Sony a bâti la réputation des Xperia sur une promesse rare : donner aux passionnés de photo un smartphone qui respecte l’image. Mais avec la polémique autour de l’AI Camera Assistant du Xperia 1 VIII, la marque semble avoir touché un point sensible : son virage vers l’IA ne convainc pas encore.
Une fonction IA qui devait aider, pas retoucher
Face aux critiques, Sony a précisé que son assistant ne modifie pas les photos après la prise de vue. Il analyse plutôt la scène, la luminosité, le sujet, la distance et l’arrière-plan, puis propose quatre réglages avant le déclenchement. L’utilisateur choisit ensuite le rendu qu’il préfère.
Sur le papier, l’idée est défendable. Un assistant capable de suggérer le bon cadrage, l’exposition ou le niveau de flou peut rendre l’expérience plus accessible sans trahir l’esprit photo de Sony.

Le problème, ce sont les images
La démonstration publiée par Sony a pourtant produit l’effet inverse. Plusieurs exemples partagés autour du Xperia 1 VIII ont été jugés surexposés, trop plats ou artificiellement traités, au point que certains internautes ont estimé que les images « avant » semblaient meilleures que les versions assistées par IA.

C’est là que le discours se fissure. Sony peut expliquer que l’outil ne fait que proposer des réglages, mais si le résultat visuel paraît moins maîtrisé, le public retient une seule chose : l’IA dégrade l’image au lieu de l’améliorer.
Following the post about AI Camera Assistant, we’d like to explain the feature in more detail. It doesn’t edit photos after shooting – it suggests 4 settings in different creative directions based on the scene and subject. You can choose any option or use your own settings. pic.twitter.com/FO1u4jGFMW
– Sony | Xperia (@sonyxperia) May 15, 2026
Une rupture avec l’ADN Xperia
La vraie difficulté est stratégique. Les Xperia parlent à une niche exigeante, attachée aux couleurs naturelles, aux réglages manuels et à une approche plus photographique que spectaculaire. En se lançant dans une communication centrée sur l’IA, Sony entre sur le terrain d’Apple, Google et Samsung — des marques bien plus identifiées à la photographie computationnelle.
Le Xperia 1 VIII dispose pourtant d’un matériel solide, avec notamment un nouveau téléobjectif et une refonte de design attendue. Mais au lieu de mettre en avant cette expertise optique, Sony a laissé une fonction IA maladroite prendre toute la lumière.
Sony doit choisir son récit
L’AI Camera Assistant n’est pas forcément une mauvaise idée. Mais, Sony ne peut pas vendre un Xperia comme un outil de puriste tout en montrant des rendus qui ressemblent à une caricature de traitement automatique.
Pour Xperia, l’enjeu n’est pas de suivre la mode de l’IA à tout prix. C’est de prouver qu’une intelligence logicielle peut servir la photographie, sans l’écraser.



