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VLC dépasse les 7 milliards de téléchargements : le triomphe silencieux d’un logiciel resté gratuit, libre et sans publicité

VLC dépasse les 7 milliards de téléchargements : le triomphe silencieux d’un logiciel resté gratuit, libre et sans publicité
VLC dépasse les 7 milliards de téléchargements : le triomphe silencieux d’un logiciel resté gratuit, libre et sans publicité

VLC vient de franchir un cap que très peu de logiciels peuvent revendiquer. Le lecteur multimédia développé par l’association française VideoLAN a dépassé les 7 milliards de téléchargements, selon les statistiques officielles du projet. Un chiffre immense, d’autant plus remarquable qu’il ne repose ni sur un abonnement, ni sur de la publicité, ni sur une stratégie de collecte de données.

À l’heure où les services de streaming multiplient les offres payantes, les restrictions et les hausses tarifaires, VLC continue de suivre une trajectoire presque à contre-courant. Son principe n’a pratiquement pas changé depuis trente ans : lire les fichiers que l’utilisateur lui donne, sur le plus grand nombre de plateformes possible, sans lui demander quoi que ce soit en retour.

Plus de 7 milliards de téléchargements comptabilisés

Les statistiques de VideoLAN affichent désormais environ 7,03 milliards de téléchargements enregistrés depuis février 2005. Le chiffre couvre les téléchargements directs comptabilisés par l’infrastructure du projet et concerne principalement les différentes versions distribuées sur ordinateur.

Windows représente de très loin la plus grande partie du total. Mais, cette donnée ne raconte qu’une partie de l’histoire. Les installations provenant de nombreuses distributions Linux, de Google Play, de l’App Store ou d’autres boutiques ne sont pas toutes intégrées de la même manière au compteur historique de VideoLAN.

L’audience réelle de VLC est donc probablement encore plus large que ce chiffre déjà spectaculaire.

Le logiciel avait franchi les 6 milliards début 2025

Le précédent grand cap remontait à janvier 2025. VLC venait alors de dépasser les 6 milliards de téléchargements. En un peu plus d’un an et demi, le projet a donc ajouté environ un milliard de téléchargements supplémentaires à son compteur historique.

Cette progression est remarquable pour un logiciel lancé bien avant l’ère des smartphones modernes et des plateformes de streaming. VLC n’est pas une nouveauté, il n’est pas porté par une campagne marketing massive, et pourtant, il continue d’être téléchargé à une échelle que beaucoup de produits technologiques récents ne peuvent qu’envier.

Tout a commencé comme un projet étudiant

L’histoire de VLC remonte à 1996, à l’École Centrale Paris. À l’origine, le projet VideoLAN avait pour objectif de diffuser de la vidéo sur le réseau du campus. Il s’agissait d’un projet étudiant relativement spécialisé.

Progressivement, le logiciel s’est transformé. Le client destiné à recevoir les flux vidéo est devenu VLC, pour VideoLAN Client. Puis son rôle a largement dépassé celui d’un simple client réseau. Le logiciel a évolué vers un moteur multimédia capable de lire une quantité considérable de formats audio et vidéo.

C’est probablement la raison principale de sa longévité. Pendant des décennies, VLC s’est construit une réputation extrêmement simple : lorsqu’un fichier multimédia ne fonctionne pas ailleurs, il y a de bonnes chances qu’il fonctionne dans VLC.

Le logiciel a progressivement absorbé une immense variété de formats et de protocoles. Cette compatibilité est devenue sa véritable marque. Pas une identité visuelle spectaculaire, pas une fonction exclusive, mais la capacité à ouvrir ce que l’utilisateur veut lire.

Le cône orange est devenu une icône

Le célèbre cône de signalisation orange possède aujourd’hui une reconnaissance presque universelle. Sa simplicité reflète assez bien la philosophie du projet. VLC ne cherche pas particulièrement à retenir l’utilisateur dans une plateforme.

