Pendant des années, « créer une app » a été un rite d’initiation réservé aux développeurs, aux SDK et aux nuits blanches. Nothing tente une pirouette : et si, au lieu de télécharger des applis préfabriquées, on générait à la volée de petits outils parfaitement adaptés à nos besoins du moment — un widget, un mini-tableau de bord, une vue agenda, un compteur… puis on l’épingle sur l’écran d’accueil, comme on collerait un Post-it.
C’est l’idée derrière Essential Apps (Beta), accessible via Nothing Playground, que la marque présente comme un espace où l’on « crée une app à sa façon » — no code, just vibe.
Nothing définit les Essential Apps comme des mini-apps/widgets interactifs générés par IA, partageables via Playground (l’équivalent d’une galerie communautaire plutôt qu’un Play Store traditionnel).
Le principe : vous décrivez ce que vous voulez en langage naturel, le Builder compose l’interface et la logique, puis vous déployez l’Essential App sur votre téléphone en un tap. La promesse est réelle : décrire → générer → pousser sur le téléphone, avec itération possible si le premier résultat ne vous plaît pas.
Create apps shaped exactly around your specific needs and context.
That's what Essential Apps are.
You describe what you need. AI builds it. It appears on your phone's home screen, ready to use.
One billion apps for one billion people.
Beta starts today on Nothing Playground. pic.twitter.com/tgqi0aq64r
— Essential (@essential) February 10, 2026
Les limites actuelles : volontairement « petit », pour ne pas casser l’OS
Dans sa phase bêta, Essential Apps joue la prudence : seulement trois permissions (pour l’instant) :
- Localisation
- Calendrier (lecture seule)
- Contacts
Avec ça, Nothing vise des cas d’usage « safe » mais utiles : widgets de lieu (ex. « arrive au bureau → affiche X »), vue agenda personnelle, compte à rebours, boutons contact en un tap.
Et oui, c’est frustrant si vous rêvez d’une « vraie app » complète : pas encore de caméra, micro, réseau, notifications, vibration, appels, Bluetooth… mais Nothing dit vouloir élargir les intégrations au fil des mises à jour.

Exclusivité Nothing Phone (3) : une décision très « produit »
Pour l’instant, la bêta est limitée au Nothing Phone (3), que la marque présente comme suffisamment puissant pour faire tourner plusieurs Essential Apps en parallèle. L’objectif affiché : une extension progressive à Nothing OS 4.0+ (y compris CMF) quand la plateforme sera plus stable.
Le vrai pari, ce n’est pas de remplacer Instagram ou WhatsApp. C’est de tuer les micro-frictions du quotidien : ces besoins ultra-spécifiques pour lesquels il n’existe pas d’app, ou alors une app trop lourde, trop générique, trop invasive.
Playground montre déjà des créations communautaires très « widget culture » (calendrier F1, phases de lune, etc.).

Un App Store… sans l’économie du store
Plus vous poussez des mini-apps générées et partageables, plus vous grignotez le modèle classique « télécharger/mettre à jour/accepter 12 permissions/subir une UX publicitaire ». C’est une philosophie à la Nothing : design minimal, utilité ciblée, et un peu de « hacker vibe ».
Plusieurs prises en main notent la réalité du terrain : le Builder peut demander des précisions, les premiers jets sont souvent imparfaits, et la qualité dépend beaucoup… de la qualité du prompt. Autrement dit : on ne supprime pas la complexité, on la déplace — du code vers l’intention.



