Waymo affirme déjà que ses robotaxis sont plus sûrs que les voitures conduites par des humains. Pourtant, l’entreprise reconnaît implicitement qu’il reste encore beaucoup à apprendre de la conduite humaine. Avec ReD, pour Reference Driver, la filiale d’Alphabet introduit un modèle virtuel conçu pour enseigner à ses véhicules autonomes comment réagir comme un conducteur prudent et compétent.
Développé avec des chercheurs de la TU Delft aux Pays-Bas, ReD servira de référence pour améliorer la manière dont le système Waymo Driver évite les collisions et gère les situations complexes de circulation.
Un conducteur humain virtuel comme modèle
ReD ne remplace pas le système de conduite autonome de Waymo. Il agit plutôt comme un banc d’essai intelligent. Le modèle simule la façon dont un conducteur attentif analyserait une scène routière, anticiperait les risques et choisirait une réaction appropriée.
L’avantage est qu’il peut fonctionner à grande échelle sans nécessiter une écriture manuelle de règles pour chaque scénario rare ou ambigu.
Cette annonce intervient dans un contexte sensible pour Waymo.
Ces derniers mois, plusieurs incidents ont mis en lumière les limites encore présentes des robotaxis, notamment dans des situations inhabituelles, comme des zones inondées, des chantiers ou des interventions policières.

ReD pourrait aider Waymo à mieux gérer ce type de situations en combinant les forces de la conduite autonome — vision à 360 degrés, rapidité de réaction, constance — avec une forme de raisonnement inspirée du comportement humain.
Pas une solution miracle
Waymo reste toutefois prudent. ReD ne pourra pas empêcher toutes les collisions, notamment lorsque l’accident est inévitable ou lorsque même un conducteur humain expérimenté n’aurait pas pu mieux réagir.
Son impact réel dépendra aussi de la manière dont le modèle sera intégré progressivement dans les décisions du Waymo Driver.
L’autonomie a encore besoin d’intuition humaine
Avec ReD, Waymo envoie un message important : la sécurité des véhicules autonomes ne repose pas uniquement sur davantage de capteurs ou de puissance de calcul. Elle dépend aussi de la capacité à comprendre les comportements humains, les zones grises de la route et les situations qui ne rentrent pas parfaitement dans les données d’entraînement.
La voiture autonome du futur ne conduira peut-être pas exactement comme un humain. Mais pour devenir plus fiable, elle devra encore apprendre ce que les bons conducteurs savent faire instinctivement.



