Après avoir investi des sommes colossales dans ses infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle, Meta pourrait bientôt changer de stratégie. Selon un rapport publié par Bloomberg, Meta travaillerait sur une offre de cloud computing destinée à commercialiser une partie de sa puissance de calcul inutilisée.
Si le projet se concrétise, Meta entrerait directement en concurrence avec les principaux acteurs du marché, notamment Amazon Web Services (AWS), Google Cloud et Microsoft Azure.
Transformer les investissements en nouvelle source de revenus
Depuis plusieurs années, Meta multiplie les investissements pour soutenir le développement de ses modèles d’intelligence artificielle. L’entreprise prévoit des dépenses d’investissement comprises entre 115 et 135 milliards de dollars en 2026, principalement consacrées à l’achat de processeurs, à la construction de centres de données et aux infrastructures énergétiques nécessaires pour alimenter ces installations.
Selon Bloomberg, Meta chercherait désormais à rentabiliser cette capacité lorsqu’elle n’est pas utilisée par ses propres services.
L’idée serait de transformer une partie de ces ressources en activité commerciale plutôt que de laisser des infrastructures coûteuses fonctionner en dessous de leur capacité maximale.
Deux modèles seraient à l’étude
Toujours selon les informations de Bloomberg, plusieurs scénarios seraient actuellement étudiés. Le premier consisterait à proposer un service permettant aux entreprises d’utiliser directement les modèles d’intelligence artificielle hébergés sur les infrastructures de Meta, dans une approche comparable à celle d’Amazon Bedrock.
Le second viserait à louer directement la puissance de calcul disponible, à la manière des entreprises spécialisées dans le neocloud comme CoreWeave, qui proposent un accès à des GPU destinés à l’entraînement et à l’exécution de modèles d’IA.
À ce stade, Meta n’aurait pas encore arrêté son choix définitif.
Meta Compute, une nouvelle division dédiée
Le projet serait piloté par une nouvelle entité baptisée Meta Compute, selon Bloomberg. Cette équipe réunirait notamment Santosh Janardhan, responsable des infrastructures chez Meta, Daniel Gross, membre de Meta Superintelligence Labs, et Dina Powell McCormick, présidente de Meta.
L’objectif serait de structurer une véritable activité cloud autour des infrastructures construites ces dernières années.
Des centres de données gigantesques
Meta dispose désormais de l’une des plus importantes capacités de calcul du secteur. Parmi les projets déjà annoncés figurent un campus de centres de données de plusieurs milliers de mètres carrés en Louisiane, un centre de données de plusieurs gigawatts actuellement en construction dans le Midwest américain et plusieurs partenariats avec des opérateurs spécialisés, notamment Crusoe, qui fournirait environ 1,6 gigawatt supplémentaire de capacité répartie sur deux sites.
Ces investissements répondent à la volonté de Meta d’accélérer le développement de ses futurs modèles d’intelligence artificielle.
Un marché de plus en plus stratégique
L’idée de louer une partie de cette puissance de calcul n’est pas nouvelle dans l’industrie. Face au coût extrêmement élevé des infrastructures IA, plusieurs entreprises cherchent à amortir leurs investissements en mettant leurs serveurs à disposition d’autres acteurs lorsqu’ils ne sont pas pleinement utilisés.
Selon Bloomberg, SpaceX louerait déjà une partie des capacités de calcul du centre de données de xAI à Anthropic, illustrant cette tendance croissante. Avec l’explosion des besoins liés à l’intelligence artificielle, la location de GPU devient progressivement un marché à part entière.
Les investisseurs accueillent favorablement cette perspective
Même si Meta n’a confirmé aucun projet, ces informations ont été bien reçues par les marchés financiers. Selon Bloomberg, le titre Meta a progressé de plus de 10 % après la publication du rapport.
Les investisseurs semblent y voir une possibilité de générer des revenus supplémentaires afin de compenser les dépenses massives engagées dans les infrastructures IA.
Un projet encore loin d’être officialisé
Pour l’instant, aucun calendrier de lancement n’a été communiqué. Meta n’a pas confirmé les informations publiées par Bloomberg et plusieurs sources citées par le média précisent que le projet pourrait encore évoluer, voire être modifié avant une éventuelle annonce officielle.
Une chose apparaît néanmoins clairement : avec plus de 100 milliards de dollars investis chaque année dans ses infrastructures, Meta cherche désormais à maximiser le rendement de ces ressources. Si cette stratégie se concrétise, le groupe pourrait devenir un nouvel acteur majeur du cloud dédié à l’intelligence artificielle, aux côtés des géants déjà installés sur ce marché.



