Sans grandes annonces ni effets de scène, TSMC a confirmé avoir lancé la production de masse de sa technologie 2 nm (N2) au quatrième trimestre 2025, exactement comme prévu.
Cette étape marque un tournant majeur pour l’industrie des semi-conducteurs : le N2 devient officiellement le procédé le plus avancé au monde à ce jour.
N2 : un saut technologique majeur
La gravure 2 nm N2 introduit les transistors nanosheet Gate-All-Around (GAA) de première génération, remplaçant définitivement l’architecture FinFET. Résultat, moins de fuites de courant, meilleure efficacité énergétique, et fréquences plus élevées à consommation équivalente.
TSMC ajoute également des couches d’interconnexion à faible résistance, et des condensateurs haute performance, afin d’améliorer la stabilité et les performances globales des puces.
La production se fait principalement dans les Fab 20 et Fab 22, deux usines ultramodernes dédiées aux nœuds les plus avancés.
Ce que disent les chiffres
Selon un rapport de Fast Technology, le procédé N2 offrirait un gain de 10 à 15 % en performances par rapport au N3E (3 nm), actuellement utilisé par des puces haut de gamme comme le Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5.
Les premières puces à exploiter le 2 nm seraient le futur Snapdragon 8 Elite Gen 6 (nom non définitif), et la série MediaTek Dimensity 9600.
Ces SoC devraient équiper les smartphones Android les plus premium dès fin 2026.
Des performances… mais à un prix élevé
L’innovation a un coût, et celui du 2 nm est particulièrement élevé : environ 30 000 dollars par wafer 2 nm, contre ≈ 20 000 dollars pour le 3 nm, et bien plus que les nœuds plus anciens. À titre de comparaison, la construction d’une usine capable de produire 50 000 wafers par mois en 2 nm coûterait environ 28 milliards de dollars.
Cette hausse s’explique par l’extrême précision requise par les nanosheets GAA, la complexité accrue des équipements EUV, et des rendements initiaux naturellement plus faibles.
Le 2 nm ne sera pas partout (du moins au début)
Il est donc peu probable que tous les flagships passent rapidement au 2 nm. À court terme, seuls les flagships « Ultra » ou « Pro Max » adopteront le 2 nm, les modèles plus accessibles resteront sur du 3 nm, toujours excellent en performances et en efficacité.
À moyen terme, à mesure que les rendements s’améliorent et que les coûts baissent, le 2 nm pourra progressivement se démocratiser.
Le 2 nm représente clairement l’avenir… mais pour l’instant, le 3 nm demeure le sweet spot pour la plupart des smartphones.



