Pendant des années, Google Home a eu un paradoxe frustrant : une plateforme puissante, mais incapable de gérer proprement l’un des contrôles les plus simples — un bouton. Alors que HomeKit, Alexa, SmartThings ou Home Assistant ont depuis longtemps compris la valeur d’un « clic » physique, Google laissait ce cas d’usage au bord de la route… jusqu’à maintenant.
La nouveauté est claire : Google Home ajoute enfin un déclencheur d’automatisation basé sur l’action d’un interrupteur ou d’un bouton (« Switch or button pressed »). Concrètement, on peut créer des routines sur appui simple, multi-pressions, appui long et relâchement d’appui long — de quoi couvrir les scénarios du quotidien sans sortir le smartphone.
Et, Google ne s’arrête pas là : la même mise à jour apporte aussi des déclencheurs autour de la station d’accueil des robots aspirateurs, des seuils d’humidité, ainsi que de nouveaux signaux liés à l’état de batterie ou des capteurs « binaire » (ouvert/fermé, fuite/pas fuite, etc.).
Pourquoi maintenant ? L’« effet Ikea » et le retour du hardware à 6 €
Difficile de ne pas relier ce virage à la démocratisation des accessoires Matter-over-Thread, et notamment à l’arrivée de boutons ultras abordables chez IKEA. Le bouton/télécommande BILRESA (standard Matter) est précisément le genre de produit qui transforme un usage « geek » en réflexe grand public : une pression, une action, sans friction.
Autrement dit : quand le bouton devient moins cher qu’un café, l’absence de support côté plateforme n’est plus une bizarrerie — c’est un frein commercial.
Ce changement raconte quelque chose de plus large : la maison connectée se joue de moins en moins sur « quel écosystème a le plus d’objets », et de plus en plus sur qui maîtrise l’interface. Les boutons sont l’anti-IA par excellence : immédiats, prévisibles, non ambigus. Ils sont aussi une réponse à la fatigue « toute voix/toute app » : le geste est plus rapide que la commande vocale, et plus fiable que l’automatisation contextuelle.
Même la promesse d’une maison « agentique » (des assistants qui agissent pour vous) finit par retomber sur une vérité simple : on aime garder un interrupteur sous la main.
Une correction tardive, mais stratégique
Google Home n’a pas seulement « ajouté une option ». Il a retiré une raison majeure de ne pas choisir Google comme hub principal, à un moment où Matter rend l’écosystème moins collant… et donc plus disputé.
Reste une attente : que Google fasse sauter la prochaine barrière, celle de l’intégration « IA domotique » (type Gemini/Home) avec ces nouveaux déclencheurs. Pour l’instant, le bouton redevient un outil de contrôle simple et robuste — et, franchement, c’est déjà une victoire.



