À force de tout confier au cloud, on a fini par oublier à quel point la magie de Google Photos tient à une seule chose : la recherche. Décrire une scène, un objet, une idée… et retrouver instantanément un souvenir.
Ugreen veut ramener cette sensation à domicile, avec une nouvelle génération de NAS « IA locale » dévoilée au CES 2026 — sauf que l’entrée se paie comme une tour premium, disques durs non inclus.
Le fait : un NAS qui promet de « comprendre » vos fichiers, sans serveur tiers
Ugreen présente deux modèles, NASync iDX6011 et iDX6011 Pro, qui misent sur une approche très 2026 : faire tourner l’IA en local pour indexer, trier et interroger vos contenus (documents, photos, vidéos) en langage naturel.
Le positionnement est clair : retrouver la fluidité du cloud… sans céder vos données à un service en ligne. Dans la pratique, Ugreen met en avant trois briques :
- Universal Search : une recherche « sémantique », où l’on décrit plutôt qu’on ne classe.
- Uliya AI Chat : un chat pour résumer des documents, générer des notes et dialoguer avec une base de connaissances « offline ».
- AI Album : reconnaissance (visages, scènes, texte, objets) et classement automatique.

Côté matériel, Ugreen ne joue pas petit bras : Intel Core Ultra, beaucoup de RAM, grosse connectique, et un plafond de stockage très ambitieux — à condition d’apporter vos disques. La capacité peut atteindre 6 baies SATA et 2 emplacements NVMe, pour un maximum avancé de 196 To (selon configuration). Pour les processeurs, on va avoir le choix iDX6011 (Core Ultra 5 125H), iDX6011 Pro (Core Ultra 7 255H). Traduction : ce n’est pas un « petit NAS familial » à la cool. C’est une boîte de stockage + calcul qui assume d’être une plateforme.
Les prix annoncés sont : 1 699 dollars pour 32 Go, 1 999 dollars (64 Go), et 2 599 dollars (Pro 64 Go).
L’analyse : l’IA locale, oui… mais la vraie question, c’est l’expérience
Sur le papier, l’équation est séduisante : indexation intelligente + confidentialité + pas d’abonnement obligatoire. Et, Ugreen appuie sur un vrai irritant moderne : on veut la puissance du cloud, sans la facture — ni la dépossession.
Mais la promesse se jouera sur trois zones grises :
- La qualité de l’IA : une recherche « conceptuelle » n’est utile que si elle est fiable, rapide, et stable dans le temps (mises à jour, modèles, dérives, biais de classement). Ugreen promet beaucoup ; les tests réels diront si c’est du « Google Photos local » ou un moteur de démo.
- Le coût total : à 1 699–2 599 dollars sans disques, on additionne vite plusieurs centaines (voire milliers) d’euros selon la capacité et le niveau de redondance (RAID). Le NAS « libérateur » peut aussi devenir un luxe d’initié.
- La philosophie sécurité : « local » ne veut pas dire « sans risque ». Le NAS redevient un point central à protéger (mots de passe, mises à jour, accès distant), et il ne remplace pas une stratégie de sauvegarde. Autrement dit : l’IA peut classer vos souvenirs, mais elle ne les ressuscitera pas après un mauvais scénario.

Ugreen veut devenir une marque-écosystème
Ce lancement s’inscrit dans un mouvement plus large : le retour de la maison intelligente, où les marques veulent tout relier — stockage, sécurité, périphériques. Ugreen, justement, arrive aussi au CES 2026 avec une nouvelle gamme de caméras « IA » (SynCare), signe qu’elle vise une empreinte plus globale dans la maison connectée.
En filigrane, on voit une tendance : l’IA n’est plus seulement une fonction, c’est une couche d’interface au-dessus de nos données. La bataille ne se fera pas uniquement sur les téraoctets, mais sur la capacité à transformer un disque dur en mémoire utilisable — searchable, résumable, partageable.
Et là, Ugreen a choisi un angle frontal : mettre un cerveau dans le NAS.



