TECNO profite de l’IFA 2026 pour mettre en avant deux projets qui illustrent bien l’évolution de sa stratégie matérielle. La marque a reçu deux distinctions dans le cadre des Global Product Technology Innovation Awards pour son TECNO Modular Phone, un smartphone modulaire de seulement 4,9 mm d’épaisseur, et pour le Tonino Lamborghini TECNO TAURUS, un mini-PC gaming de 6,36 litres équipé d’un refroidissement liquide.
Au-delà des récompenses elles-mêmes, ces deux produits montrent une volonté claire : ne plus seulement concurrencer les grands acteurs sur la fiche technique, mais travailler des formats beaucoup plus différenciants, entre modularité mobile et miniaturisation extrême du PC gaming.
Un smartphone de 4,9 mm construit autour de modules magnétiques

Le TECNO Modular Phone a reçu le Gold Award consacré à l’innovation en matière de modularité magnétique ultrafine. Le concept repose sur un châssis monobloc de seulement 4,9 mm d’épaisseur, dépourvu de ports traditionnels et doté d’une certification officielle contre la poussière et l’eau. Pour conserver cette finesse tout en ajoutant de nouvelles fonctions, TECNO s’appuie sur une technologie propriétaire mêlant aimants et connecteurs pogo pins.
Les modules viennent se fixer directement au dos du téléphone et tirent leur alimentation de l’appareil principal. TECNO annonce la prise en charge de dix modules fonctionnels, sans détailler ici l’ensemble des usages possibles.
L’idée rappelle les différentes tentatives de smartphones modulaires apparues au cours de la dernière décennie, mais TECNO change légèrement l’équation : il ne s’agit plus de démonter une partie du téléphone, mais de conserver un appareil extrêmement fin auquel on ajoute ponctuellement des fonctions externes.
Une batterie réduite pour préserver la finesse
Toutefois, cette architecture impose un compromis évident. Le smartphone intégrerait une batterie comprise entre 3 000 et 4 000 mAh, une capacité relativement modeste à une époque où de nombreux appareils dépassent désormais largement les 5 000 mAh.
TECNO semble accepter volontairement cette limite afin de préserver les 4,9 mm du châssis. Les modules peuvent ensuite théoriquement compenser certains manques selon l’usage, en ajoutant par exemple de l’énergie, du traitement ou d’autres fonctions spécialisées.
C’est précisément là que la modularité devient intéressante : plutôt que de rendre le téléphone plus épais pour intégrer en permanence des composants rarement utilisés, TECNO cherche à externaliser une partie du hardware.
Le succès de cette approche dépendra toutefois de la qualité des modules, de leur prix et surtout de leur disponibilité. Une plateforme modulaire n’a de valeur que si son écosystème continue à se développer après le lancement.
TECNO veut aussi utiliser les modules pour l’IA locale
La marque évoque également une architecture capable de prendre en charge ou de déporter certains traitements liés à l’intelligence artificielle sur l’appareil. L’idée serait d’augmenter les capacités de calcul sans épaissir directement le smartphone principal. Cette piste est particulièrement intéressante dans le contexte actuel, où les modèles d’IA locale exigent davantage de mémoire, de puissance et de refroidissement. Un module externe pourrait permettre d’ajouter ponctuellement des ressources pour certaines tâches sans imposer les mêmes contraintes thermiques à l’ensemble du téléphone.
Toutefois, il reste encore beaucoup d’inconnues sur la manière dont cette architecture fonctionnerait en pratique.
TECNO a confirmé que le Modular Phone doit passer en production de masse, ce qui donne au projet davantage de crédibilité qu’un simple prototype de salon. Reste à savoir sous quelle forme exacte il arrivera sur le marché.
TAURUS : un PC gaming de 6,36 litres avec RTX 5060

