Xiaomi semblait prêt à bouleverser la photographie mobile avec un smartphone modulaire capable d’accueillir un véritable module photo externe à grand capteur. Mais, selon le leaker Digital Chat Station, le projet aurait finalement été suspendu avant sa commercialisation.
Une décision qui pourrait calmer temporairement la course aux smartphones « DSLR-like ».
Le projet le plus ambitieux de Xiaomi sur la photo mobile
Le concept dévoilé par Xiaomi l’an dernier allait bien plus loin qu’un simple accessoire photo. L’idée reposait sur un système magnétique permettant de fixer au dos du smartphone un module caméra complet intégrant un capteur Micro Four Thirds, une optique 35 mm f/1.4, et un système proche d’un appareil photo hybride miniature.
Le principe était simple : plutôt que de compenser les limites physiques des smartphones uniquement avec l’IA et la photographie computationnelle, Xiaomi voulait réintroduire du vrai matériel photo.
Et dans l’univers de l’image, la physique reste difficile à contourner : plus grands capteurs, plus grandes lentilles, meilleure lumière.
Xiaomi voulait transformer le smartphone en plateforme modulaire
Le plus intéressant est que ce système ne concernait pas uniquement la photo. Le cercle magnétique intégré au dos du concept aurait également servi à accueillir des ventilateurs actifs pour le gaming, des écrans secondaires, et potentiellement d’autres modules encore inconnus. Autrement dit, Xiaomi expérimentait discrètement une idée abandonnée depuis des années : le smartphone modulaire grand public.
L’approche rappelait inévitablement les Moto Mods de Motorola : haut-parleurs, projecteurs, gamepads ou zoom photo qui venaient s’aimanter à l’arrière des Moto Z.
Mais, Xiaomi voulait pousser cette logique beaucoup plus loin avec une intégration premium centrée sur la photographie.
Pourquoi Xiaomi aurait stoppé le projet ?
Selon les fuites, le projet prévu pour 2026 serait désormais « suspendu ». Le terme est important : il ne signifie pas forcément annulé définitivement, mais probablement repoussé ou mis en pause.
Plusieurs raisons semblent plausibles.
- Le coût : Un module Micro Four Thirds avec optique lumineuse coûterait extrêmement cher à produire. Le smartphone ne serait plus seulement un téléphone premium, mais presque un appareil photo hybride accompagné d’un smartphone.
- L’épaisseur et l’ergonomie : Même avec une fixation magnétique élégante, ce type de système reste encombrant. Le marché actuel privilégie encore la finesse, la légèreté ou encore les designs minimalistes.
- Le marché reste incertain : Les passionnés de photo adoreraient probablement ce concept. Mais, le grand public est-il prêt à transporter un module externe photo dans son quotidien ? La question reste ouverte.
Xiaomi reste pourtant le constructeur qui expérimente le plus
Cette suspension montre aussi quelque chose d’important : Xiaomi demeure l’un des rares grands fabricants prêts à tester des idées réellement radicales dans le smartphone. Alors que Apple affine progressivement l’iPhone, Samsung optimise ses pliables et que Google mise sur l’IA, Xiaomi continue d’explorer les grands capteurs, les accessoires modulaire, les concepts hybrides et les expériences matérielles extrêmes.
Même lorsqu’ils n’aboutissent pas, ces projets influencent souvent toute l’industrie quelques années plus tard.
L’IA ne remplace pas encore totalement la physique
Le projet Xiaomi révèle surtout une tension fascinante dans la photo mobile actuelle. L’industrie pousse massivement la photographie computationnelle, l’IA générative, la fusion multi-capteurs, et les traitements logiciels. Mais, malgré tous ces progrès, les lois optiques restent les mêmes : un grand capteur et une grande lentille produisent encore une image plus naturelle.
Le smartphone atteint progressivement certaines limites physiques. Et, Xiaomi semblait vouloir contourner ces limites non pas par le logiciel… mais par des accessoires matériels intelligents.
Apple et Samsung peuvent souffler… temporairement
Si Xiaomi avait réussi à démocratiser ce type de système, toute l’industrie aurait peut-être dû réagir. Car un smartphone capable de devenir ponctuellement un quasi-appareil photo professionnel aurait pu modifier les usages créatifs, les attentes photo, et même le design des futurs flagships.
La suspension du projet repousse probablement cette révolution. Mais, elle ne l’enterre pas forcément.
Et dans une industrie smartphone devenue très conservatrice, même les projets abandonnés finissent parfois par préparer le futur.



