Honor a profité de son grand lancement de Magic 8 Pro Air et Magic 8 RSR Porsche Design en Chine pour glisser un troisième produit dans la lumière : la Honor Watch GS 5.
À première vue, c’est une élégante et fine smartwatch. À y regarder de plus près, c’est surtout une tentative de déplacer le centre de gravité du wearable : moins « fitness », plus santé cardiaque, avec une promesse aussi ambitieuse que sensible.
Honor Watch GS 5 : une montre classique en apparence, très agressive en autonomie
La Honor Watch GS 5 coche les cases attendues en 2026 : boîtier fin (9,9 mm), très léger (26 g), lunette en aluminium, bracelet cuir, cadran rond avec couronne. Elle ajoute les fonctions « premium » devenues indispensables : GNSS indépendant, NFC, appels Bluetooth, musique hors ligne, et double résistance 5 ATM + IP68.
L’autre chiffre que Honor veut graver dans les esprits : une batterie 495 mAh (anode silicium-carbone) annoncée pour jusqu’à 23 jours en mode Bluetooth, et jusqu’à 9 jours même avec l’écran always-on activé.

Là où Honor change de ton, c’est sur la santé : la marque présente la Honor Watch GS 5 comme la seule smartwatch à proposer un module de dépistage de risque d’arrêt cardiaque. Le principe mis en avant : analyser la capacité du nerf vague à réguler la fréquence cardiaque via une mesure appelée « heart rate deceleration force » (force/capacité de décélération du rythme).
Honor ajoute un élément « service » : les utilisateurs identifiés comme à risque pourraient recevoir un suivi téléphonique via une équipe de recherche partenaire.
Important : même si l’intention est intéressante, ce type de promesse doit être lu avec prudence. Notebookcheck note que le fonctionnement précis et, surtout, l’éventuelle certification médicale (notamment hors Chine) restent flous à ce stade, et que cette métrique de décélération, bien que connue en médecine, n’est pas un standard « grand public » aussi établi qu’un ECG ou une simple fréquence cardiaque.

Un socle « Heart Health Research » plus large : AFib, apnée, arythmies
Au-delà du « headline », Honor regroupe plusieurs fonctions sous un programme « Heart Health Research » : dépistage de fibrillation atriale suspectée, extrasystoles, apnée du sommeil, rythmes irréguliers, plus un suivi 24/7 (FC, SpO2, stress, sommeil + HRV).
La marque mentionne aussi un modèle d’évaluation cardio- et cérébrovasculaire conçu avec l’équipe du Pr Gu Dongfeng pour délivrer des recommandations plus personnalisées (dans le cadre du public chinois).
La Honor Watch GS 5 embarque l’assistant YOYO avec un angle très pratique : rappels de vols/trains, notifications, affichage de plaque de taxi au lever du poignet, suivi de livraisons et colis. Ce sont des détails, mais ce sont souvent eux qui font qu’une montre devient un réflexe.
Prix : une proposition étonnamment accessible
En Chine, Honor affiche un tarif de 699 yuans (environ 86 euros). À ce niveau, l’équation est agressive : autonomie XXL + fonctions smart complètes + discours santé différenciant.
Honor tente de faire ce que le marché évite — promettre « plus que du tracking »
La plupart des smartwatches grand public restent prudentes : elles mesurent, elles alertent, elles suggèrent — mais elles évitent les formulations trop frontales. Honor fait l’inverse, en installant la Honor Watch GS 5 sur une promesse de prévention cardiaque « précoce ». C’est audacieux… et risqué, car la crédibilité se jouera sur trois questions : fiabilité, cadre réglementaire et positionnement (une montre « santé » doit rassurer sans affoler — et ne doit jamais être perçue comme un substitut à un diagnostic médical.
Si Honor tient l’équilibre, la Honor Watch GS 5 pourrait devenir un signal fort : en 2026, la vraie innovation wearable n’est pas seulement l’IA au poignet, mais la capacité à rendre la prévention plus accessible — sans transformer la montre en source d’anxiété.



