Google pourrait bientôt redessiner en profondeur ce que l’on attend d’un bracelet Fitbit. Selon Bloomberg, le groupe travaillerait sur un nouveau wearable sans écran, pensé pour concurrencer des acteurs comme Whoop et Oura, avec une approche centrée sur le suivi passif de la santé, l’application mobile… et un modèle économique plus dépendant de l’abonnement.
Sur le fond, l’idée est très révélatrice de la phase actuelle du marché. Le wearable ne serait plus seulement un objet qui affiche des données au poignet, mais un capteur discret dont la vraie valeur se déplace vers le logiciel, l’interprétation des signaux et l’accompagnement IA. C’est une évolution stratégique majeure pour Fitbit, et peut-être l’une des plus cohérentes avec la direction prise par Google depuis plusieurs mois.
Un Fitbit qui renonce à l’écran pour miser sur la discrétion
D’après Bloomberg, ce futur bracelet abandonnerait complètement l’affichage intégré. Les informations et statistiques seraient donc consultés dans l’application Fitbit, plutôt que directement sur l’appareil. Le design aperçu par les premiers visuels relayés montrerait une sangle textile grisâtre avec une doublure orange, dans un esprit très proche des wearables sans écran déjà popularisés par Whoop.
Ce choix n’a rien d’anecdotique. Supprimer l’écran, c’est aussi redéfinir l’objet : moins montre ou tracker classique, davantage capteur de fond, presque invisible, pensé pour se faire oublier tout en collectant de la donnée en continu. Pour Google, cela permettrait de déplacer le centre de gravité du produit vers l’analyse logicielle, là où se joue désormais une grande partie de la différenciation.
Un modèle hybride à la Whoop, où l’abonnement devient presque aussi important que le bracelet
Toujours selon Bloomberg, Google testerait un modèle proche de celui de Whoop : achat du matériel, puis déblocage de certaines fonctions avancées via un abonnement payant. À ce stade, aucun tarif n’a été communiqué pour cette éventuelle formule, et Google n’a pas annoncé officiellement ce produit.
C’est probablement le point le plus sensible de l’affaire. Fitbit a longtemps été associé à une logique plus simple, plus lisible, où l’appareil restait au centre de la proposition de valeur. En basculant vers un modèle où l’intelligence, les recommandations et une partie des fonctions premium vivent derrière un paiement récurrent, Google rapprocherait Fitbit d’une économie du service plutôt que du simple hardware.
Gemini deviendrait le vrai moteur de l’expérience
Ce futur bracelet serait aussi l’un des premiers wearables Fitbit à s’appuyer aussi frontalement sur Gemini. Google a justement détaillé de nouvelles fonctions de son Personal health coach construit avec Gemini, présenté comme un conseiller 24/7 capable d’accompagner l’utilisateur sur la forme physique, le sommeil et la santé globale..
Bloomberg relie directement ce futur bracelet à cette couche IA, en indiquant que l’expérience mettrait fortement l’accent sur des insights autour de la récupération, de la nutrition, de l’hydratation, de la santé mentale et du cycle menstruel. Autrement dit, le wearable ne serait plus tant un tableau de bord qu’un point d’entrée vers une forme de coaching santé personnalisé.
Stephen Curry commence déjà à préparer le terrain
Le nom de Stephen Curry apparaît aussi dans ce dossier. Bloomberg indique que le joueur NBA a déjà teasé l’appareil sur les réseaux sociaux, avec une formule autour d’une « new relationship with your health ». Google avait d’ailleurs officialisé dès 2025 un partenariat pluriannuel avec Curry autour de Google Health et des produits Fitbit, en le nommant « performance adviser » pour la division.
Voir cette publication sur Instagram
Cela ne garantit pas un lancement immédiat, mais cela suggère au minimum que Google commence à construire le récit public autour de ce produit. Et dans l’univers du hardware grand public, ce type de teasing en amont accompagne rarement un projet encore très lointain.
Google semble vouloir transformer Fitbit en plateforme de santé assistée par IA
Ce qui se dessine ici est plus large qu’un simple nouveau bracelet. Google semble vouloir repositionner Fitbit comme une couche de santé connectée où le matériel devient plus discret, pendant que la valeur remonte vers l’application, le coaching intelligent et l’abonnement. C’est une bascule qui colle parfaitement à la stratégie actuelle du groupe : faire de Gemini non pas un gadget en plus, mais une couche transversale capable de réinterpréter les usages quotidiens.
Reste maintenant la vraie question : les utilisateurs de Fitbit veulent-ils d’un bracelet plus discret et plus intelligent, ou accepteront-ils difficilement de payer davantage pour des fonctions qui relevaient jusqu’ici du produit lui-même ? Si ce wearable arrive bien en 2026 ou 2027, il pourrait apporter une réponse très claire — et redéfinir, au passage, ce que signifie encore « porter un Fitbit » à l’ère de l’IA.



