Apple poursuit sa stratégie d’intégration verticale en développant toujours plus de composants en interne. Après avoir remplacé les puces Wi-Fi et Bluetooth de Broadcom par sa propre solution sur les iPhone 17, certains imaginaient déjà la fin de la collaboration entre les deux entreprises.
Il n’en est finalement rien. Apple vient de signer un nouvel accord avec Broadcom, garantissant leur partenariat jusqu’en 2031. Une décision qui montre que, malgré ses ambitions de tout concevoir en interne, le géant de Cupertino dépend encore fortement de certains fournisseurs stratégiques.
Apple a remplacé Broadcom… mais seulement en partie
L’année dernière, Apple a franchi une étape importante en lançant sa première puce réseau maison, baptisée N1. Présente sur toute la gamme iPhone 17, cette puce prend en charge le Wi-Fi 7 ainsi que le Bluetooth 6, remplaçant ainsi les composants Wi-Fi/Bluetooth que Broadcom fournissait depuis le tout premier iPhone lancé en 2007.
Cette évolution s’inscrit dans la volonté d’Apple de réduire progressivement sa dépendance à ses partenaires historiques, comme elle l’a déjà fait avec Intel en développant les puces Apple Silicon pour les Mac, ou encore avec Qualcomm grâce à ses nouveaux modems cellulaires de la série C.
Broadcom reste indispensable pour les communications mobiles
Même si Apple maîtrise désormais une partie de la connectivité sans fil, Broadcom conserve un rôle essentiel dans la conception des iPhone. L’entreprise fournit toujours plusieurs composants critiques du RF Front-End, une partie indispensable de la chaîne radio qui permet au smartphone de communiquer avec les antennes cellulaires.
Parmi ces composants figurent notamment les filtres RF qui éliminent les interférences, les amplificateurs de puissance chargés d’augmenter la portée du signal et divers modules permettant d’améliorer la qualité des communications 4G et 5G.
Sans ces éléments, les performances réseau seraient fortement dégradées, notamment dans les zones où la couverture mobile est plus faible.
Broadcom fournit également certains circuits de gestion de l’alimentation utilisés dans les iPhone.
Un partenariat prolongé jusqu’en 2031
Apple et Broadcom ont donc décidé de prolonger leur collaboration pour plusieurs années supplémentaires. Selon plusieurs analystes, Apple représente environ 20 % du chiffre d’affaires de Broadcom, ce qui faisait craindre aux investisseurs une perte importante de revenus si Apple décidait de produire tous ces composants en interne.
Ce nouvel accord rassure donc les marchés.
La réaction ne s’est d’ailleurs pas fait attendre : l’action Broadcom a progressé de près de 4 % après l’annonce, tandis que celle d’Apple a également terminé la séance en hausse.
Pourquoi Apple continue de faire confiance à Broadcom ?
À première vue, cette décision peut sembler surprenante puisque la firme de Cupertino cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance aux fournisseurs externes. En réalité, développer des composants RF est particulièrement complexe.
Ces puces doivent fonctionner sur des centaines de bandes de fréquences différentes dans le monde tout en offrant une excellente efficacité énergétique et des performances irréprochables.
Broadcom possède plusieurs décennies d’expérience dans ce domaine, ce qui rend son savoir-faire difficile à remplacer rapidement.
Selon Jacob Bourne, analyste chez eMarketer, cet accord permet également à Apple de sécuriser son approvisionnement dans un contexte où certains composants électroniques restent sous tension à cause de l’explosion de la demande liée à l’intelligence artificielle.
La pénurie liée à l’IA continue d’impacter l’industrie
Depuis plusieurs mois, les fabricants de semi-conducteurs privilégient la production de composants destinés aux accélérateurs IA, beaucoup plus rentables. Cette situation entraîne des tensions sur d’autres catégories de puces, notamment la mémoire DRAM, la NAND Flash ou encore certains composants radio utilisés dans les smartphones.
En verrouillant son partenariat avec Broadcom jusqu’en 2031, Apple s’assure un accès privilégié à des composants essentiels pour ses futurs iPhone. Cette stratégie lui permet également d’éviter d’investir immédiatement dans le développement de technologies très spécialisées qui ne constituent pas forcément une priorité.
Apple avance vers l’indépendance… à son rythme
Le remplacement des puces Wi-Fi et Bluetooth par le composant N1 montre clairement la volonté d’Apple de contrôler toujours davantage son matériel. Toutefois, le renouvellement de l’accord avec Broadcom prouve que cette transition sera progressive. Certaines technologies, notamment celles liées aux communications cellulaires, restent extrêmement complexes à développer et nécessitent encore l’expertise de partenaires historiques.
Apple poursuit donc son objectif d’autonomie, mais sans prendre le risque de compromettre les performances de ses appareils. Pour Broadcom, cet accord garantit plusieurs années de stabilité financière, tandis que pour Apple, il sécurise une partie essentielle de la chaîne d’approvisionnement de ses futurs iPhone.



