Juste après un lancement glamour, Samsung a plutôt l’habitude de refermer la porte. Pas de commentaires sur les produits non annoncés, encore moins sur ceux qui pourraient ne jamais exister.
Cette semaine, Won-Joon Choi, COO de l’activité Mobile eXperience, a pourtant laissé filtrer une série d’indices très concrets sur la suite : l’avenir incertain de la gamme Edge ultra-fine, des hésitations autour d’un Galaxy Z TriFold 2, et surtout l’idée d’un nouveau Fold « plus large » pensé pour offrir « autant d’expériences que possible ».
Le sous-texte est simple : Samsung ne veut plus « tenter des coups » sans visibilité. L’entreprise observe la traction, le coût industriel, les compromis (autonomie, épaisseur, durabilité), puis décide. Et sur ce cycle, l’exécutif le dit presque explicitement : les paris les plus complexes ou les plus marginaux ne sont pas prioritaires, même si l’innovation reste sur la table.
Le Galaxy S26 Edge : la fin (presque) annoncée d’un ultra-fin
Le message le plus clair concerne le modèle Edge : Samsung réévalue l’idée d’un nouvel ultra-fin après des ventes jugées « relativement plus faibles que les autres gammes » pour le Galaxy S25 Edge. Autrement dit, la proposition « super slim » a séduit l’œil… moins le marché.
C’est aussi un aveu sur la hiérarchie des attentes : en 2026, un smartphone peut être magnifique, mais si l’autonomie « ressentie » et les compromis structurels ne suivent pas, l’objet devient un produit de niche.
Smartphones pliables : l’option la plus crédible s’appelle « Wide Fold »
Côté pliables, Choi laisse entendre que Samsung veut proposer davantage de formats, et surtout qu’un Fold plus large est un axe de travail crédible — un modèle pensé pour améliorer le confort en usage « tablette » (multitâche, lecture, vidéo) et répondre à une demande récurrente autour des ratios d’écran.
Ce « Wide Fold » n’est pas seulement une variation esthétique : c’est une manière pour Samsung de se repositionner face à la prochaine vague, celle où Apple est régulièrement dit prêt à entrer sur le segment des pliables. Dans ce contexte, un format plus carré/plus large devient un choix stratégique : il rapproche l’expérience d’un mini-tablet—et rend le pliable plus « évident » dès la première prise en main.
Galaxy TriFold 2 : trop cher, trop complexe… même si le TriFold se vend
Là où le discours se refroidit, c’est sur un éventuel Galaxy Z TriFold 2. Samsung n’a pas « enterré » le concept, mais l’exécutif insiste sur l’idée d’une évaluation en cours — et la raison est logique : complexité d’ingénierie et coûts de production. À ce niveau de sophistication, chaque itération coûte (très) cher à fiabiliser et à produire.
Ce paradoxe est fascinant : un produit peut se vendre vite (souvent parce que l’offre est limitée), sans pour autant être un produit « simple » à faire grandir en gamme.
« Privacy Display » et S Pen : deux indices sur la R&D Samsung
En parallèle, Samsung continue de muscler le récit technologique du Galaxy S26 Ultra, notamment avec le Privacy Display. Des médias rapportent que la fonction aurait été initialement envisagée pour le Galaxy S25 Ultra et mûrie sur plusieurs années, ce qui explique le côté « prêt » et industrialisé au lancement.
Enfin, Choi laisse aussi entendre que le S Pen n’est pas condamné : Samsung travaillerait sur un stylet plus fin et moins énergivore, avec l’objectif de réduire la « pénalité » matérielle (épaisseur, place, consommation) pour les futurs modèles. À ce stade, c’est un signal plus qu’un calendrier.
La suite se jouera moins sur un effet « wow » que sur une chose très terre-à-terre : à quel point Samsung peut industrialiser ces idées sans que le prix (et les compromis) ne cassent l’envie.



