Lors de l’IFA 2026, DJI renouvelle son robot aspirateur avec la série Romo 2, déclinée en deux versions, Romo P2 et Romo A2. Cette deuxième génération promet davantage de puissance, une navigation plus fine, une meilleure capacité à franchir les seuils et un fonctionnement nettement plus silencieux.
Mais, l’évolution la plus importante n’est probablement pas mécanique. Après les graves failles de sécurité qui avaient terni le lancement du premier Romo, DJI introduit un Local Data Mode capable de couper l’application DJI Home d’Internet et de limiter les échanges de données. Sur un robot équipé de caméras et de microphones, cette fonction pourrait devenir bien plus décisive que les 36 000 Pa annoncés.
Deux modèles, avec une philosophie matérielle très proche
La gamme Romo 2 comprend deux appareils : le Romo P2, reconnaissable à son design transparent, et le Romo A2, qui adopte une coque opaque plus traditionnelle. DJI ne semble pas chercher à séparer radicalement leurs capacités de nettoyage, mais plutôt à proposer deux interprétations esthétiques de la même plateforme.

Les deux modèles profitent d’une navigation revue, avec une détection annoncée d’obstacles pouvant descendre jusqu’à 2 mm. DJI affirme également que le système est désormais capable de mieux percevoir des objets transparents, comme le verre ou certains miroirs, un terrain historiquement délicat pour les capteurs optiques.
La marque évoque en parallèle un mécanisme de « raisonnement de type humain » et de transfert de concepts. Derrière cette formule, l’idée serait que le robot puisse apprendre de catégories d’obstacles déjà rencontrées pour mieux interpréter ensuite des objets nouveaux, mais similaires. Il faudra évidemment voir ce que cette promesse change réellement dans une maison encombrée, où câbles, pieds de meubles et petits objets restent les véritables tests de navigation.
Le Romo 2 peut franchir des seuils beaucoup plus hauts
DJI améliore aussi fortement la mobilité du robot avec deux petits mécanismes situés sous le châssis. Ceux-ci lui permettent de se soulever pour franchir des obstacles qu’un robot aspirateur classique pourrait considérer comme infranchissables.

Le constructeur annonce jusqu’à 4 cm de hauteur sur une marche unique, et environ le double lorsqu’il s’agit de deux petites marches successives. Cela ne transformera évidemment pas le Romo 2 en robot capable de monter un escalier, mais cette capacité peut faire une vraie différence dans les logements comportant des seuils épais, des rails de portes coulissantes ou de petites différences de niveau entre deux pièces.
Le marché des robots aspirateurs s’intéresse de plus en plus à cette question. Une machine peut disposer d’une cartographie excellente et d’une aspiration très élevée ; si elle reste bloquée devant un seuil de quelques centimètres, l’autonomie promise disparaît immédiatement.
Jusqu’à 36 000 Pa sur les tapis

Le Romo 2 poursuit également la course à la puissance d’aspiration avec un maximum annoncé de 36 000 Pa sur les tapis. Ce chiffre place DJI parmi les fabricants les plus agressifs sur la fiche technique, mais comme toujours, la pression maximale ne raconte qu’une partie de l’histoire. La conception de la brosse, l’étanchéité du canal d’aspiration et la manière dont le robot ajuste sa puissance selon les surfaces auront autant d’importance dans les performances réelles.
DJI allonge aussi les bras dédiés aux brosses et aux serpillières afin qu’ils puissent atteindre plus facilement les plinthes, les coins et certaines zones sous le mobilier. Ce type d’extension est devenu essentiel sur les modèles haut de gamme, qui cherchent désormais à réduire la bande non nettoyée le long des murs plutôt qu’à simplement couvrir le centre des pièces.

L’objectif est clair : rendre le nettoyage plus complet sans imposer un second passage manuel autour des meubles.
DJI annonce une réduction majeure du bruit

Le constructeur affirme également que le Romo 2 est 85 % moins bruyant que son prédécesseur. Cette formulation devra être précisée dans les tests, car une réduction en pourcentage du « volume » peut correspondre à différentes méthodes de mesure et ne se traduit pas directement par une impression sonore proportionnelle pour l’utilisateur.
L’amélioration reste néanmoins pertinente. Les robots aspirateurs gagnent en puissance, mais sont aussi de plus en plus utilisés pendant que les occupants restent à domicile, notamment avec le télétravail. Une machine plus discrète peut donc être plus agréable au quotidien qu’un simple gain supplémentaire en aspiration.
Sur un produit censé fonctionner de façon autonome, le confort acoustique compte presque autant que la capacité à nettoyer.
Le premier Romo avait surtout échoué sur la sécurité

