Pendant que la concurrence chinoise empile les records de capacité, Samsung avance depuis des années avec une prudence presque programmatique sur la batterie. Cette semaine, le discours change de ton : un dirigeant de la division smartphone confirme que la marque prépare activement un Galaxy équipé d’une batterie à anode silicium-carbone — sans promettre de date, mais sans ambiguïté sur la direction.
Lors d’un échange avec la presse en amont du Galaxy Unpacked 2026, Moon Sung-Hoon (EVP et responsable de la R&D smartphone) a expliqué que Samsung « prépare » l’adoption du silicium-carbone et qu’un appareil arrivera « en temps voulu ».
Cette prise de parole est importante pour une raison simple : Samsung n’a pas l’habitude de commenter frontalement ce qu’il n’a pas encore mis sur le marché. Ici, l’entreprise entérine publiquement qu’elle travaille sur la techno… tout en assumant qu’elle n’est pas encore prête à la déployer à grande échelle.
Pourquoi le silicium-carbone fait autant parler : plus d’énergie, à volume égal
Le principe est connu : remplacer (en partie) l’anode graphite par un composite silicium-carbone, capable de stocker davantage d’ions lithium dans le même volume. Résultat potentiel : batteries plus grosses sans épaissir (ou batteries identiques mais plus compactes), avec à la clé une endurance qui grimpe sans transformer le téléphone en brique.
C’est précisément ce qui a permis à plusieurs marques (Honor, OPPO, OnePlus, Xiaomi…) d’annoncer des capacités très élevées sur des châssis toujours plus fins — et de mettre Samsung sous pression sur un point où les utilisateurs comparent désormais « en un chiffre ».
Pourquoi Samsung temporise : la mémoire du Note 7, et la réalité industrielle ?
Moon Sung-Hoon l’a reconnu : Samsung peut paraître « moins innovant » sur la batterie, mais la marque place sécurité, durabilité et stabilité au-dessus du calendrier.
Ce n’est pas qu’une posture. Le silicium a un talon d’Achille bien documenté : il gonfle davantage pendant les cycles de charge/décharge, ce qui complique la lutte contre la dégradation, l’expansion et la tenue à long terme — surtout à l’échelle de production d’un Galaxy S vendu mondialement. Samsung explique que la technologie doit passer des standards de validation internes « très rigoureux » avant d’être jugée mûre.
Et cette prudence se lit aussi dans la gamme Galaxy S26, où Samsung n’a pas basculé vers cette chimie malgré l’attention médiatique autour du sujet.
Ce que ça signifie pour les Galaxy : un « vrai » saut, mais pas forcément tout de suite
La confirmation change la lecture : Samsung ne nie plus la tendance, il choisit le tempo. Autrement dit, la question n’est plus « est-ce que Samsung va y venir ? », mais « dans quel produit et avec quel niveau de maturité ? ».
S’il tient sa promesse implicite, Samsung pourrait enfin débloquer ce que beaucoup attendent : un gain d’autonomie visible sans compromis sur la finesse, plutôt que de petits ajustements génération après génération. Mais tant qu’aucune fenêtre de lancement n’est donnée, le meilleur indicateur restera… le moment où Samsung jugera que le silicium-carbone est assez stable pour ne pas redevenir un sujet de crise.



