Le bruit est énorme — et c’est justement pour ça qu’il mérite d’être traité froidement. Selon Bloomberg, Stripe étudierait l’acquisition de tout ou partie de PayPal, mais les discussions seraient très préliminaires et pourraient ne jamais aboutir.
Le même jour, Stripe a publié sa lettre annuelle et lancé une offre publique d’achat qui valorise la société 159 milliards de dollars, en forte hausse sur un an.
Stripe + PayPal : Pourquoi cette rumeur sort maintenant ?
Deux éléments se répondent. Stripe a les épaules plus larges : l’offre publique d’achat à 159 milliards de dollars donne de la crédibilité financière (et psychologique) à l’idée que Stripe pourrait viser un achat « transformant », même si elle reste privée.
Et, PayPal est « moins intouchable » qu’avant : sa capitalisation évoquée autour de 40 milliards de dollars et la réaction du marché (hausse du titre après la rumeur) montrent qu’un scénario de consolidation est devenu concevable dans les têtes — au moins comme hypothèse.
« Tout PayPal » ou « des morceaux » : là est la vraie question
Bloomberg parle explicitement de « tout ou partie ». C’est crucial. Un rachat de tout PayPal serait un mariage complexe (paiement grand public, Venmo, Braintree, etc.), et poserait des questions d’intégration et de régulation. Un achat d’actifs (par exemple une brique de paiement, ou une ligne spécifique) serait plus réaliste : plus simple à digérer, plus facile à défendre, plus rapide à exécuter.
Ce que Stripe gagnerait (sur le papier) :
- Accès direct à une base grand public (PayPal/Venmo) que Stripe n’a jamais vraiment cherché à dominer, Stripe étant historiquement « B2B rails ».
- Une position renforcée sur le paiement à grande échelle — un terrain où PayPal reste très présent malgré la concurrence.
- Un potentiel gain sur les paiements transfrontaliers et certaines verticales (marketplaces, SMB), selon les actifs concernés.
Mais l’inverse est vrai : Stripe devrait aussi hériter d’un portefeuille de produits hétérogène, de contraintes réglementaires et d’une narration boursière parfois hostile.
Pourquoi c’est loin d’être « fait » ?
Même Reuters, qui relaie Bloomberg, insiste sur le caractère précoce et non garanti du dossier. Et surtout : Stripe n’a aucune obligation de faire un mouvement de cette taille. Sa lettre annuelle met davantage en avant sa dynamique produit (AI/automation, monétisation et services financiers) que la nécessité de racheter un géant établi.
Cette rumeur révèle moins « Stripe va acheter PayPal » que : le marché entre dans une phase de consolidation et de réalignement, où la frontière entre paiement marchand, portefeuille grand public et infrastructures financières devient plus perméable — poussée par l’IA (automatisation, « commerce agentique ») et par l’échelle.



