Un milliard d’utilisateurs, ce n’est pas seulement un chiffre de keynote : c’est un marqueur de pouvoir. Comme le rapporte The Verge, Microsoft affirme que Windows 11 a désormais dépassé le milliard d’utilisateurs, un jalon atteint pendant le dernier trimestre des fêtes, et plus vite que Windows 10 à l’époque.
Derrière la célébration, on devine surtout une mécanique bien rodée : fin de support, renouvellement matériel, et une pression douce — mais constante — pour faire avancer la base installée.
Le fait : 1 milliard d’utilisateurs, +45 % sur un an
Lors de l’appel aux résultats (FY Q2 2026), Satya Nadella a résumé la séquence en une phrase : « 1 billion Windows 11 users », en hausse de 45 % year-over-year.
Et la comparaison est parlante : Windows 11 aurait atteint ce cap en 1 576 jours, contre 1 706 jours pour Windows 10.
Microsoft avait déjà commencé à préparer le terrain : à Ignite (19 novembre), le patron de Windows, Pavan Davuluri, évoquait « presque un milliard » d’utilisateurs sur Windows 11 — signe que le seuil était imminent.
Le moteur réel : la fin de Windows 10 (et son effet domino)
Il est difficile de séparer cette accélération d’un événement central : la fin de support de Windows 10, fixée au 14 octobre 2025. Même si Windows 10 continue de « fonctionner », l’arrêt des mises à jour de sécurité change la perception du risque, surtout en entreprise et sur les parcs familiaux.
Résultat : le cycle de migration se tend… et Windows 11 récupère mécaniquement une partie de la demande.
Cette dynamique apparaît aussi côté business : Microsoft relie explicitement la progression de Windows 11 à l’augmentation des revenus OEM Windows (PC neufs vendus avec Windows), un indicateur qui capte le renouvellement matériel autant que les upgrades.
Une base « modernisée » pour l’ère Copilot
Le milliard est aussi une consolidation stratégique. Windows 11 n’est pas seulement « Windows en plus récent » : c’est la plateforme sur laquelle Microsoft veut aligner ses paris 2026–2027 (sécurité renforcée, intégration IA, « Copilot+ PC », et une expérience plus contrôlée). Plus la base installée bascule, plus Microsoft réduit la fragmentation — et simplifie la distribution de ses nouvelles couches (notamment IA) à grande échelle.
Microsoft parle ici d’« users », là où Windows 10 avait souvent été mesuré en « devices » dans les communications historiques. La nuance est importante : un même utilisateur peut utiliser plusieurs machines, et certains parcs partagés brouillent la métrique. La performance n’en reste pas moins massive, mais il faut garder à l’esprit que le vocabulaire marketing fait partie de l’histoire — surtout quand on compare deux générations.
Un milliard, oui — mais le vrai enjeu, c’est la confiance
Microsoft a réussi l’objectif que Windows 10 n’avait pas tenu « en trois ans ». Mais l’étape suivante n’est pas un nombre : c’est l’adhésion. Windows 11 doit convaincre qu’il n’est pas seulement la destination « obligée » après Windows 10, mais la meilleure version de Windows pour travailler, jouer, créer — et accepter (ou non) l’IA partout.
Le milliard est une démonstration de force. La suite sera une démonstration de désir.



