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Intelligence Artificielle

Anthropic veut créer ses propres médicaments grâce à l’IA : Claude Science marque un tournant

Anthropic veut créer ses propres médicaments grâce à l’IA : Claude Science marque un tournant
Anthropic veut créer ses propres médicaments grâce à l’IA : Claude Science marque un tournant

Anthropic ne veut plus se limiter à développer des modèles d’intelligence artificielle. Après avoir conquis les développeurs avec Claude et ses outils de programmation, l’entreprise américaine affiche désormais une ambition bien plus grande : accélérer la découverte de nouveaux médicaments… et en développer elle-même.

Lors de son événement « The Briefing: AI for Science », Anthropic a présenté Claude Science, une nouvelle plateforme destinée aux chercheurs, tout en annonçant son intention de s’impliquer directement dans la recherche pharmaceutique.

Une stratégie qui pourrait profondément transformer la manière dont les traitements de demain seront conçus.

Claude Science : un laboratoire alimenté par l’intelligence artificielle

Avec Claude Science, Anthropic souhaite proposer un véritable atelier de travail dédié aux scientifiques. L’objectif est de réunir, au sein d’une seule interface, des outils de recherche, des bases de données scientifiques et des fonctionnalités d’analyse souvent dispersées entre plusieurs logiciels.

Grâce à l’intelligence artificielle, les chercheurs peuvent notamment :

  • analyser rapidement de grandes quantités de données scientifiques
  • générer automatiquement des graphiques et des visualisations
  • explorer des publications de recherche
  • identifier des corrélations difficiles à repérer manuellement
  • accélérer certaines étapes de la découverte de nouvelles molécules

Selon Anthropic, cette approche pourrait réduire considérablement le temps nécessaire au développement de nouvelles thérapies.

Anthropic veut désormais découvrir ses propres médicaments

L’annonce la plus marquante de l’événement concerne toutefois les ambitions de l’entreprise. Eric Kauderer-Abrams, responsable du département Life Sciences chez Anthropic, a confirmé que la société ne souhaite plus seulement vendre des outils aux laboratoires pharmaceutiques.

Elle envisage désormais de concevoir ses propres traitements, en ciblant dans un premier temps des maladies négligées, c’est-à-dire des pathologies recevant peu d’investissements malgré leurs conséquences sanitaires.

Cependant, pour le moment, Anthropic n’a communiqué aucun détail concret. L’entreprise n’a pas précisé quelles maladies seront concernées, si elle mènera elle-même les essais cliniques, si elle collaborera avec des laboratoires pharmaceutiques, ni comment elle envisage la fabrication de futurs médicaments.

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L’IA est déjà omniprésente dans la recherche médicale

Même si cette annonce peut sembler révolutionnaire, l’intelligence artificielle est déjà largement utilisée dans l’industrie pharmaceutique. Selon plusieurs chercheurs, l’expression « découverte de médicaments par IA » recouvre aujourd’hui une multitude d’applications.

L’IA intervient déjà à presque toutes les étapes du développement d’un traitement :

  • identification de nouvelles cibles thérapeutiques
  • conception de nouvelles molécules
  • optimisation de composés existants
  • analyse de données biologiques
  • assistance aux essais cliniques
  • amélioration des procédés de fabrication

De grands groupes comme AstraZeneca, Novo Nordisk, GSK ou encore Pfizer investissent massivement dans ces technologies depuis plusieurs années.

Une IA ne remplace toujours pas les expériences en laboratoire

Malgré les progrès impressionnants des modèles génératifs, les spécialistes restent prudents. Matthew Todd, professeur à l’University College London, rappelle que l’intelligence artificielle est aujourd’hui un formidable accélérateur de recherche, mais qu’elle est encore très loin de pouvoir développer un médicament de manière totalement autonome.

Chaque candidat médicament doit toujours passer par une longue série de validations :

  • tests cellulaires
  • expérimentations animales
  • essais cliniques sur l’être humain
  • contrôles de toxicité
  • vérifications réglementaires.

Ces étapes restent incontournables et prennent souvent plus de dix ans. Mais, les modèles d’IA n’ont pas encore rendu les expériences inutiles. Autrement dit, l’intelligence artificielle peut suggérer de meilleures pistes, mais elle ne remplace pas les années de recherche nécessaires avant la commercialisation d’un traitement.

Anthropic recrute déjà des biologistes

Les ambitions d’Anthropic ne semblent pas se limiter aux annonces. Depuis plusieurs mois, l’entreprise recrute activement des chercheurs en biologie, des spécialistes de la chimie médicinale et des experts issus de grandes entreprises pharmaceutiques. Plusieurs observateurs indiquent également que la société construit ses propres laboratoires expérimentaux (« wet labs »), preuve qu’elle souhaite développer une véritable expertise interne.

Cette stratégie rappelle celle de Google DeepMind avec Isomorphic Labs, ou encore des entreprises spécialisées comme Insilico Medicine, qui utilisent déjà l’IA pour accélérer la découverte de nouvelles molécules.

Une concurrence de plus en plus intense

Anthropic arrive sur un marché où les géants de la tech investissent massivement. OpenAI, Google, Amazon ou Microsoft développent eux aussi des plateformes destinées aux chercheurs et aux laboratoires.

La différence est qu’Anthropic affiche désormais une ambition beaucoup plus directe : ne plus seulement fournir des outils, mais devenir un acteur de la recherche pharmaceutique.

Cette position est particulièrement originale, puisque l’entreprise pourrait demain vendre sa plateforme Claude Science à des laboratoires… tout en développant ses propres traitements potentiellement concurrents.

Une révolution prometteuse… mais encore lointaine

L’intelligence artificielle transforme déjà profondément la recherche biomédicale, notamment en réduisant le temps nécessaire pour analyser des millions de données scientifiques ou identifier de nouvelles pistes thérapeutiques.

Cependant, le chemin entre une molécule prometteuse générée par une IA et un médicament disponible en pharmacie reste extrêmement long.

Aucun traitement conçu principalement grâce à une IA n’a encore obtenu toutes les autorisations nécessaires pour être commercialisé à grande échelle.

Avec Claude Science et ses nouvelles ambitions, Anthropic montre néanmoins que la prochaine bataille de l’intelligence artificielle ne se jouera peut-être plus seulement dans le développement logiciel, mais également dans les laboratoires où seront conçus les médicaments de demain.

Tags : AnthropicClaudeClaude Science
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.