Il ne possède pas de fil d’actualité, pas de système de recommandation visant à augmenter le temps passé dans l’application, pas de catalogue exclusif, pas de mécanique d’abonnement. L’utilisateur ouvre un fichier, le regarde, puis ferme VLC.

Dans l’économie numérique actuelle, cette absence de captation est presque devenue inhabituelle.

Jean-Baptiste Kempf a résisté à la monétisation

Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN et figure centrale du développement de VLC, a régulièrement expliqué avoir reçu des propositions commerciales extrêmement importantes au fil des années. Certaines auraient pu rapporter des dizaines de millions de dollars.

L’idée était généralement simple : intégrer de la publicité, modifier certaines fonctions ou ajouter des mécanismes permettant de monétiser l’immense base d’utilisateurs. Kempf a refusé. Cette décision a probablement privé VideoLAN de revenus considérables à court terme, mais elle a également protégé l’un des actifs les plus précieux du projet : la confiance.

Des estimations ont parfois suggéré qu’un logiciel possédant une audience comparable à VLC aurait pu générer plusieurs dizaines de millions de dollars de revenus publicitaires annuels, voire davantage selon le modèle choisi. Pour beaucoup d’entreprises technologiques, laisser passer une telle opportunité semblerait absurde.

Pour VideoLAN, le calcul a toujours été différent. Une publicité introduite dans VLC aurait immédiatement modifié la relation entre le logiciel et son utilisateur. Un outil jusqu’ici neutre serait devenu un canal commercial. Et, cette rupture aurait potentiellement détruit une partie de ce qui fait précisément sa valeur.

La confiance s’est transformée en moteur de croissance

VLC n’a jamais eu besoin d’une campagne publicitaire gigantesque parce que ses utilisateurs ont fait ce travail à sa place. Quelqu’un installe le logiciel. Il fonctionne. Quelques mois plus tard, cette personne le recommande à un proche. Puis à un collègue. Puis à quelqu’un qui vient d’acheter un nouveau PC. Le processus se répète depuis plusieurs décennies.

C’est l’un des exemples les plus purs de croissance par bouche-à-oreille dans le logiciel grand public.

Une génération entière a découvert VLC grâce à des clés USB

Pendant les années 2000 et 2010, VLC circulait souvent d’une manière presque artisanale. Un installateur sur une clé USB, un fichier envoyé entre amis, un CD gravé, un nouveau PC sur lequel quelqu’un installait immédiatement les mêmes quelques logiciels indispensables : navigateur, suite bureautique, antivirus ou encore VLC. Cette transmission informelle a joué un rôle énorme dans sa diffusion.

Le projet s’est installé dans les habitudes avant même que les magasins d’applications deviennent la norme.

VideoLAN reste une association à but non lucratif

Cette indépendance repose aussi sur la structure juridique du projet. VideoLAN est une association française à but non lucratif, elle n’est pas soutenue par un fonds de capital-risque attendant une sortie, elle ne possède pas d’actionnaires exigeant une croissance annuelle des revenus. Le financement repose notamment sur les dons, les subventions et différentes formes de soutien au projet.

Cette organisation donne à VideoLAN une liberté stratégique extrêmement rare.

Le projet serait d’ailleurs très difficile à vendre

Même si quelqu’un souhaitait racheter VLC, l’opération serait juridiquement complexe. Le projet s’appuie sur du logiciel libre. Le code, les traductions et différentes contributions ont été produits par un très grand nombre de développeurs au fil des années. La propriété intellectuelle est donc distribuée. Les marques et domaines appartiennent à l’organisation, mais l’ensemble du projet n’est pas un actif commercial simple pouvant être cédé comme une startup traditionnelle.

Cette structure constitue une protection supplémentaire contre une transformation brutale du logiciel.

Des contributeurs venus de dizaines de pays

VLC reste également profondément communautaire. Des développeurs et contributeurs provenant de plus de 40 pays ont participé à son évolution. Le dépôt de code du projet compte plus de 100 000 commits, témoignage de décennies de maintenance continue.

Cette longévité est parfois sous-estimée.

