Après des années à vivre surtout via Sailfish OS et ses licences, Jolla prépare un vrai retour matériel. La société finlandaise confirme avoir dépassé 10 000 précommandes et annonce la mise en production de son premier lot de nouveaux Jolla Phone au deuxième trimestre 2026.
Dans la foulée, elle ouvre une seconde vague de précommandes en Europe — limitée à 1 000 unités à 649 €, avec 99 € d’acompte et une livraison estimée en septembre 2026.
Une « anti-Big Tech phone » qui mise sur la souveraineté… et la réparabilité
Le pitch reste très Jolla : Sailfish OS, basé sur Linux, sans dépendance structurelle à Google, et une posture « privacy by design ». La marque vend explicitement l’appareil comme un « European phone », dans un contexte de regain d’intérêt pour la souveraineté numérique en Europe.

Mais, le plus concret, c’est le hardware « à contre-courant » : batterie remplaçable par l’utilisateur, coques arrière interchangeables, et un bouton de confidentialité physique… mais piloté logiciellement (plus flexible, moins « kill switch » matériel).

Jolla ne cherche pas la surenchère : le téléphone vise l’usage quotidien, la stabilité, et l’écosystème Sailfish.
D’après la fiche officielle et les présentations au MWC :
- Écran : AMOLED de 6,36 pouces en full HD+ (Gorilla Glass)
- SoC : MediaTek Dimensity 7100 5G
- RAM/stockage : 8 ou 12 Go, 256 Go + microSD (jusqu’à 2 To annoncé)
- Batterie : ~5 450 mAh (remplaçable par l’utilisateur)
- Caméras : 50 mégapixels + 13 mégapixels (ultra-large) + 32 mégapixels selfie
- Connectivité : 5G, Wi-Fi 6, Bluetooth 5.4, NFC
- Capteur d’empreinte : sur le bouton d’alimentation
« The Other Half » : le retour du modulaire, cette fois avec l’appui de la communauté
C’est probablement la partie la plus identitaire : Jolla relance The Other Half, son système de coques arrière « fonctionnelles » (broches POGO) qui peuvent ajouter des usages — clavier, second écran (E-Ink/OLED), batterie additionnelle, capteurs, etc. L’entreprise avait conditionné ce retour au seuil des 10 000 précommandes, désormais atteint.

On est encore au stade des intentions (pas de prix ni de modules annoncés), mais l’intérêt est stratégique : Jolla essaie de recréer un petit « hardware ecosystem » à la manière des accessoires Steam Deck… sur un téléphone de niche.
L’anti-iPhone n’est pas une fiche technique — c’est une philosophie
Le Jolla Phone n’essaie pas de battre les flagships. Il essaie de vendre autre chose : un téléphone que vous contrôlez, avec un OS qui n’exige pas un compte Google, et des choix matériels qui prolongent la durée de vie (batterie, modularité). À 649 €, la proposition reste chère face à l’Android « value », mais elle vise un public prêt à payer pour la souveraineté + la réparabilité + la différence.


