Pendant des années, acheter un objet connecté revenait à choisir un camp : une ampoule « compatible Alexa » ne fonctionnait pas forcément avec Apple Maison, une prise pensée pour Google Home ignorait SmartThings. Matter est né pour mettre fin à ce casse-tête. C’est une norme commune, gérée par la Connectivity Standards Alliance (CSA) et lancée à l’initiative d’Amazon, Apple et Google : un appareil certifié Matter fonctionne avec tous les grands écosystèmes de la maison connectée.
Concrètement, Matter est un langage partagé entre les appareils et les applications qui les pilotent. Il repose sur le protocole IP et circule sur trois types de réseaux : le Wi-Fi, l’Ethernet et Thread, un réseau maillé basse consommation adapté aux capteurs et aux appareils sur pile. Le Bluetooth Low Energy ne sert qu’à l’installation : on scanne un QR code, et l’appareil rejoint le réseau.
Deux principes le distinguent des anciennes solutions. D’abord le contrôle local : les commandes passent par votre réseau domestique, sans dépendre d’un serveur distant, ce qui rend les réactions plus rapides et la maison moins vulnérable aux pannes du cloud. Ensuite le multi-admin : un même appareil peut être piloté en parallèle depuis plusieurs écosystèmes, par exemple Apple Maison pour l’un et Google Home pour l’autre.
Lancée en octobre 2022, la norme s’est étoffée à un rythme d’environ deux versions par an. Matter 1.5, publiée en novembre 2025, a enfin ajouté les caméras et les sonnettes vidéo ; Matter 1.6, en juin 2026, s’attaque à l’installation et à la cohabitation entre écosystèmes.