Il y a des annonces où le modèle le plus cher rafle la mise. Ce n’est pas le cas ici. Depuis le Unpacked de Londres du 22 juillet, la presse qui a manipulé les trois nouveaux pliables Samsung converge vers un constat inattendu : le Galaxy Z Fold 8, le moins cher des deux grands formats, est le plus intéressant des deux.
Et pour une raison simple, il ne cherche plus à être un smartphone qui s’ouvre.
Galaxy Z Fold 8 : Le format passeport, enfin
Depuis 2019, Samsung élargissait progressivement ses pliants pour qu’ils ressemblent à des smartphones classiques. Le Galaxy Z Fold 8 fait un pas de côté complet : il devient plus court et plus large. Plié, il mesure 81,9 x 123,9 x 9,7 mm. Ouvert, il s’étend dans la largeur pour atteindre 161,4 x 123,9 x 4,5 mm.

La comparaison au passeport revient chez tous les confrères, et on peut résumer le résultat comme un croisement entre un Z Fold et le Pixel Fold original. Sur le terrain, le bénéfice le plus cité est le confort à une main : refermé, l’appareil se parcourt du pouce d’un bord à l’autre, ce qui était devenu impossible sur les Fold récents.

Le poids scelle l’affaire : 201 grammes, soit le Galaxy Z Fold le plus léger jamais produit. C’est 14 g de moins que le Galaxy Z Fold 8 Ultra, et 14 g de moins que le Z Fold 7 de l’an dernier. Pour un appareil qu’on garde ouvert vingt minutes pour lire, cette différence se sent au poignet.
Écran : le 4:3 tient ses promesses
L’écran interne mesure 7,6 pouces en QXGA+ (1 848 x 2 448 pixels, 403 ppp), sur une dalle Dynamic AMOLED 2X à rafraîchissement adaptatif de 1 à 120 Hz. La diagonale n’a pas bougé. Le ratio 4:3, si.

Le gain le plus visible concerne la vidéo : les bandes noires en haut et en bas se réduisent nettement, ce qui laisse davantage d’image à l’écran qu’auparavant. Certains testeurs relèvent même que l’image obtenue dépasse en diagonale utile ce qu’affichent les grands smartphones classiques du marché. Sur un contenu nativement en 4:3, l’affichage occupe la totalité de la dalle.

Pivoté en portrait, le même écran passe en 3:4, un format qui se prête bien plus naturellement à la lecture d’articles et d’e-books. Les retours de prise en main mentionnent aussi une meilleure lisibilité de Google Maps sans zoomer et une saisie à deux pouces plus confortable, les touches étant plus larges.

L’écran de couverture de 5,5 pouces (1 248 x 1 972 pixels, 428 ppp) adopte un ratio 10:16 nettement plus large que la norme. Conséquence concrète : réseaux sociaux, navigation web et vidéos courtes deviennent réellement exploitables sans déplier l’appareil.
Côté dalle, la luminosité de pointe grimpe à 3 000 nits, contre 2 600 nits sur le Z Fold 7. Samsung ajoute un revêtement antireflet sur les deux écrans. En revanche, la fonction Privacy Display inaugurée sur le Galaxy S26 Ultra n’a pas fait le voyage.
Le pli : Samsung tient peut-être quelque chose

C’est le point sur lequel les retours sont les plus enthousiastes. La technologie Flex Titanium ajoute une plaque en alliage de titane sous la dalle flexible, en complément de la plaque rigide existante. Objectif : limiter les poches d’air entre les couches de l’écran, renforcer le support et atténuer la marque centrale.
J’ai essayé de plier un modèle de démonstration cinquante fois de suite sans parvenir à distinguer de marque au centre. Reste l’inconnue du temps long : personne ne peut dire aujourd’hui comment se comporte ce pli après deux ans d’usage quotidien. C’est précisément là que les générations précédentes se dégradaient.

Le compromis que Samsung n’a pas mis en avant : plus de mode Flex
Voici l’information la plus importante de cette prise en main, et elle ne figure nulle part dans le communiqué de presse. La charnière redessinée du Galaxy Z Fold 8 ne tient plus les positions intermédiaires. Passé un certain angle, l’appareil s’ouvre entièrement de lui-même, sous l’effet des ressorts de la charnière.

Traduction : le mode Flex disparaît sur ce modèle, ainsi que toutes les fonctions logicielles associées. Impossible de poser l’appareil semi-ouvert sur un plan de travail façon mini-ordinateur portable pour suivre une recette ou passer un appel vidéo mains libres. Ces usages restent l’exclusivité du Galaxy Z Fold 8 Ultra.
Une porte de sortie subsiste : le mode tente, où l’appareil est posé à l’envers en chevalet, reste utilisable et rend à peu près le même service. Mais pour quiconque avait pris l’habitude du mode tabletop, c’est une régression nette, et elle mérite d’être connue avant l’achat.
Batterie : le silicium-carbone entre en scène
Le Galaxy Z Fold 8 embarque une batterie de 4 800 mAh (capacité nominale de 4 660 mAh), contre 4 400 mAh sur le Z Fold 7. Samsung annonce plus de 26 heures de lecture vidéo.

