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Google Chrome arrive enfin sur Linux ARM64 : la fin d’une attente de 10 ans

Google Chrome arrive enfin sur Linux ARM64 : la fin d'une attente de 10 ans
Google Chrome arrive enfin sur Linux ARM64 : la fin d'une attente de 10 ans

Pendant longtemps, Chrome a occupé une place de choix sur Linux… à une exception près, et non des moindres : l’absence de version officielle pour les machines ARM64, comme les Raspberry Pi ou certains laptops alternatifs. Une anomalie historique que Google s’apprête enfin à corriger.

L’entreprise a annoncé l’arrivée de Chrome pour Linux ARM64 au deuxième trimestre 2026, soit entre avril et juin. Une étape tardive, mais importante, qui aligne enfin Linux ARM sur ce que Google a déjà mis en place sur d’autres plateformes : macOS ARM dès 2020 avec les premiers Mac M1, puis Windows on ARM en 2024.

Une lacune étonnante dans l’écosystème Chrome

Sur le papier, cette absence avait quelque chose d’incohérent. Le projet open source Chromium fonctionne depuis longtemps sur Linux ARM, et ChromeOS lui-même repose sur une base Linux profondément remaniée. Mieux encore, les Chromebook équipés de puces ARM existent depuis 2012. Autrement dit, l’écosystème technique était prêt depuis des années.

Mais dans les faits, Chromium ne remplace pas totalement Chrome. La différence ne se limite pas au nom ou à l’interface. Sur ARM Linux, Chromium peut souffrir de limitations bien connues : synchronisation Google parfois absente ou incomplète selon les builds, prise en charge DRM plus limitée, et quelques écarts fonctionnels qui empêchent d’obtenir une expérience parfaitement équivalente à celle proposée sur Windows, macOS ou Linux x86.

Avec une version officielle de Chrome, Google vient précisément combler ce fossé.

Ce que cela change concrètement pour les utilisateurs

L’arrivée de Chrome natif sur Linux ARM64 signifie qu’un large éventail d’appareils pourra enfin profiter d’une expérience complète et standardisée. Cela concerne notamment les Raspberry Pi, les Pinebook, les Mac Apple Silicon sous Asahi Linux, ainsi que d’autres machines ARM 64 bits encore marginales, mais de plus en plus crédibles.

L’intérêt est simple : retrouver sur ces plateformes le navigateur Chrome dans sa forme la plus complète, avec ses services Google intégrés, sa compatibilité habituelle et son comportement plus proche de ce que l’on connaît déjà ailleurs.

Google présente d’ailleurs cette évolution comme une réponse à une demande croissante pour un navigateur qui combine les bénéfices de Chromium avec l’écosystème propriétaire de la firme. En clair, il ne s’agit pas seulement d’un portage technique, mais d’un élargissement assumé de l’expérience Chrome à une nouvelle classe d’appareils Linux.

Pourquoi Google arrive si tard sur ce terrain

C’est sans doute le point le plus frappant de cette annonce. D’un point de vue stratégique, Google corrige moins une nouveauté qu’un retard. Le socle technologique existait déjà, la communauté ARM Linux utilisait Chromium depuis longtemps, et les usages se sont progressivement diversifiés avec la montée en puissance du Raspberry Pi, le retour des architectures ARM dans le PC, et l’intérêt autour d’Asahi Linux.

En d’autres termes, Google ne crée pas un marché ; il officialise un usage qui existait déjà. Et cette officialisation change tout, car elle apporte ce que les utilisateurs attendent souvent d’un navigateur principal : stabilité, compatibilité, simplicité de téléchargement et continuité de service.

Une avancée importante, même si Firefox reste une alternative solide

Cette arrivée de Chrome sur Linux ARM64 ne bouleversera pas à elle seule le marché du navigateur, mais elle marque une vraie maturation de l’écosystème ARM sur Linux. Pendant des années, ces machines ont souvent dû composer avec des compromis logiciels. Voir Google supprimer enfin l’un des plus visibles envoie un signal clair : Linux ARM n’est plus un terrain secondaire.

Pour ceux qui ne souhaitent pas utiliser Chrome, Firefox reste évidemment une excellente option sur Linux ARM. Mais pour les utilisateurs attachés à l’environnement Google, à la synchronisation multiplateforme ou simplement à une expérience Chrome complète, cette annonce a tout d’une petite réparation historique.

Après plus d’une décennie d’attente, Linux ARM cesse enfin d’être l’oublié de la stratégie Chrome.

Tags : ChromeGoogle
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.