WhatsApp pourrait bientôt gommer l’une de ses limites les plus évidentes : l’impossibilité de parler à quelqu’un qui n’utilise pas encore l’application. Selon un repérage de WABetaInfo, la messagerie teste une fonction baptisée « Guest chats » (« Discussions des invités »), en cours de déploiement auprès d’un nombre limité de bêta-testeurs sur Android et iOS.
L’idée est simple, mais stratégiquement très forte : permettre à un utilisateur WhatsApp de lancer une conversation temporaire avec une personne extérieure au service, via un lien partageable. Une manière pour Meta d’élargir l’utilité de WhatsApp sans imposer immédiatement la création d’un compte.
Comment fonctionneraient ces conversations invitées ?
D’après les éléments repérés dans la bêta, l’utilisateur WhatsApp pourrait créer un lien d’invitation depuis la section « Inviter un ami » ou depuis le bas de sa liste de contacts. Le destinataire ouvrirait ensuite ce lien dans un navigateur, sur smartphone ou de bureau, pour rejoindre une conversation temporaire sans installer l’application ni créer de compte. Dans l’interface, son profil apparaîtrait avec la mention « Invitée ».
WhatsApp conserverait malgré tout le chiffrement de bout en bout sur ces échanges. En revanche, comme l’invité n’aurait pas de compte WhatsApp vérifié, son identité ne pourrait pas être confirmée de la même manière qu’un utilisateur classique.
En clair, toute personne ayant accès au lien pourrait potentiellement entrer dans la conversation, ce qui impose une vraie prudence dans le partage.
Une expérience volontairement limitée
Meta ne semble pas vouloir transformer ces discussions des invités en version complète de WhatsApp. Les restrictions repérées sont nombreuses : les invités ne pourraient pas rejoindre de groupes, envoyer des médias comme des photos, vidéos, documents, stickers ou GIF, ni passer des appels audio ou vidéo, ni envoyer de messages vocaux.
Autre détail important : ces conversations seraient temporaires. En cas d’inactivité pendant 10 jours, la discussion expirerait automatiquement et il faudrait créer un nouveau lien pour reprendre l’échange.
Pourquoi cette évolution compte
Sur le fond, cette fonction rapproche WhatsApp d’une logique plus universelle. Jusqu’ici, la plateforme restait extrêmement puissante… à condition que tout le monde soit déjà dans son écosystème. Avec les discussions des invités, WhatsApp pourrait devenir plus souple dans des usages ponctuels : parler à un client, un prestataire, un proche peu technophile ou quelqu’un qui ne veut pas installer une nouvelle app pour une conversation unique. Cette lecture est une inférence à partir du fonctionnement décrit dans les bêtas.
C’est aussi une manière assez habile de rendre WhatsApp plus accessible sans casser son positionnement centré sur la confidentialité. Le chiffrement reste là, mais l’expérience est suffisamment bridée pour éviter qu’un invité ne bénéficie de toutes les capacités du service.
WhatsApp accélère sur plusieurs fronts
Cette expérimentation s’inscrit dans une période très active pour WhatsApp. La plateforme a officiellement lancé cette semaine des comptes gérés par les parents pour les moins de 13 ans, avec des contrôles sur les contacts, les groupes et les demandes de messages. En parallèle, WhatsApp teste aussi un système permettant de partager un historique récent à de nouveaux membres d’un groupe, afin qu’ils rattrapent plus facilement le contexte des échanges. Plusieurs versions bêta mentionnent jusqu’à 100 messages des 14 derniers jours.
Enfin, des indices repérés dans les bêtas montrent que WhatsApp explore aussi un abonnement optionnel pour débloquer certaines fonctions supplémentaires, et dans certains cas retirer les publicités de l’onglet Statuts en Europe et au Royaume-Uni.
Pour l’instant, les discussions des invités restent limités à une poignée de bêta-testeurs et aucune date de lancement public n’a été annoncée. Mais, s’ils arrivent en version finale, ils pourraient représenter l’un des changements les plus pragmatiques de WhatsApp depuis longtemps : rendre la messagerie utile même en dehors de sa propre base d’utilisateurs.



