Xiaomi ne veut plus être seulement identifié à ses smartphones, ses objets connectés ou ses voitures électriques. Avec MiMo-V2.5, le groupe chinois pousse plus loin son offensive dans l’intelligence artificielle, en publiant une nouvelle famille de modèles open source sous licence MIT, donc exploitable commercialement, entraînable et ajustable sans autorisation supplémentaire.
MiMo-V2.5 and MiMo-V2.5-Pro : Deux modèles, deux ambitions
La gamme se structure autour de deux approches. MiMo-V2.5 est un modèle omnimodal natif, capable de traiter texte, image, vidéo et audio dans une architecture unifiée. Il repose sur 310 milliards de paramètres, dont 15 milliards actifs, avec une fenêtre de contexte pouvant atteindre 1 million de tokens.
Face à lui, MiMo-V2.5-Pro vise les usages les plus exigeants : agents autonomes, développement logiciel, raisonnement long et tâches complexes. Ce modèle MoE grimpe à 1,02 billion de paramètres, dont 42 milliards actifs, tout en conservant lui aussi un contexte de 1 million de tokens.

Une architecture pensée pour l’efficacité
Xiaomi mise sur une architecture Sparse Mixture-of-Experts, combinée à une attention hybride mêlant Sliding Window Attention et Global Attention. L’objectif est clair : réduire les coûts d’inférence tout en maintenant la cohérence sur de très longues séquences.
MiMo-V2.5-Pro revendique notamment une réduction d’environ 7 fois du KV-cache, ainsi qu’un système de Multi-Token Prediction destiné à accélérer la génération. Le modèle est aussi optimisé pour des enchaînements complexes, avec la capacité annoncée de soutenir des milliers d’appels d’outils dans une même tâche.
L’open source comme levier stratégique

Le choix de la licence MIT est central. Il place MiMo-V2.5 dans une dynamique très différente des modèles fermés : entreprises, chercheurs et développeurs peuvent l’adapter, le réentraîner ou l’intégrer dans des produits commerciaux.
Les modèles sont disponibles via Hugging Face avec leurs poids, tokenizers et model cards, et prennent en charge des frameworks comme SGLang et vLLM pour les déploiements longue fenêtre.
Xiaomi change de dimension dans l’IA
Cette publication confirme une tendance de fond : les géants du hardware veulent contrôler bien plus que les appareils. Xiaomi construit progressivement une pile IA capable d’alimenter son écosystème « smartphone, voiture, maison connectée », mais aussi de séduire les développeurs au-delà de ses propres produits.
Avec MiMo-V2.5, l’entreprise ne cherche pas seulement à montrer sa puissance technique. Elle tente de s’imposer dans la bataille des modèles ouverts, là où se joue une partie essentielle de l’innovation IA : l’appropriation par les communautés, les startups et les infrastructures cloud.
La question n’est donc plus seulement de savoir si Xiaomi peut fabriquer de bons appareils. Elle devient plus ambitieuse : peut-il aussi fournir l’intelligence qui les fera agir ?



