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Intelligence Artificielle

Anthropic lance Claude Science : un nouvel espace de travail IA pour accélérer la recherche scientifique

Anthropic lance Claude Science : un nouvel espace de travail IA pour accélérer la recherche scientifique
Anthropic lance Claude Science : un nouvel espace de travail IA pour accélérer la recherche scientifique

Anthropic franchit une nouvelle étape dans sa stratégie autour de l’intelligence artificielle avec Claude Science, une nouvelle plateforme actuellement disponible en bêta. Plutôt que de proposer un nouveau modèle d’IA, l’entreprise mise sur un environnement de travail pensé spécifiquement pour les chercheurs, capable de réunir en un seul endroit les outils, les bases de données et la puissance de calcul nécessaires à leurs travaux.

L’objectif est simple : permettre aux scientifiques de consacrer davantage de temps à leurs découvertes et beaucoup moins à la gestion des outils informatiques.

Une IA qui centralise tout l’environnement de recherche

Dans un laboratoire moderne, les chercheurs jonglent quotidiennement entre de nombreuses plateformes. Ils consultent la littérature scientifique sur PubMed, analysent leurs données dans Jupyter Notebook ou R, exécutent des calculs sur des clusters HPC et manipulent une multitude de formats de fichiers différents.

Claude Science cherche justement à éliminer ces allers-retours incessants.

L’interface est capable de rechercher automatiquement des publications scientifiques, d’exécuter des analyses complexes en plusieurs étapes, de produire des graphiques, puis de participer à la rédaction d’un manuscrit jusqu’à sa publication. Anthropic présente ainsi son produit comme un véritable « workbench » dédié à la recherche scientifique, plutôt qu’un simple chatbot dopé à l’IA.

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Pas de nouveau modèle IA, mais un agent beaucoup plus intelligent

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Claude Science ne repose pas sur un nouveau modèle d’intelligence artificielle. La plateforme utilise les modèles Claude déjà commercialisés par Anthropic, notamment Claude Opus 4.8, mais les entoure d’un système d’agents capables de coordonner automatiquement les différentes tâches. Le pari de l’entreprise ne repose donc pas sur davantage de puissance brute, mais sur une meilleure organisation du travail scientifique.

Au cœur du système se trouve un agent principal capable d’utiliser plus de 60 connecteurs et compétences spécialisées, couvrant des domaines comme la génomique, la protéomique, la biologie structurale et la chimie informatique.

L’agent peut même créer d’autres agents spécialisés pour réaliser certaines missions précises.

Un agent chargé de vérifier les erreurs

L’une des principales critiques adressées aux IA génératives concerne les fameuses hallucinations : citations inventées, chiffres erronés ou références inexistantes.

Anthropic tente d’apporter une réponse à ce problème grâce à un agent relecteur.

Celui-ci contrôle automatiquement les calculs, vérifie les références bibliographiques et compare les résultats obtenus avec le code ayant servi à les produire. Lorsqu’une incohérence est détectée, elle est signalée, voire corrigée automatiquement avant que le chercheur ne consulte les résultats.

L’objectif est de renforcer la fiabilité scientifique tout en limitant les erreurs susceptibles de passer inaperçues.

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Une recherche entièrement reproductible

La reproductibilité constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis de la recherche scientifique. Pour répondre à cette problématique, chaque graphique généré par Claude Science est accompagné du code exact utilisé, de l’environnement logiciel complet, d’une explication en langage naturel et de l’historique intégral des échanges avec l’IA.

Un scientifique peut ainsi revenir plusieurs mois plus tard et retrouver précisément l’ensemble des étapes ayant conduit à un résultat.

La modification des figures devient également beaucoup plus simple. Il suffit par exemple de demander en langage naturel de supprimer les quadrillages ou de passer un axe en échelle logarithmique, et l’IA réécrit automatiquement le code correspondant.

Les données restent dans le laboratoire

Autre point important : Anthropic insiste particulièrement sur la confidentialité. Claude Science fonctionne directement sur les infrastructures du laboratoire, qu’il s’agisse d’un Mac, d’une machine Linux, d’un serveur distant via SSH ou d’un cluster de calcul haute performance (HPC).

