MediaTek continue de brouiller la frontière entre milieu de gamme et « petit flagship ». Avec le Dimensity 8500, officialisé lors d’un événement où la marque a aussi dévoilé le Dimensity 9500 s, le fondeur pousse une recette déjà testée : tout miser sur des cœurs puissants, puis compenser le reste par l’efficacité de la gravure et une couche logicielle de scheduling maison.
Le Dimensity 8500 comme « light flagship » pour 2026
Dans son communiqué, MediaTek présente le Dimensity 8500 comme une puce « light flagship » pensée pour les usages intensifs (jeux, multitâche, IA, photo) à un niveau de prix plus accessible.
Une manière de renforcer son emprise sur le segment premium abordable, là où la guerre se joue aujourd’hui à coups de performance perçue et d’autonomie « réelle ».
Le Dimensity 8500 est gravé en 4 nm (TSMC) et adopte un CPU 8 cœurs Cortex-A725, avec une fréquence maximale annoncée à 3,4 GHz.
Dans le détail, plusieurs sources décrivent une répartition 1+3+4 :
- 1 cœur A725 à 3,4 GHz
- 3 cœurs A725 à 3,2 GHz
- 4 cœurs A725 à 2,2 GHz
MediaTek revendique une progression d’environ +7 % pour cette « seconde génération » d’architecture tout-en-gros-cœurs, et ajoute la prise en charge de LPDDR5X jusqu’à 9600 Mb/s pour gagner en bande passante.

Le GPU Mali-G720 MC8 et la « démocratisation » du ray tracing
C’est côté graphismes que le Dimensity 8500 veut vraiment faire la différence : MediaTek annonce un Mali-G720 (8 cœurs) avec +25 % de performance de pointe vs génération précédente, et -20 % de consommation au pic de charge. Le constructeur met aussi en avant l’arrivée d’un rendu plus « réaliste », via le ray tracing, sur ce niveau de gamme.
Sur la partie gaming, MediaTek avance des promesses très marketing (stabilité au-delà de 110 fps même en extérieur à 35 °C, économies d’énergie via une techno de gestion de framerate, etc.). À prendre comme des chiffres de labo — mais ils donnent le ton : le Dimensity 8500 vise clairement les appareils « gaming friendly » à prix contenu.
IA, photo, réseau : NPU 880, outils d’imagerie IA, 5G annoncée à 5,17 Gb/s
Sans surprise en 2026, l’IA est au centre du discours produit. MediaTek confirme l’intégration de sa NPU 880, avec un focus sur la génération d’images (dont Stable Diffusion) et la compatibilité avec des modèles LLM/MLLM — bref, l’IA « sur l’appareil » qui devient un argument d’achat autant qu’une fonction.
En photo/vidéo, MediaTek évoque des briques d’imagerie dopées à l’IA (téléobjectif « ultra clair », segmentation sémantique, suppression de reflets/éblouissements), avec un positionnement orienté usage réel plutôt que fiche technique brute.
Côté connectivité, des sources rapportent un modem 5G jusqu’à 5,17 Gb/s, avec agrégation de porteuses et des optimisations d’économie d’énergie (UltraSave).
La stratégie « tout en gros cœurs » se normalise — mais le vrai juge sera la chauffe
Le pari « all-big-core » est séduisant sur le papier : meilleure réactivité, multitâche plus fluide, et performances soutenues en charge… à condition que la gestion thermique suive. MediaTek insiste justement sur un scheduling « précis » et sur l’efficience du 4 nm pour garder la courbe perf/watt sous contrôle.
La comparaison implicite, c’est aussi celle avec les puces concurrentes « mid-premium » : si le Dimensity 8500 tient ses promesses GPU (et son ray tracing) sans vider la batterie, il pourrait devenir la référence des smartphones « flagship-like » à prix plus doux — ceux qui font le gros des volumes en 2026.
Et c’est peut-être là le message le plus intéressant : MediaTek ne cherche plus seulement à « suivre » le haut de gamme. Il cherche à déplacer ce que le milieu de gamme a le droit d’offrir.



