignent de plus en plus de la fragmentation des écosystèmes dispositifs mobiles et embarqués. À ce sujet, les problèmes de support dans le noyau ARM ont soulevé beaucoup de préoccupations et a fini par devenir un sujet de discussion majeur en 2011. D’ailleurs, on pourra noter que des projets tels que Linaro émergent afin de simplifier et réduire au mieux cette fragmentation.

De plus, un développeur de Linux, Greg Kroah-Hartman, indique qu’un certain nombre de sociétés travaillent actuellement afin de fusionner le code source d’Android au sein des branches principales de Linux, y compris la distribution Linaro, dont la plateforme Linux est développée pour les processeurs ARM qui équipent une grande majorité des smartphones d’aujourd’hui. « Auparavant, personne ne travaillait là-dessus », ajoute Greg.

Conclusion

Comme on peut le voir avec les nombreux projets qui émergent actuellement sur le Web, le noyau Linux est une pièce polyvalente et largement utilisée dans la technologie, ainsi que dans l’industrie électronique grand public.

La base de contributeurs reflète la diversité des adoptants de Linux. De plus, avec l’arrivée massive de grands acteurs de la technologie tels que Microsoft ou encore Samsung, nous devrions voir arriver de nombreuses fonctionnalités au sein du noyau afin que celui-ci réduise au maximum le problème de fragmentation.

Pour ceux qui souhaitent voir le rapport complet, vous pouvez le faire en téléchargeant le fichier PDF sur le site de la Fondation Linux en cliquant sur ce lien.

Mots-clé : chiffrescontributionsdéveloppeursLinuxnoyau
Yohann Poiron

L’auteur Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.