La nouveauté technique est ailleurs : c’est la première fois que Samsung utilise la chimie silicium-carbone sur sa gamme pliante. Le constructeur assume une approche prudente et n’a pas communiqué le pourcentage de silicium retenu, expliquant avoir volontairement limité le dosage pour préserver la santé de la cellule sur les sept ans de mises à jour Android promises. C’est un arbitrage honnête : moins de capacité brute que la concurrence chinoise, mais une dégradation théoriquement mieux maîtrisée.
La charge filaire passe à 45 W (contre 25 W auparavant), pour 63 % en 30 minutes, et la charge sans fil à 20 W (contre 15 W). Le progrès est réel mais reste en retrait de ce que proposent plusieurs concurrents.
Un point agacera les utilisateurs d’accessoires magnétiques : toujours pas d’anneau magnétique intégré. L’appareil est seulement « Qi2 ready », c’est-à-dire compatible à condition de passer par une coque. Samsung invoque la finesse et indique que la plupart de ses coques maison intègreront un aimant.
Photo : deux capteurs, pas de téléobjectif
Le module arrière se limite à deux capteurs de 50 mégapixels : un grand-angle (Dual Pixel AF, OIS, f/1.8) et un ultra grand-angle (Quad Pixel AF, f/1.9, champ de 120°), avec un zoom de qualité optique 2x obtenu par recadrage.

Détail rassurant relevé lors des prises en main : l’ultra grand-angle reprend le capteur du Galaxy S26 Ultra, et le grand-angle celui des Galaxy S26 et S26+. Ce ne sont pas des composants au rabais.
Mais, il n’y a pas de téléobjectif, et plusieurs testeurs pointent que le zoom leur sert bien plus au quotidien que l’ultra grand-angle. Sur un appareil à 1 999 euros, c’est le compromis le plus discutable de la fiche technique.

On complète avec deux capteurs selfie de 10 mégapixels, un par écran, celui de la dalle interne offrant un champ plus large. Côté logiciel, Samsung ajoute Dual Recording (captation simultanée des deux faces avec prévisualisation sur l’écran externe), My FanCam (suivi automatique d’un sujet dans une vidéo existante, avec recadrage au format voulu) et Photo Assist, qui permet de décrire une retouche en langage naturel et laisse l’IA générative l’appliquer.
Performances et logiciel
Le Snapdragon 8 Elite Gen 5 for Galaxy équipe l’appareil, dans trois configurations : 12 Go de RAM avec 256 ou 512 Go de stockage, 16 Go avec 1 To. Dans le contexte actuel de pénurie mondiale de mémoire, le maintien de ces capacités n’allait pas de soi.

Le Galaxy Z Fold 8 tourne sous Android 17 et One UI 9. Samsung pousse son IA agentique : Now Brief, Now Nudge (qui dispose désormais d’un bouton dédié et de notifications, et n’est plus cantonné au clavier Samsung), et Gemini Intelligence pour l’automatisation sur plus de 40 applications.
Une réserve importante pour le lectorat français : cette automatisation via Gemini Intelligence n’est disponible au lancement qu’aux États-Unis et en Corée du Sud, en anglais et en coréen. L’extension est annoncée dans l’année, sans calendrier. Now Brief, Now Nudge et Gemini Notebook ne sont pas concernés par cette restriction.
Connectivité : 5G, Wi-Fi 7, Bluetooth 6.0, certification IP48, lecteur d’empreintes latéral intégré au bouton de verrouillage. Quick Share devient par ailleurs compatible avec AirDrop.
Prix et disponibilité en France
Coloris Graphite, Blanc et Lavande, plus un Pistache exclusif à Samsung.com. Tarifs de lancement :
- 256 Go : 1 999 euros
- 512 Go : 2 199 euros
- 1 To : 2 399 euros

Précommandes ouvertes, disponibilité le 7 août 2026, avec 6 mois de Google AI Pro offerts et des remises sur les capacités supérieures.
Premier verdict
Le Galaxy Z Fold 8 est le pliant Samsung le plus convaincant depuis longtemps, et le consensus de la presse internationale sur ce point est frappant : plusieurs testeurs ayant manipulé les deux appareils affirment préférer ce modèle de base à l’Ultra facturé 200 euros de plus. Le format passeport, les 201 grammes et la batterie de 4 800 mAh répondent aux trois griefs historiques de la gamme.

Deux réserves solides subsistent. L’absence de téléobjectif, d’abord, difficile à avaler à ce niveau de prix. La disparition du mode Flex ensuite, qui n’apparaît nulle part dans la communication officielle et constitue une perte fonctionnelle réelle pour ceux qui l’utilisaient.
Reste le tarif. À 1 999 euros pour l’entrée de gamme, le pliant demeure un produit de niche, et cette génération ne change rien à cette équation. Samsung a en revanche réussi son timing : en repensant intégralement sa gamme Fold quelques semaines avant la présentation attendue du premier iPhone pliable, dont les fuites décrivent un format très proche, le coréen occupe le terrain avant l’arrivée d’Apple.
Notre test complet du Galaxy Z Fold 8 arrivera après sa commercialisation le 7 août.



