La tempête qui secoue le marché du hardware commence à se traduire concrètement pour les consommateurs. ASUS envisagerait une hausse des prix de ses PC pouvant atteindre 25 à 30 % dès le deuxième trimestre 2026.
Une décision radicale, symptomatique d’un secteur sous tension, où les équilibres économiques vacillent sous la pression de l’IA et des pénuries de composants.
ASUS : Une hausse brutale, révélatrice d’un changement de cycle
Une augmentation de cette ampleur est rare dans l’industrie PC. Elle traduit moins une stratégie commerciale qu’une contrainte structurelle : les coûts explosent, et les marges s’érodent.
Selon les premières indications, cette hausse débuterait à Taïwan avant de s’étendre progressivement à d’autres marchés. Un schéma classique, mais qui laisse peu de doute sur une future répercussion globale.
En filigrane, c’est tout un modèle économique qui vacille : celui d’un PC accessible, renouvelé régulièrement, avec des prix relativement stables.
La mémoire au cœur de la crise
Le principal déclencheur ? La flambée des composants, et en particulier de la mémoire. Le marché de la DRAM traverse une phase critique, avec des prix en forte hausse et une disponibilité en chute.
Ce phénomène n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une reconfiguration plus large de l’industrie des semi-conducteurs, où la priorité bascule vers les infrastructures IA. Les centres de données absorbent désormais une part croissante des ressources, notamment en mémoire haute performance, au détriment de l’électronique grand public.
Résultat : RAM, SSD, CPU et GPU deviennent plus coûteux et plus difficiles à sécuriser pour les fabricants de PC.
Une réaction en chaîne dans toute l’industrie
ASUS n’est probablement que le premier domino. Des acteurs comme Acer, Dell ou Lenovo pourraient suivre avec des ajustements similaires.
Ce mouvement pourrait transformer en profondeur le marché :
- Les PC d’entrée de gamme deviennent moins rentables
- Les configurations premium prennent le dessus
- Les cycles de renouvellement pourraient ralentir
Autrement dit, le PC pourrait progressivement redevenir un investissement plus lourd, et moins impulsif.
Un timing critique pour les consommateurs
Pour les acheteurs, la fenêtre est étroite. Les stocks actuels — encore basés sur des composants moins chers — pourraient rapidement disparaître. Une fois écoulés, les nouveaux modèles intégreront mécaniquement les hausses de coûts.
L’impact sera particulièrement visible sur les PC gaming, les stations de travail et les laptops à hautes performances. Des marchés où le poids des composants est déterminant dans le prix final.
L’IA redéfinit l’économie du hardware
Cette situation dépasse largement ASUS. Elle révèle un basculement profond : l’industrie du hardware est en train de se réorganiser autour de l’IA. Les ressources ne sont plus allouées en priorité aux consommateurs, mais aux infrastructures capables de générer de la valeur à grande échelle — data centers, cloud, modèles d’IA. Le PC devient, dans cette équation, un produit secondaire.
À court terme, cela signifie des prix plus élevés. À moyen terme, cela pourrait redessiner toute la hiérarchie des produits, avec moins de modèles d’entrée de gamme, plus de segmentation premium et une innovation concentrée sur des usages professionnels et IA.
Vers une nouvelle normalité
Si les prévisions se confirment, 2026 pourrait marquer la fin d’une période de stabilité tarifaire qui aura duré plus d’une décennie. Le PC ne disparaît pas — il change de statut. Moins accessible, plus stratégique, plus dépendant des tensions globales.
Et dans ce nouvel équilibre, acheter un ordinateur pourrait bientôt ressembler à un choix réfléchi… plutôt qu’à une simple mise à niveau.