Cependant, cette nouvelle génération arrive avec un passif particulièrement lourd. Le premier Romo proposait déjà une fiche technique ambitieuse, mais des failles de sécurité avaient permis d’accéder à des milliers de robots dans le monde. Les vulnérabilités pouvaient exposer des données particulièrement sensibles, notamment les plans des logements, les flux issus des caméras et microphones, ainsi que certaines fonctions de contrôle à distance.
DJI avait corrigé les problèmes, mais la question dépassait alors la simple existence d’un patch.
Un robot de sécurité domestique ou de nettoyage équipé de capteurs visuels pénètre dans des espaces extrêmement privés. Une faille touchant ce type de produit remet donc directement en cause la confiance accordée à toute la plateforme.
Le Romo 2 doit ainsi accomplir quelque chose de plus difficile qu’une amélioration matérielle : convaincre que DJI a réellement tiré les conséquences du premier incident.
Local Data Mode coupe la connexion Internet de l’application
La réponse la plus concrète est le nouveau Local Data Mode. Lorsqu’il est activé, ce mode coupe la connexion Internet de l’application DJI Home, empêchant notamment la synchronisation de photos ou de flux caméra vers des services distants. DJI présente cette approche comme un nouveau standard potentiel pour la robotique domestique.
L’utilisateur pourra également désactiver complètement la caméra et le microphone du robot, ainsi que supprimer les données déjà stockées.
Cette logique est intéressante parce qu’elle ne repose pas uniquement sur une promesse de chiffrement ou de sécurisation du cloud. Elle permet de réduire directement la surface d’exposition en supprimant le besoin de connexion externe pour certains usages.
Sur un appareil qui cartographie les pièces et observe son environnement en continu, cette capacité peut devenir un argument décisif.
La confidentialité devient une fonction produit à part entière

DJI prévoit de déployer Local Data Mode sur les Romo 2 au cours du quatrième trimestre 2026, puis souhaite l’étendre aux modèles Romo de première génération. Ce calendrier mérite d’être relevé : la fonction ne sera donc pas nécessairement disponible dès le premier jour de commercialisation.
Mais, son existence montre un changement important dans la manière dont les fabricants abordent la maison connectée. Pendant longtemps, la confidentialité était traitée dans les conditions d’utilisation ou la documentation technique. Elle devient désormais une fonctionnalité visible, que l’utilisateur peut activer directement.
Cela rejoint une tendance plus large vers le traitement local, observée chez plusieurs fabricants de caméras, hubs intelligents et systèmes domotiques. Plus les appareils domestiques deviennent capables de voir, écouter et analyser leur environnement, plus la possibilité de fonctionner sans cloud prend de la valeur.
Le défi sera de rendre le mode local réellement complet
La présence d’un mode local ne suffit toutefois pas à garantir une confidentialité absolue. Il faudra comprendre quelles fonctions restent disponibles lorsqu’Internet est coupé, quelles données sont conservées localement, comment elles sont protégées et si certaines opérations nécessitent encore ponctuellement une connexion externe.
La transparence de DJI sera donc aussi importante que la fonction elle-même.
Après les problèmes du premier Romo, les utilisateurs les plus sensibles à la confidentialité ne se contenteront probablement pas d’une formulation générale. Ils voudront savoir précisément quels flux sont bloqués et quelles capacités continuent à fonctionner hors ligne.
C’est là que DJI pourra réellement transformer son erreur passée en avantage concurrentiel : en proposant un niveau de contrôle plus explicite que celui de ses rivaux.
Un tarif encore premium

La série DJI ROMO 2 sera disponible à la commande sur store.dji.com et auprès des revendeurs agréés à partir de septembre, dans les configurations suivantes
- Bundle Clean More DJI ROMO — à partir de 1 349 euros
- DJI ROMO P2 (version avec réservoir d’eau) — à partir de 1 299 euros
- DJI ROMO A2 (version avec réservoir d’eau) – à partir de 1 199 euros
Le Romo 2 a d’ailleurs été présenté à l’IFA aux côtés de la nouvelle Osmo 360 II
DJI joue désormais autant sa réputation que sa technologie
Sur le plan matériel, le Romo 2 semble suivre la direction naturelle du marché : davantage de puissance, meilleure détection, bras plus longs, franchissement supérieur et réduction du bruit. Pris ensemble, ces progrès peuvent rendre le robot nettement plus autonome dans des logements complexes.
Mais, ce n’est pas là que se situe son véritable enjeu. Le premier Romo a rappelé qu’un robot domestique moderne n’est plus seulement un aspirateur. Il s’agit aussi d’une plateforme mobile équipée de caméras, de microphones, de cartographie et d’une connexion permanente au réseau.
Dans ce contexte, une faille de sécurité peut annuler instantanément tous les bénéfices d’une excellente fiche technique.
Avec Local Data Mode, DJI semble avoir compris que la confiance doit désormais être conçue comme une fonction du produit, au même titre que l’aspiration ou la navigation. Si ce mode tient réellement ses promesses, le Romo 2 pourrait permettre à la marque de transformer une faiblesse majeure en argument différenciant.
La bataille des robots aspirateurs ne se joue donc plus seulement sur celui qui nettoie le mieux. Elle se joue aussi sur celui que l’on accepte de laisser circuler, observer et cartographier son domicile en toute confiance.



