Garmin vient de franchir une étape que beaucoup attendaient… et que d’autres redoutaient : le suivi nutritionnel natif arrive dans Garmin Connect, mais réservé aux abonnés Garmin Connect+.
Dans un marché où l’entraînement se pilote de plus en plus « à 360° », la marque veut relier l’assiette, le sommeil et la charge de travail — au prix d’un nouveau débat sur la valeur d’un service payant.
Une évolution logique… dans une stratégie déjà controversée
Garmin Connect+ n’est pas né hier : l’abonnement a été lancé en 2025 avec Active Intelligence, une couche d’analyses « IA » au-dessus des données santé/fitness.
Le positionnement est clair : les fonctionnalités historiques restent gratuites, mais les nouveautés les plus « premium » migrent peu à peu dans la formule payante.
Avec la nutrition, Garmin touche à un pilier central de l’écosystème fitness — et c’est précisément pour ça que l’annonce fait réagir : c’est probablement l’ajout le plus structurant depuis le lancement de Connect+.
Ce que permet la nouvelle fonction Nutrition dans Garmin Connect
Garmin promet un suivi simple, mais assez complet pour rivaliser avec les applis dédiées :
- Suivi des calories et des macros (protéines, lipides, glucides)
- Base de données alimentaire « globale » (produits, restaurants, options régionales), avec scan code-barres et capture via la caméra du smartphone
- Rapports (quotidiens, hebdos, mensuels, annuels) + recommandations personnalisées sur calories et macros
- Insights Active Intelligence pour relier nutrition et métriques (ex. corrélation entre « late-night eating » et qualité de sommeil)
Sur les montres compatibles, Garmin met en avant un accès « poignet » : aperçu rapide, aliments favoris/récents, et parfois commandes vocales.
Un détail qui compte : Garmin permet aussi de créer des repas/entrées personnalisées (pratique pour les routines type petit-déj/café).
Le point technique (et pratique) à surveiller : l’effet « remplacement » de MyFitnessPal
Depuis des années, beaucoup d’utilisateurs Garmin passaient par MyFitnessPal pour la nutrition, avec synchro dans Connect. Cette intégration continue d’exister, mais l’arrivée de Nutrition dans Connect+ change l’équilibre.
Selon les premiers retours détaillés, activer la nutrition Garmin peut désactiver l’intégration MyFitnessPal côté compte, ce qui peut aussi impacter certains partages de données (exercices, balances connectées « via MFP », etc.).
Autre détail très « terrain » : la base code-barres dépend du pays sélectionné pour le scan — un paramètre crucial pour les voyageurs (ou les expatriés).
Analyse : Garmin vend une promesse « holistique »… mais fait payer l’entrée
Sur le fond, Garmin joue une carte cohérente : la valeur d’un écosystème, c’est la capacité à relier les points. L’entraînement (charge, VO2, récupération), le sommeil, la variabilité HRV… et maintenant la nutrition, dans une même timeline. Et Active Intelligence devient le ciment : moins une fonction « gadget », plus une tentative d’interprétation automatisée du quotidien.
Mais sur la forme, le mouvement ranime une tension : Garmin vend des montres premium, et une partie de sa base accepte mal l’idée de payer encore pour des fonctionnalités jugées « fondamentales ». Cette fronde était déjà visible lors du lancement de Connect+, et la nutrition risque d’en être le test grandeur nature.
Côté prix, Connect+ est annoncé à 6,99 euros/mois ou 69,99 euros/an, avec un essai gratuit. Garmin peut d’ailleurs se défendre facilement : la nutrition « premium » (scan, bases étendues, analyses) est souvent payante chez les spécialistes, et l’intégration native + insights croisés est un argument réel — à condition que la base alimentaire soit solide et que l’expérience de saisie reste fluide au quotidien.



