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PocketTerm35 : Pourquoi ce mini terminal Linux doté du Raspberry Pi 5 affole la communauté Maker

PocketTerm35 : Pourquoi ce mini terminal Linux doté du Raspberry Pi 5 affole la communauté Maker
PocketTerm35 : Pourquoi ce mini terminal Linux doté du Raspberry Pi 5 affole la communauté Maker

Le PocketTerm35 ne cherche pas à concurrencer les consoles portables ni les ultraportables classiques. Son ambition est ailleurs : offrir aux développeurs, makers et bidouilleurs un vrai environnement Linux compact, autonome et transportable, construit autour d’un Raspberry Pi.

PocketTerm35 : Un appareil pensé pour le terminal, pas pour la démonstration

Avec le PocketTerm35, Waveshare adopte une approche presque à contre-courant. Là où beaucoup de machines portables misent sur la puissance graphique ou l’effet “mini PC premium”, ce modèle assume une philosophie plus utilitaire : un petit ordinateur à clavier, taillé pour la ligne de commande, le développement embarqué, le debugging et les projets électroniques en déplacement.

Waveshare le présente d’ailleurs comme un terminal Linux portable compatible Raspberry Pi 4B et Raspberry Pi 5.

Ce positionnement lui donne une identité assez rare. Le PocketTerm35 n’est pas seulement un gadget rétro-tech : il ressemble davantage à un outil de terrain, pensé pour ceux qui veulent lancer des scripts, piloter du matériel, tester des connexions ou intervenir rapidement sur un projet sans ouvrir un ordinateur complet. C’est ce qui le rend immédiatement intéressant pour une niche très précise — et potentiellement très fidèle.

PcoketTerm35

Deux versions, une même promesse de portabilité

Le produit existe en plusieurs configurations. La version PocketTerm35-Pi5 embarque un Raspberry Pi 5 avec 1 Go de RAM, tandis que la déclinaison PocketTerm35-Pi4 repose sur un Raspberry Pi 4B avec 2 Go de RAM.

Selon Waveshare, les deux variantes peuvent être livrées avec une carte microSD système de 64 Go préinstallée et une batterie lithium de 5 000 mAh, tandis que des kits accessoires sans carte Raspberry Pi sont aussi proposés.

Ce détail compte, car il montre que le PocketTerm35 n’est pas un produit figé. Il peut s’adresser à deux profils différents : ceux qui veulent une solution prête à l’emploi, et ceux qui préfèrent intégrer leur propre carte ou personnaliser leur configuration. C’est un choix cohérent avec l’ADN maker du produit.

Un petit écran, mais une vraie logique d’usage

Le PocketTerm35 intègre un écran IPS tactile de 3,5 pouces affichant en 640 x 480 pixels, avec liaison optique et dalle tactile capacitive multipoint. L’ensemble est protégé par un verre trempé annoncé avec une dureté 6H. Waveshare indique aussi un format compact de 93,5 × 168,5 × 37 mm.

Sur le papier, cette diagonale peut sembler limitée. En pratique, elle colle assez bien à la vocation du produit. Pour du shell, de l’administration légère, du monitoring ou des scripts, l’objectif n’est pas de reproduire le confort d’un laptop de 13 pouces, mais de rendre possible une interaction rapide et directe avec un système Linux réellement embarqué.

Le clavier change tout

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L’élément le plus structurant reste sans doute le clavier. Waveshare annonce un clavier QWERTY silicone de 67 touches, complété par des touches d’action, des commandes de navigation et des raccourcis pour le volume ou la luminosité. Un microcontrôleur RP2040 est intégré pour gérer l’entrée clavier et certains contrôles système.

C’est ce qui distingue le PocketTerm35 d’un simple écran monté sur Raspberry Pi. Le produit essaie de recréer une logique de terminal personnel, presque à mi-chemin entre un cyberdeck compact et un outil professionnel de maintenance. Pour écrire quelques lignes de code, lancer un terminal SSH, manipuler un projet Python ou bricoler une interface matérielle, cette présence d’un vrai clavier physique change radicalement l’expérience.

Connectique, audio, alimentation : un format compact mais pas fermé

Côté connectique, Waveshare mentionne des ports USB, un port Ethernet, un port USB-C pour la charge, un connecteur I2C et un connecteur batterie 2 broches. L’appareil intègre aussi un haut-parleur 8 Ω / 2 W, une prise jack 3,5 mm et un système de gestion d’alimentation de type UPS pour basculer entre batterie et alimentation externe sans interruption.

C’est un point particulièrement intéressant, car il place le PocketTerm35 au-delà du simple objet transportable. Il peut devenir un vrai nœud d’intervention mobile pour des usages réseau, domotique, robotique ou électronique embarquée.

En d’autres termes, il n’est pas seulement portable : il est potentiellement exploitable dans des scénarios réels de terrain.

Un appareil qui peut aussi parler aux amateurs de rétro-gaming

Le PocketTerm35 est également présenté comme compatible avec RetroPie, ce qui lui ouvre un second rôle plus ludique. Ce n’est évidemment pas sa fonction principale, mais cette compatibilité élargit son attrait auprès d’un public qui aime les machines hybrides, capables de servir autant à coder qu’à lancer quelques jeux rétro.

Cela dit, il faut lire cette promesse pour ce qu’elle est : un bonus, pas une vocation première. Le vrai cœur du produit reste le développement nomade et l’expérimentation matérielle.

Prix : plus large qu’annoncé selon la configuration

Le PocketTerm35 est déjà listé à la vente chez Waveshare, avec une tarification qui varie selon la configuration. La marque affiche une fourchette allant de 87,99 à 179,99 dollars, selon qu’il s’agisse d’un kit accessoire ou d’une version plus complète avec carte Raspberry Pi intégrée.

Autrement dit, le prix de 148,99 dollars aperçu dans certaines reprises ne semble pas résumer toute la gamme. Et c’est logique : la valeur du produit dépend largement du niveau d’intégration choisi au départ.

Un vrai produit de niche, mais une niche solide

Le PocketTerm35 ne vise pas le grand public, et c’est probablement sa meilleure qualité. Il s’adresse à une communauté qui apprécie les objets fonctionnels, modifiables et immédiatement utiles. Dans cet univers, la compacité compte moins comme argument marketing que comme levier d’usage.

Waveshare semble avoir compris quelque chose d’essentiel : il existe toujours une demande pour des machines personnelles, locales, orientées bricolage et contrôle direct. À l’heure où une partie de l’informatique se dématérialise derrière des services cloud et des interfaces simplifiées, le PocketTerm35 assume exactement l’inverse. Il remet entre les mains de l’utilisateur un petit poste Linux autonome, imparfait peut-être, mais tangible, flexible et étonnamment cohérent.

Ce n’est pas un produit de masse. C’est un outil de passionnés. Et c’est justement ce qui lui donne du relief.

Tags : LinuxPocketTerm35Raspberry PiRaspberry Pi 5
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.