TECNO a également reçu une distinction pour le Tonino Lamborghini TECNO TAURUS, également connu sous le nom de MEGA MINI G1 Pro. Ce PC gaming compact adopte un châssis vertical d’environ 6,36 litres, avec une large fenêtre transparente et un design développé en collaboration avec Tonino Lamborghini.
À l’intérieur, TECNO associe un Intel Core i9-13900HK à une GeForce RTX 5060 configurée avec un TGP de 145 W. La carte graphique prend en charge DLSS 4 et le constructeur annonce jusqu’à 614 TOPS dédiés aux charges IA.
L’utilisation d’un processeur mobile haut de gamme permet de contenir la consommation et la chaleur dans un volume réduit, tandis que la RTX 5060 donne au système suffisamment de puissance pour viser un véritable usage gaming plutôt qu’un simple mini-PC bureautique.
Un refroidissement liquide pour maintenir les performances
La miniaturisation impose ici aussi des contraintes thermiques importantes. TECNO utilise un système de watercooling personnalisé conçu pour maintenir les fréquences élevées sous forte charge. Dans un boîtier aussi compact, cette partie est probablement aussi importante que le choix du CPU ou du GPU.
La densité de puissance d’un mini-PC gaming peut rapidement devenir problématique : si la chaleur n’est pas correctement évacuée, les composants réduisent leurs fréquences et l’intérêt du hardware disparaît en grande partie. Le TAURUS tente donc de résoudre cette difficulté avec une architecture verticale et un système liquide intégré, tout en conservant un boîtier suffisamment compact pour être installé facilement sur un bureau.
La fenêtre panoramique renforce parallèlement le positionnement esthétique du produit, avec une logique plus proche des PC gaming haut de gamme que des mini-PC traditionnellement très sobres.
15 ports dans un châssis miniature
TECNO ne sacrifie pas non plus complètement la connectique. Le TAURUS dispose de 15 ports d’extension, avec notamment de l’OCuLink et de l’USB4, ainsi que du Wi-Fi 6E pour la partie réseau. La présence d’OCuLink est particulièrement intéressante sur ce type de machine, puisqu’elle ouvre la porte à des périphériques très rapides et potentiellement à des solutions graphiques externes selon la configuration retenue.
Cette richesse en connectique montre que TECNO ne conçoit pas le TAURUS comme une simple console de salon sous Windows. Le produit conserve une vraie logique de PC modulaire, malgré son volume réduit.
C’est aussi ce qui différencie les mini-PC gaming les plus ambitieux : réussir à réduire fortement l’encombrement sans supprimer toute possibilité d’évolution ou de connexion.
TECNO expose aussi un smartphone sans bordure visible

Les deux produits récompensés n’étaient pas les seuls appareils montrés par TECNO à l’IFA. La marque a également présenté un Next-Gen Bezelless Concept Phone, censé démontrer une bordure d’écran de 0 mm. Il s’agit ici encore d’un concept, et ce type d’annonce doit être interprété avec prudence. Un affichage réellement sans aucune bordure visible impose des contraintes importantes pour loger la structure, les capteurs et protéger les bords de l’écran.
TECNO cherche surtout à montrer sa capacité à travailler sur la miniaturisation et l’intégration industrielle.
La marque exposait également le MEGABOOK T15 360 Pro, un ordinateur convertible venant compléter un portefeuille qui s’étend désormais largement au-delà du smartphone.

TECNO cherche surtout à changer de statut
Ces récompenses sont finalement intéressantes moins pour leur valeur symbolique que pour ce qu’elles disent de la stratégie de TECNO. La marque s’est longtemps développée en s’appuyant sur des smartphones compétitifs en prix et fortement présents sur certains marchés émergents. Elle cherche désormais à construire une image beaucoup plus technologique, avec des concepts capables de rivaliser sur le terrain de l’ingénierie et du design.
Le Modular Phone et le TAURUS vont précisément dans cette direction.
L’un essaie de résoudre les limites de la finesse extrême grâce à des modules magnétiques ; l’autre tente de condenser une véritable machine gaming dans un volume de quelques litres.
Dans les deux cas, TECNO ne cherche plus simplement à proposer une alternative moins chère. La marque veut montrer qu’elle peut aussi expérimenter avec des architectures que les grands constructeurs n’ont pas encore largement adoptées.
Reste maintenant à transformer ces démonstrations en produits convaincants une fois sortis du contexte des salons. Car l’innovation la plus difficile n’est pas de créer un prototype spectaculaire : c’est de rendre cette idée fiable, abordable et suffisamment utile pour qu’elle survive après l’effet de nouveauté.



