Le Raspberry Pi 5 a ce charme rare : un petit ordinateur abordable, étonnamment costaud, et un écosystème si vaste qu’il donne envie de monter un projet « juste pour voir ». Mais, c’est justement parce qu’il est devenu une référence qu’on oublie parfois une évidence : le Raspberry Pi n’est pas le meilleur choix pour tout.
Si votre objectif n’est pas le format « SBC + GPIO + accessoires », il existe aujourd’hui des options qui offrent plus de puissance, plus de confort, ou plus de valeur pour un budget voisin — surtout si vous êtes prêt à chasser une bonne affaire.
Les mini-PC d’occasion : le rapport perf/prix qui humilie le Pi
C’est la voie royale si vous cherchez simplement un petit ordinateur (et pas « un Pi »). Sur le marché de l’occasion, un mini-PC pro (Lenovo Tiny, HP Mini, Dell Micro…) peut coûter le prix d’un Pi 5 + quelques accessoires, tout en apportant :
- CPU x86 plus musclé (meilleur pour Plex, conteneurs, virtualisation légère)
- stockage interne plus simple (SSD SATA/NVMe selon génération)
- RAM évolutive
- souvent plus d’E/S et un boîtier déjà prêt à vivre
Idéal pour : Plex/Jellyfin, petit serveur domestique, PC de bureau basique, émulation, home lab « simple ».

Le compromis : consommation généralement plus élevée qu’un Pi, et encombrement un peu supérieur. Mais en usage serveur, le confort et la stabilité font vite oublier le romantisme du SBC.
Les clients légers : des « serveurs secrets » fanless et ultra sobres
Les clients légers ressemblent à des mini-PC, mais leur ADN est différent : ils étaient conçus pour bosser en entreprise avec un minimum de ressources… ce qui les rend parfaits pour du self-hosting léger à la maison.
Leurs atouts typiques :
- souvent fanless (silence total)
- RAM/stockage parfois upgradables
- boîtier compact, robuste, conçu pour tourner longtemps
Idéal pour : Home Assistant, petit NAS (selon modèle), services domestiques « 1 tâche = 1 boîte ».
Le piège : la compatibilité OS/driver peut varier (certains viennent avec des Windows embarqués bizarres). Mais, comme pour le Pi, Linux règle beaucoup de choses.
Les autres SBC : Orange Pi, Odroid… quand le Pi n’est pas le mieux « tunable »
Le Raspberry Pi vise large : polyvalent, standardisé, « pour tout le monde ». Les concurrents SBC, eux, ciblent parfois mieux certains besoins :
- plus de perf sur des SoC spécifiques
- parfois plus de RAM/stockage intégré
- configurations orientées NAS, multimédia, IA légère, etc.
Des familles comme Orange Pi ou Odroid peuvent offrir un mix plus intéressant selon votre usage, surtout si vous n’avez pas besoin de l’écosystème Pi « clé en main ».

Idéal pour : projets SBC où GPIO n’est pas central, ou quand vous cherchez un compromis précis (perf/prix, ports, stockage, RAM).
Le compromis : documentation et accessoires moins « universels » que le Pi, et une expérience parfois plus « bricolage Linux ».
Les vieux laptops : la flexibilité ultime (et un UPS intégré)
C’est l’alternative la plus sous-estimée. Un vieux laptop, même modeste, apporte immédiatement :
- écran + clavier + trackpad (zéro périphérique à ajouter)
- Wi-Fi, audio, parfois webcam
- batterie = mini-UPS (énorme avantage pour serveur léger/domotique)
Idéal pour : serveur maison, machine d’appoint, projets « always-on » où une coupure de courant ne doit pas tout casser.
Le point critique : l’état de la batterie. Même usée, elle peut encore suffire à encaisser une micro-coupure — mais il faut vérifier qu’elle tient un minimum ou qu’elle se remplace facilement.
Alors, quand le Raspberry Pi reste le meilleur choix ?
Le Raspberry Pi garde des avantages très concrets :
- sobriété énergétique (souvent imbattable)
- format minuscule et intégration facile
- écosystème colossal (tutos, HATs, caméras, boîtiers, distributions)
- et surtout GPIO : dès que vous touchez au monde physique (capteurs, relais, robots, domotique DIY), il redevient évident.
En clair : si votre projet ressemble à un serveur/PC, regardez d’abord mini-PC/thin client/laptop.
Si votre projet ressemble à un objet, un système embarqué, ou une plateforme « maker » avec électronique, le Pi garde une longueur d’avance.



