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Amazon s’offre Globalstar : Pourquoi c’est une mauvaise nouvelle pour Starlink ?

Amazon s'offre Globalstar : Pourquoi c'est une mauvaise nouvelle pour Starlink ?
Amazon s'offre Globalstar : Pourquoi c'est une mauvaise nouvelle pour Starlink ?

Amazon vient de confirmer l’acquisition de Globalstar, l’opérateur satellite déjà au cœur des fonctions d’urgence de l’iPhone. Derrière l’annonce, un basculement plus large se dessine : la bataille spatiale ne porte plus seulement sur l’internet fixe, mais sur la connectivité directe de chaque smartphone.

Amazon accélère sur le direct-to-device

Avec ce rachat, Amazon veut intégrer à son réseau Amazon Leo les satellites en orbite basse, le spectre radio et le savoir-faire opérationnel de Globalstar. L’objectif est clair : ajouter des capacités direct-to-device (D2D) à ses futures générations de satellites, afin de permettre voix, SMS et données sur des terminaux mobiles classiques, même hors couverture cellulaire terrestre.

Amazon indique vouloir commencer à lancer ses services D2D à partir de 2028.

Ce point est décisif. Jusqu’ici, Amazon avançait surtout sur le terrain de la connectivité satellitaire large bande. En mettant la main sur Globalstar, le groupe se donne un raccourci vers un marché bien plus vaste : celui du smartphone comme terminal satellite natif.

Apple reste dans l’équation, et même au centre

L’un des aspects les plus sensibles du dossier concerne Apple. Globalstar est aujourd’hui le partenaire qui alimente des fonctions comme Emergency SOS, Messages et Localiser sur certains iPhone et Apple Watch. Amazon a confirmé un nouvel accord avec Apple pour continuer à prendre en charge ces services et accompagner leur évolution sur le réseau étendu d’Amazon Leo.

Apple conserve par ailleurs sa participation de 20 % dans Globalstar, issue de son investissement de 2024.

Autrement dit, Amazon ne rachète pas seulement un opérateur satellite : il récupère aussi une pièce déjà intégrée à l’expérience Apple. C’est ce qui donne à l’opération une portée bien plus large qu’un simple achat d’infrastructure.

Une opération à 11,57 milliards de dollars, avec clôture visée en 2027

Le montant annoncé s’élève à 11,57 milliards de dollars, et la finalisation de l’opération est attendue en 2027, sous réserve des approbations réglementaires, notamment côté FCC. Amazon a déjà sécurisé l’accord de détenteurs représentant une majorité des droits de vote de Globalstar, mais le calendrier reste conditionné au feu vert des autorités.

Cette temporalité compte, car elle laisse à Amazon une fenêtre pour préparer la bascule industrielle : intégrer les actifs de Globalstar, préserver le partenariat Apple, et préparer la montée en puissance de son propre système D2D de nouvelle génération à horizon 2028.

Starlink n’est plus seulement visé sur l’internet satellitaire

Le vrai message stratégique est là. La rivalité entre Amazon et SpaceX change d’échelle. Starlink domine aujourd’hui avec plus de 10 000 satellites en orbite et plus de 9 millions d’utilisateurs dans le monde, tandis qu’Amazon n’a pour l’instant qu’un peu plus de 200 satellites déployés et vise une constellation de plus de 3 200 satellites d’ici 2029.

Mais en rachetant Globalstar, Amazon ne cherche pas seulement à rattraper un retard quantitatif. Il cherche à s’approprier une couche stratégique de la connectivité moderne : celle qui transforme le satellite en filet de sécurité permanent pour les appareils mobiles.

Là où Starlink a misé très tôt sur les accords télécoms et le direct-to-cell, Amazon se construit désormais une rampe d’accès plus directe au marché D2D.

Ce que cela change pour les utilisateurs

Pour le grand public, la promesse est simple : la connectivité satellite pourrait cesser d’être une fonction d’exception, réservée à l’urgence ou aux zones blanches extrêmes, pour devenir une couche réseau de plus en plus normale sur les appareils premium. Amazon affirme que son futur système D2D de nouvelle génération offrira une meilleure efficacité spectrale, donc potentiellement de meilleures performances que certaines offres actuelles de satellite-to-cell.

Cela ne veut pas dire que les « zones mortes » disparaîtront du jour au lendemain. Mais, cela signifie qu’à moyen terme, la frontière entre réseau terrestre et réseau spatial va devenir beaucoup plus poreuse.

Et, c’est précisément là que se joue la prochaine grande phase de la mobilité.

Amazon ne rachète pas seulement Globalstar, il achète du temps

Le plus intéressant dans cette opération, ce n’est pas uniquement la valeur de l’accord ni même la continuité avec Apple. C’est le fait qu’Amazon achète une avance fonctionnelle. Globalstar apporte un réseau existant, un spectre stratégique et une présence déjà concrète dans l’écosystème mobile. Dans une industrie où la vitesse de déploiement compte autant que la technologie, ce rachat permet à Amazon de contourner plusieurs années de construction patiente.

En clair, la course spatiale entre Amazon et SpaceX entre dans une nouvelle phase. Il ne s’agit plus seulement de connecter la maison, l’avion ou l’entreprise. Il s’agit de posséder la couche invisible qui reliera, en permanence, chaque objet personnel au réseau global.

Et sur ce terrain, l’iPhone devient soudain bien plus qu’un simple terminal : il devient une porte d’entrée stratégique.

Tags : AppleGlobalstar
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.