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Intelligence Artificielle

Google Project Genie : L’IA qui génère des mondes jouables en temps réel est là

Google Project Genie : L'IA qui génère des mondes jouables en temps réel est là
Google Project Genie : L'IA qui génère des mondes jouables en temps réel est là

Après les chatbots, l’IA veut construire des espaces. Google commence à déployer Project Genie, un prototype hébergé dans Google Labs qui permet de créer, explorer et remixer des « mondes » interactifs générés en temps réel.

L’idée : passer du contenu généré (texte, image, vidéo) à une expérience navigable, où l’environnement se fabrique à mesure que vous avancez.

Google Project Genie : un prototype de « world model » dans Google Labs

Project Genie s’appuie sur Genie 3, le « world model » de Google DeepMind présenté en 2025 : un modèle censé simuler un environnement cohérent et réagir à vos actions (déplacements, orientation, interactions) au fil du temps. Contrairement à un moteur 3D classique où tout est pré-calculé, ici le monde est généré en continu — vous ne « chargez » pas une map, vous la faites émerger.

Google le positionne comme un outil de création immersive (fiction, animation, prototypage) mais aussi comme une brique de recherche utile pour des domaines qui ont besoin de simulation (robotique, agents).

Comment ça marche : esquisse → exploration → remix ?

Le flux est pensé pour donner l’illusion du « facile » :

  • World sketching : vous décrivez un univers (texte) et/ou vous partez d’une image (upload ou génération). Project Genie produit une image de prévisualisation pour cadrer l’esthétique avant de « rentrer » dans le monde — un passage boosté par Nano Banana Pro.

  • World exploration : vous naviguez ensuite dans l’environnement pendant que Genie 3 génère le couloir devant vous en temps réel.
  • World remixing : vous reprenez un monde existant, vous réécrivez le prompt, vous bifurquez — une logique très « remix culture », appliquée à des espaces interactifs.

Les limites (et elles comptent) : 60 secondes, 720p, latence

Google insiste : c’est un prototype de recherche. Et ça se voit. Plusieurs retours concordent sur des contraintes assez strictes : sessions limitées à 60 secondes, rendu autour de 720p, fréquence d’images évoquée à ~20–24 fps, et une latence qui peut rendre l’exploration plus « démo technique » que « jeu jouable ».

Ces contraintes ne sont pas anecdotiques : elles disent quelque chose de la réalité physique du produit. Les « mondes générés en temps réel » coûtent cher en calcul, et Google préfère clairement cadrer l’expérience plutôt que de promettre un univers persistant illimité — pour l’instant.

L’IA passe du « répondre » au « faire exister »

Ce lancement a une portée bien plus large qu’un simple gadget Labs. Pour la création, Project Genie esquisse un futur où l’on ne génère plus une image d’ambiance ou un plan vidéo, mais un lieu navigable — parfait pour prévisualiser une scène, prototyper un niveau, ou explorer une idée narrative sans pipeline 3D.

Pour le jeu vidéo, l’industrie commence à regarder ces « world models » comme un potentiel accélérateur — pas forcément pour remplacer les studios, mais pour compresser certaines étapes (itérations, blockouts, tests d’ambiance).

Pour les agents et la robotique, l’intérêt est encore plus fondamental : un « monde » simulé permet d’entraîner des comportements, tester des stratégies, apprendre par exploration dans un environnement généré. C’est une vieille promesse de l’IA… qui retrouve une matérialité.

L’autre sujet : droits, ressemblances, et garde-fous

Dès les premiers essais, des observateurs ont noté des mondes « qui font penser à » des univers existants, avec des questions évidentes autour du style, des références, et des limites imposées par le produit. Autrement dit : si vous permettez de fabriquer des espaces à la demande, vous ouvrez aussi la porte au débat sur ce qui est « inspiré » versus « copié ».

Pour l’instant, l’accès démarre aux États-Unis, pour les abonnés Google AI Ultra (18+), avec une extension progressive à d’autres régions annoncée — un déploiement typique des projets Labs : tester vite, écouter, itérer.

Tags : GoogleProject Genie
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.