DJI arrive sur le terrain du drone 360 à un moment presque paradoxal. D’un côté, la marque n’ouvre pas le bal : Antigravity a lancé son A1 en décembre 2025 et revendique la première commercialisation d’un drone 360 grand public.
De l’autre, le DJI Avata 360 pourrait bien être l’un des derniers nouveaux drones DJI encore techniquement achetables aux États-Unis, après le durcissement de la FCC contre les nouveaux modèles étrangers.
DJI Avata 360 : Un drone 360, mais pas seulement
Le Avata 360 ressemble d’abord à ce qu’on attend de cette nouvelle catégorie : un drone compact capable de produire des photos et vidéos 8K à 360 degrés grâce à deux optiques.

Mais, DJI va plus loin que son nouveau rival. Là où l’Antigravity A1 reste cantonné au tournage 360, le Avata 360 peut aussi basculer vers un mode FPV plus classique grâce à un système optique orientable qui permet d’utiliser une seule caméra vers l’avant.
Cette polyvalence change beaucoup de choses : le drone ne sert plus uniquement à “capturer tout pour recadrer après”, il peut aussi devenir un vrai appareil de pilotage immersif plus traditionnel.
Plus lourd que son rival, mais aussi plus complet

Cependant, DJI fait un choix clair : celui de la fonctionnalité plutôt que de la discrétion réglementaire. Le Avata 360 pèse 455 g, soit bien au-dessus du seuil des 250 g qui pèse sur les règles de vol dans de nombreux pays.
En échange, il gagne une structure plus robuste, des protections d’hélices intégrées, une portée théorique allant jusqu’à 20 km, une vitesse de pointe annoncée de 18 m/s en mode sport, et une autonomie d’environ 23 minutes. Face à lui, l’A1 reste plus léger et pliable, mais aussi plus limité sur plusieurs paramètres essentiels de vol.
La vraie bonne idée : les lentilles remplaçables
L’innovation la plus intéressante n’est peut-être ni dans la 8K ni dans le FPV. Elle tient à quelque chose de beaucoup plus concret : les éléments externes des deux lentilles sont remplaçables par l’utilisateur. L’opération peut être réalisée en quelques minutes avec un kit d’outils vendu séparément par DJI.

Dans un univers drone où la moindre rayure sur une optique peut vite coûter cher, cette approche améliore sensiblement la réparabilité du produit. Et sur ce point, DJI propose ici quelque chose de plus mature que son concurrent direct.
Un prix agressif, surtout hors bundle premium
Sur le plan tarifaire, DJI frappe fort. Le drone seul démarre à 459 €, quand le Antigravity A1 a été lancé à 1 400 euros dans son bundle avec casque et contrôleur. Même le Motion Fly More Combo de DJI, avec Goggles N3, RC Motion 3 et batteries supplémentaires, reste annoncé à 939 €, soit nettement sous le positionnement initial de son rival.
Les premières livraisons débuteront fin avril.
Face à Antigravity, DJI semble déjà plus abouti
Si l’on sort du contexte américain, la comparaison tourne plutôt à l’avantage de DJI. Le A1 conserve quelques atouts, notamment un format plus léger et un casque jugé plus confortable par certains testeurs. Mais, le Avata 360 avance une combinaison plus convaincante de souplesse, performances de vol, réparabilité et modes de contrôle.

Il peut être piloté via smartphone, avec commande à mouvement, avec lunettes FPV ou avec une radiocommande twin-stick plus classique, ce qui en fait un produit moins monolithique que l’offre d’Antigravity.
Le plus intéressant avec le Avata 360, c’est qu’il arrive en retard tout en semblant déjà plus mûr. DJI ne peut pas revendiquer la primeur, mais la marque applique ici sa formule habituelle : prendre une idée émergente, l’industrialiser plus proprement, puis l’enrichir avec des détails très concrets que le marché finit par juger décisifs. Le mode FPV classique, les contrôles multiples, les lentilles remplaçables et le prix agressif racontent exactement cela.
En somme, le Avata 360 a tout du produit qui pourrait devenir la référence mondiale du drone 360. Ironie du moment : il y parvient alors même que l’un de ses marchés les plus importants pourrait lui rester presque fermé.