Faire fonctionner correctement un lecteur vidéo sur plusieurs systèmes d’exploitation, architectures processeur et générations de codecs représente un travail considérable. VLC doit constamment s’adapter.

Le logiciel continue de gagner de nouvelles plateformes

VideoLAN ne se contente pas de maintenir les versions existantes. VLC continue d’arriver sur de nouveaux environnements. Le projet a notamment été porté sur Vega OS, le nouveau système d’exploitation d’Amazon destiné à certains appareils et téléviseurs.

Cette expansion montre que VLC conserve la même ambition qu’à ses débuts : être disponible partout où un utilisateur peut avoir besoin de lire une vidéo. Le support multiplateforme reste au cœur de l’identité du logiciel.

VLC 4 reste le grand chantier

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Le futur de VLC s’appelle depuis longtemps VLC 4, et cette version est en développement depuis plusieurs années. Elle doit introduire une interface profondément remaniée ainsi que des changements importants dans l’architecture interne du logiciel.

Cependant, son développement avance lentement. Cette lenteur est régulièrement critiquée, et certains utilisateurs attendent depuis longtemps une interface plus moderne ou une organisation plus adaptée aux bibliothèques multimédias contemporaines.

VideoLAN préfère manifestement prendre son temps.

Modifier VLC est plus difficile qu’il n’y paraît

Ce choix s’explique en partie par le poids de l’héritage. VLC possède une immense base d’utilisateurs qui attend principalement une chose : que le logiciel continue à fonctionner. Une refonte trop ambitieuse peut facilement casser des habitudes ou introduire des régressions.

Pour un service récent, quelques bugs peuvent être corrigés rapidement après le lancement. Pour un outil considéré depuis vingt ans comme l’un des lecteurs les plus fiables du marché, les attentes sont différentes.

VLC 4 doit moderniser le logiciel sans détruire ce qui a construit sa réputation.

Dans le monde technologique, le rythme est souvent considéré comme une qualité en soi. Publier vite, ajouter davantage de fonctions, changer régulièrement l’interface, VideoLAN adopte presque la philosophie inverse. L’équipe préfère retarder une version plutôt que déployer une transformation qui fragiliserait la compatibilité. Cela peut sembler frustrant, mais cette prudence explique probablement une partie de la longévité du projet.

Un logiciel multimédia universel doit avant tout rester prévisible.

L’intelligence artificielle commence malgré tout à arriver

VideoLAN n’ignore pas pour autant les tendances technologiques récentes. Lors du CES 2025, l’organisation avait présenté une démonstration de sous-titres générés automatiquement par intelligence artificielle. Le concept était particulièrement intéressant. VLC pouvait utiliser des modèles locaux pour transcrire l’audio en temps réel puis traduire les sous-titres dans différentes langues.

Le tout sans envoyer nécessairement les données vers un service cloud.

La prochaine version majeure devra montrer si VideoLAN peut moderniser l’expérience sans perdre son identité. Une interface contemporaine pourrait attirer de nouveaux utilisateurs, une meilleure gestion des bibliothèques multimédias pourrait rapprocher VLC des usages actuels, et une IA locale pourrait rendre les sous-titres et la traduction beaucoup plus accessibles. Mais, aucune de ces innovations ne doit compromettre la simplicité qui a fait son succès.

C’est probablement ce qui explique pourquoi le développement prend autant de temps.

Le passage des 7 milliards de téléchargements n’est finalement pas seulement une statistique impressionnante. Il confirme qu’un logiciel peut rester pertinent pendant trois décennies sans transformer chaque utilisateur en source de revenus.

VideoLAN a construit une infrastructure multimédia mondiale presque sans publicité, sans capital-risque et sans logique de plateforme fermée. Et, le plus remarquable est peut-être que VLC n’a jamais eu besoin de devenir autre chose pour continuer à grandir.

Il doit lire les fichiers, fonctionner partout ou encore rester libre. Trois promesses d’une simplicité presque désarmante dans la tech de 2026. Sept milliards de téléchargements plus tard, elles semblent toujours suffire.

Tags : VideoLANVLC
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.