On comprend la frustration : voir un Galaxy S26 Ultra rester à 5 000 mAh malgré un prix autour de 1 449 euros continue de grincer, surtout quand des rivaux ont normalisé des batteries bien plus généreuses.
Et voilà qu’une fuite relancée ces derniers jours évoque des tests internes Samsung sur des batteries silicium-carbone allant jusqu’à 12 000 mAh, 18 000 mAh, voire 20 000 mAh. Avant de crier au « Galaxy Ultra pour 2 jours et demi », il faut poser une règle simple : ces chiffres ne décrivent probablement pas une batterie « smartphone classique » comme on l’entend sur un flagship fin.
Pourquoi Samsung « bloque » à 5 000 mAh… et pourquoi le Si-C change la donne ?
Samsung explique publiquement pourquoi la bascule vers le silicium-carbone n’a pas encore eu lieu : l’entreprise privilégie les cellules lithium-ion « classiques » pour des raisons de sécurité, de stabilité et de durabilité, avec une prudence assumée (le traumatisme Note 7 plane encore).
Le silicium-carbone, lui, promet une chose : plus de densité énergétique à volume similaire. C’est exactement ce qui permet à des marques chinoises (et OnePlus, par exemple) d’annoncer des capacités supérieures sans épaissir radicalement le téléphone.
La fuite « 12 000/18 000/20 000 mAh » : ce que ça raconte vraiment
Les documents évoqués décrivent des prototypes multi-cellules empilées avec des contraintes d’épaisseur (ex. objectif ~9,3 mm pour une batterie de 12 000 mAh, ~12,3 mm pour 18 000 mAh) et des problèmes d’échantillons qui dépassent la cible — notamment à cause des couches d’interface thermique entre cellules.
Trois lectures possibles (et non exclusives) :
- Ce sont des batteries « format produit » mais pas pour un smartphone fin : Une batterie de 18 000 mAh à ~12,8 mm d’épaisseur (dans les tests) ressemble plus à un appareil épais qu’à un Galaxy S « Ultra » qui se bat sur l’élégance.
- Ce sont des batteries « concept » pour valider une architecture : Empiler 2 ou 3 cellules, gérer la dilatation du silicium, la dissipation thermique et le BMS (battery management) : même si l’objet final n’arrive jamais tel quel en produit, la R&D est utile.
- Le chiffre brut peut être trompeur (équivalences/modules) : On le voit déjà ailleurs : OnePlus communique une capacité « équivalente » 7 300 mAh via une architecture dual-cell en série (avec une capacité typique par cellule plus faible). Sans fiche officielle Samsung, impossible d’affirmer comment ces 12 000/18 000 sont calculés (et c’est précisément pour ça qu’il faut rester prudent).
Le point le plus crédible : Samsung travaille bien sur le silicium-carbone
Même si la fuite est à prendre avec des pincettes, le contexte la rend plausible : Samsung a reconnu publiquement être en développement sur cette techno, mais ne pas juger le niveau de maturité suffisant pour un déploiement massif.
Oublions l’idée d’un Galaxy S27 Ultra à 18 000 mAh. Le scénario crédible, c’est plutôt un saut modéré (ex. passer de 5 000 à 5 500/6 000 mAh) à épaisseur quasi égale, grâce au Si-C, une meilleure endurance perçue via l’efficacité (SoC, écran, modem) autant que la capacité brute, et éventuellement, à moyen terme, des modèles spécialisés (pliables plus épais, « Ultra battery edition », ou appareils hybrides) où Samsung peut se permettre un peu plus de volume.
Le vrai nerf de la guerre : la longévité et la sécurité
La fuite parle aussi de cycles (une batterie 20 000 mAh qui échouerait après ~960 cycles, et des objectifs autour de 1 500 cycles à 80 %). Là encore, c’est exactement le point où Samsung sera intraitable : le silicium gonfle, vieillit différemment, et demande une maîtrise industrielle béton avant d’arriver dans des dizaines de millions d’unités.
Conclusion : oui, Samsung semble préparer l’après-5 000 mAh. Mais, si le silicium-carbone arrive chez eux, ce sera probablement d’abord sous la forme d’un gain réaliste et fiable, pas d’un chiffre spectaculaire. Les « 12 000/18 000 mAh » font rêver — et servent peut-être surtout à montrer à quel point la R&D explore large.



