Après OpenAI, Anthropic pourrait à son tour se lancer dans la conception de puces dédiées à l’intelligence artificielle. Selon un nouveau rapport publié par The Information, la société serait actuellement en discussion avec Samsung afin d’étudier un éventuel partenariat autour d’un futur processeur IA développé en interne.
Aucun accord n’a toutefois été officialisé à ce stade, et de nombreuses questions restent encore sans réponse.
Un projet déjà évoqué au printemps
L’idée n’est pas totalement nouvelle. En avril dernier, Reuters révélait que Anthropic envisageait déjà de développer ses propres puces afin de réduire sa dépendance aux fabricants actuels et de faire face aux tensions persistantes sur le marché des semi-conducteurs destinés à l’IA.
Quelques mois plus tard, ce projet semble prendre de l’ampleur.
D’après The Information, Anthropic aurait entamé des discussions avec Samsung pour explorer une éventuelle collaboration autour de cette future puce.
Un projet encore à un stade très préliminaire
Le rapport précise néanmoins que le développement n’en est qu’à ses débuts. Anthropic n’aurait pas encore arrêté plusieurs éléments essentiels, notamment la fonction exacte de cette future puce, son niveau de performances, son intégration au sein des serveurs de calcul et son architecture technique.
Autrement dit, le constructeur serait encore en phase de réflexion avant le lancement d’un véritable programme industriel.
Anthropic reste prudent
Interrogée par TechCrunch, Anthropic n’a pas confirmé le partenariat évoqué avec Samsung. L’entreprise rappelle simplement que sa stratégie informatique repose aujourd’hui sur un écosystème diversifié intégrant plusieurs fournisseurs majeurs, parmi lesquels NVIDIA, Google et Amazon.
Concernant les discussions avec Samsung, Anthropic s’est refusée à tout commentaire supplémentaire.
De plus en plus d’acteurs développent leurs propres puces IA
Cette stratégie devient progressivement une tendance de fond dans le secteur de l’intelligence artificielle. L’objectif est double :
- réduire la dépendance envers NVIDIA, qui domine largement le marché des accélérateurs IA
- concevoir des processeurs optimisés pour les besoins spécifiques de chaque entreprise
Les modèles d’intelligence artificielle nécessitent des infrastructures de calcul toujours plus importantes, ce qui pousse les principaux acteurs à investir directement dans leur propre matériel.
OpenAI a récemment dévoilé sa propre puce
Cette rumeur intervient quelques jours seulement après une annonce importante d’OpenAI. L’entreprise dirigée par Sam Altman a confirmé travailler avec Broadcom sur une puce d’inférence baptisée Jalapeño. Selon OpenAI, ce processeur offrirait une meilleure efficacité énergétique ainsi qu’un meilleur rapport performances par watt que plusieurs solutions concurrentes.
De leur côté, Google et Amazon disposent déjà de leurs propres accélérateurs IA, utilisés notamment au sein de leurs plateformes cloud avec les célèbres TPU (Tensor Processing Units).
Si ce partenariat venait à se concrétiser, Samsung constituerait un choix logique. Le groupe sud-coréen occupe déjà une place majeure dans l’écosystème des semi-conducteurs destinés à l’intelligence artificielle. Il fabrique notamment plusieurs composants utilisés par NVIDIA, tandis que ce dernier fournit à Samsung différents outils logiciels nécessaires à la conception et à la production de nouvelles générations de puces.
Les deux entreprises collaborent également sur plusieurs projets liés à l’intelligence artificielle en Corée du Sud. Samsung aurait par ailleurs engagé des discussions avec Google autour de futurs projets de fabrication de puces.
La bataille du matériel IA s’intensifie
L’arrivée potentielle d’Anthropic sur le marché des semi-conducteurs illustre une évolution majeure de l’industrie. Après avoir concentré leurs efforts sur les modèles d’intelligence artificielle, les principaux laboratoires cherchent désormais à maîtriser également leur infrastructure matérielle.
Cette intégration verticale pourrait leur permettre de réduire leurs coûts, d’optimiser leurs modèles et de limiter leur dépendance envers NVIDIA, dont les GPU restent aujourd’hui incontournables pour l’entraînement et l’exécution des IA les plus avancées.
Pour l’instant, Anthropic n’a toutefois officialisé aucun projet de puce propriétaire. Les discussions avec Samsung restent donc à considérer comme des informations non confirmées, même si elles témoignent de l’accélération de la course aux semi-conducteurs dans le secteur de l’intelligence artificielle.



