Oura continue d’accélérer dans la course aux objets connectés dédiés à la santé. À peine un an et demi après la précédente génération, la société dévoile déjà la Oura Ring 5, une nouvelle version plus compacte, plus précise et clairement pensée pour transformer la bague connectée en véritable plateforme de suivi médical.
Plus petite de 40 % selon la marque, la Oura Ring 5 ne se contente pas d’affiner son design. Oura ajoute aussi une série de nouvelles fonctions logicielles autour de la tension artérielle, du suivi respiratoire, des activités sportives en direct et même de la santé cérébrale.
Une évolution qui montre à quel point le marché des smart rings entre désormais dans une phase beaucoup plus mature — et concurrentielle.
Oura Ring 5 : Une bague plus discrète pour séduire un public plus large
Le principal changement de cette cinquième génération saute immédiatement aux yeux : sa taille. Selon Maz Brumand, Oura a réduit la largeur de la bague d’environ deux millimètres et son épaisseur d’environ 30 %. L’objectif est clair : faire oublier l’aspect parfois massif des premières générations de smart rings.

La marque explique avoir entièrement repensé l’architecture mécanique, les composants électroniques, les capteurs optiques, la batterie, et le système de détection biométrique.
Résultat : une bague qui cherche davantage à ressembler à un bijou classique qu’à un gadget technologique.
Ce repositionnement n’a rien d’anodin. Jusqu’ici, Oura dominait largement le marché des bagues connectées. Mais, l’arrivée de concurrents comme RingConn ou Ultrahuman, souvent sans abonnement mensuel, pousse désormais la marque à accélérer son cycle d’innovation.

Une autonomie renforcée et des capteurs plus précis
La Oura Ring 5 promet désormais entre 6 et 9 jours d’autonomie, contre 5 à 8 jours auparavant. Mais, le véritable enjeu se situe surtout du côté des capteurs.
Oura affirme avoir amélioré le contact avec la peau et intégré des LED plus puissantes afin d’obtenir des mesures plus fiables, notamment sur une plus grande diversité de tailles de doigts et de carnations.

C’est un point stratégique dans l’univers du wearable health. Les capteurs optiques restent souvent sensibles aux variations physiologiques et aux différences de peau, ce qui peut affecter la précision des données collectées.
Oura veut devenir une plateforme de santé préventive
Le hardware n’est finalement qu’une partie de l’annonce. La véritable ambition d’Oura apparaît surtout dans sa nouvelle couche logicielle. La société lance notamment « Health Radar », un système chargé de surveiller en continu plusieurs signaux biométriques afin de détecter d’éventuelles anomalies.
Deux premières fonctionnalités sont déjà prévues : Blood Pressure Signals, et Nighttime Breathing.

Le suivi de la tension artérielle pendant le sommeil
Avec Blood Pressure Signals, Oura cherche à identifier des signes précoces de stress cardiovasculaire en analysant les variations physiologiques nocturnes. L’idée repose sur un principe médical bien connu : la tension artérielle baisse naturellement pendant le sommeil. Lorsqu’elle reste anormalement élevée, cela peut signaler certains risques cardiovasculaires.

Les utilisateurs pourront également importer directement dans l’application leurs mesures issues de tensiomètres classiques.
Même si Oura ne remplace évidemment pas un dispositif médical certifié, cette approche illustre une tendance majeure du secteur : transformer les wearables en outils de prévention santé continue.
L’IA médicale entre dans l’écosystème Oura
L’autre évolution importante concerne les services. Oura s’associe à Counsel Health afin d’intégrer des consultations santé directement dans son application. Le service combine intelligence artificielle et médecins agréés pour répondre aux questions médicales des utilisateurs américains.
Les abonnés pourront poser des questions santé, recevoir des recommandations personnalisées, ou entrer en contact avec des médecins. Ce service sera facturé en supplément de l’abonnement mensuel actuel à 5,99 dollars.
Cette évolution rapproche de plus en plus Oura d’une plateforme de santé numérique complète plutôt que d’un simple accessoire connecté.
Oura s’attaque désormais à la santé cérébrale
L’annonce la plus ambitieuse concerne probablement la future étude sur la santé cognitive. Pour la première fois, Oura veut explorer les liens entre les habitudes quotidiennes, la récupération physique, et les performances cognitives.
Les utilisateurs éligibles pourront participer à une Brain Health Study qui analysera les corrélations entre de courts exercices cognitifs intégrés à l’application et les tendances physiologiques observées sur le long terme.
C’est une direction particulièrement révélatrice de l’évolution actuelle des wearables : après le sommeil, le stress et le sport, les fabricants cherchent désormais à quantifier la santé mentale et cognitive.
Un marché des smart rings devenu stratégique
La Oura Ring 5 démarre à 429 euros, contre 399 euros pour la précédente génération. Les finitions premium montent jusqu’à 529 euros. Ce positionnement tarifaire plus élevé montre que Oura ne cherche plus seulement à vendre un gadget fitness. L’entreprise veut s’imposer comme un acteur premium de la santé connectée.
Et dans un marché où les montres connectées commencent à atteindre une certaine maturité, les bagues connectées deviennent progressivement l’un des nouveaux terrains les plus convoités de la tech wearable.
Plus discrets, plus élégants et capables de collecter des données biométriques en continu, ces objets pourraient bien devenir la prochaine interface santé permanente.
Oura semble en tout cas vouloir prendre une longueur d’avance avant que les géants comme Apple ou Samsung n’intensifient réellement leur présence sur ce segment.