Les jeux de données sensibles ne quittent donc pas l’environnement du laboratoire. Seul le contexte nécessaire à chaque tâche est transmis aux modèles Claude. Cette architecture répond aux contraintes de nombreux instituts de recherche manipulant des données médicales, biologiques ou pharmaceutiques confidentielles.

Un partenariat stratégique avec NVIDIA

Pour renforcer ses capacités, Anthropic s’est associé à NVIDIA. Claude Science s’appuie sur le BioNeMo Agent Toolkit, qui lui donne accès à plusieurs modèles spécialisés dans les sciences de la vie, notamment Evo 2, Boltz-2 ou encore OpenFold3, utilisés pour la prédiction de structures protéiques et la biologie moléculaire.

La plateforme peut également interroger plus de 60 bases de données scientifiques, parmi lesquelles UniProt, Protein Data Bank (PDB) ou ChEMBL, largement utilisées dans la recherche biomédicale.

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Les premiers laboratoires rapportent des gains de temps impressionnants

Anthropic met déjà en avant plusieurs retours d’expérience issus de la phase bêta. La société de biotechnologie Manifold Bio explique avoir utilisé Claude Science pour identifier des cibles thérapeutiques en prenant simultanément en compte l’expression cellulaire, le trafic des protéines et différents critères de sécurité.

Au Allen Institute, le neuroscientifique Jérôme Lecoq indique avoir créé une vingtaine d’agents spécialisés capables d’analyser plusieurs milliers d’articles scientifiques afin de rédiger automatiquement des revues bibliographiques dépassant parfois les 100 pages. Selon lui, un travail qui mobilisait auparavant son équipe pendant près de deux ans peut désormais être largement accéléré.

Même constat du côté du UCSF Brain Tumor Center, où le chercheur Stephen Francis affirme avoir réduit d’environ 90 % le temps nécessaire à une analyse sur les gliomes, tout en vérifiant manuellement l’ensemble des résultats produits par l’IA.

Une accélération qui soulève aussi des questions

Cette rapidité pourrait toutefois avoir un revers. Si une revue scientifique qui demandait auparavant plusieurs années peut désormais être produite en quelques semaines, le risque est également de voir augmenter considérablement le nombre de publications générées avec l’aide de l’intelligence artificielle.

La communauté scientifique devra donc trouver un équilibre entre accélération des découvertes et maintien d’un haut niveau d’exigence dans l’évaluation des travaux.

Anthropic rappelle d’ailleurs que Claude Science reste un outil d’assistance : les résultats doivent toujours être validés par des chercheurs humains.

Disponibilité et programme de soutien à la recherche

Claude Science est actuellement proposé en bêta sur macOS et Linux pour les abonnés Pro, Max, Team et Enterprise. Des tarifs préférentiels sont également prévus pour les laboratoires universitaires et les organisations à but non lucratif.

En parallèle, Anthropic lance un programme destiné à soutenir la recherche en finançant jusqu’à 50 projets scientifiques, chacun pouvant recevoir jusqu’à 30 000 dollars de crédits. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 juillet 2026.

Anthropic veut faire de Claude un véritable assistant de laboratoire

Avec Claude Science, Anthropic ne cherche pas à impressionner avec un nouveau modèle d’intelligence artificielle, mais à transformer la manière dont les chercheurs travaillent au quotidien. En réunissant analyse documentaire, exécution de code, calcul scientifique, rédaction et vérification dans un seul environnement, l’entreprise espère réduire considérablement le temps consacré aux tâches répétitives.

Reste désormais à savoir si cette nouvelle génération d’assistants IA permettra réellement d’accélérer les découvertes scientifiques… ou si elle contribuera simplement à produire davantage de publications. Les premiers laboratoires engagés dans la phase bêta devraient rapidement apporter les premiers éléments de réponse.

Tags : AnthropicClaudeClaude Science
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.