À l’approche de l’ouverture officielle de l’IFA 2026, Anker accélère sur la maison connectée avec deux nouveaux robots très différents, mais portés par la même ambition : automatiser davantage les tâches domestiques. Le Eufy Robot Vacuum Omni E35 devient le robot aspirateur le plus puissant de la marque avec 35 000 Pa, tandis que le Eufy Robot Lawn Mower S2 Max s’attaque à de grandes surfaces sans câble périphérique.
Ces lancements arrivent alors qu’Anker simplifie aussi son identité de marque autour de son nom principal. Au-delà du changement de branding, la stratégie se précise : couvrir progressivement tout l’environnement domestique, du sol intérieur à la pelouse, avec des appareils de plus en plus autonomes.
Le Omni E35 monte à 35 000 Pa et devient le nouveau sommet de la gamme
Le Eufy Robot Vacuum Omni E35 inaugure le système AeroTurbo 2.0 et atteint une puissance d’aspiration annoncée de 35 000 Pa, soit le niveau le plus élevé jamais proposé par Anker sur un robot aspirateur.
Comme toujours, ce chiffre ne suffit pas à déterminer l’efficacité réelle du nettoyage. La conception du conduit d’air, le contact avec le sol, la brosse principale ou encore la capacité à maintenir la puissance dans le temps jouent un rôle tout aussi important. Mais, il montre clairement que la course à l’aspiration continue de structurer le marché haut de gamme.
Toutefois, Anker ne se contente pas d’augmenter la puissance. Le robot intègre aussi un rouleau de lavage autonettoyant, pensé pour réduire les manipulations après chaque cycle et maintenir un niveau de propreté plus constant entre deux passages.
Un nouveau mode de lavage vise les saletés plus incrustées
Le Omni E35 ajoute également un mode de nettoyage en profondeur qui fonctionne en plusieurs étapes. Le robot commence par saturer la zone, laisse ensuite l’humidité agir, puis passe à une phase de frottement plus intensive.
Cette logique cherche à mieux traiter les taches séchées, souvent mal éliminées par un simple passage rapide avec une serpillière humide. Elle rapproche le robot d’une vraie machine de lavage automatisée plutôt que d’un aspirateur auquel on aurait simplement ajouté une fonction de lavage.
Le rouleau autonettoyant va dans le même sens. Plus les systèmes deviennent complexes, plus leur intérêt dépend de leur capacité à limiter l’entretien manuel. Sur le haut de gamme, la station et le système de lavage comptent désormais presque autant que le robot lui-même.

Anker met aussi en avant l’hygiène et les certifications
Le constructeur insiste beaucoup sur la dimension hygiénique du Omni E35. Il affirme que l’appareil a été conçu selon des standards adaptés aux environnements avec de jeunes enfants, notamment pour la stérilisation et l’élimination des acariens.
Le robot a également reçu plusieurs certifications TÜV concernant notamment l’élimination bactérienne, le niveau sonore et l’efficacité du nettoyage. Anker indique aussi que le Omni E35 fait partie des rares robots aspirateurs certifiés par l’Asthma and Allergy Foundation of America.
Ces labels peuvent devenir un argument important dans une catégorie où les fabricants multiplient les promesses autour de l’hygiène. Ils ne remplacent pas les tests indépendants, mais apportent au moins un niveau de validation supplémentaire par rapport à de simples déclarations marketing.
Un prix premium, avec une remise agressive au lancement
Le Omni E35 sera commercialisé aux États-Unis à partir du 25 septembre au tarif de 1 099,99 dollars. Anker prévoit toutefois une prévente dès le 4 septembre avec un prix ramené à 899,99 dollars.
Cette remise de lancement est significative, car elle replace temporairement le robot sous la barre des 900 dollars, dans une zone beaucoup plus compétitive face aux modèles premium de Dreame, Roborock ou iRobot.
À son tarif officiel, le Omni E35 devra justifier son positionnement par l’ensemble de son expérience : qualité du lavage, fiabilité de la navigation, entretien de la station et performances sur tapis. À 899,99 dollars, la proposition devient nettement plus agressive.
Le S2 Max marque l’entrée d’Anker dans les robots tondeuses conçus en interne
À l’extérieur, Anker présente le Eufy Robot Lawn Mower S2 Max, son premier robot tondeuse développé entièrement en interne. Le modèle adopte une navigation sans câble périphérique, une caractéristique devenue essentielle sur les nouvelles générations. Au lieu d’imposer l’installation d’un fil autour de la pelouse, le S2 Max utilise la vision pour cartographier son environnement en trois dimensions et se repérer de manière autonome.
Anker annonce une capacité pouvant atteindre 1,5 hectare, ce qui vise clairement les grandes propriétés plutôt que les petits jardins urbains.
Vision 3D et transmission intégrale pour les terrains difficiles
Le S2 Max dispose d’une transmission intégrale, pensée pour améliorer la motricité sur les surfaces irrégulières et les changements de pente. Anker affirme que le robot peut gérer des pentes allant jusqu’à 80 %, soit environ 38 degrés. C’est un chiffre particulièrement élevé pour cette catégorie et qui, s’il se vérifie dans des conditions réelles, pourrait constituer un argument fort pour les terrains vallonnés.

La navigation visuelle doit parallèlement permettre au robot de construire une carte 3D de la pelouse et d’ajuster son parcours sans infrastructure fixe.
L’intérêt est autant pratique que technique. Supprimer le câble périphérique simplifie considérablement l’installation, surtout sur une grande surface ou un jardin complexe où les limites évoluent avec le temps.
Un bras extensible pour couper jusqu’aux bordures
Le S2 Max dispose aussi d’un bras de coupe extensible destiné à rapprocher davantage les lames des limites du terrain. Le problème des bordures reste en effet l’un des points faibles de nombreux robots tondeuses. Même lorsqu’ils couvrent parfaitement le centre de la pelouse, ils laissent souvent une bande qu’il faut reprendre manuellement avec un coupe-bordure.
Anker veut réduire cette contrainte avec un mécanisme capable d’étendre la zone de coupe lorsqu’il détecte une bordure.
Le système à deux lames doit de son côté améliorer le rendement général, notamment sur les grandes surfaces où chaque passage supplémentaire augmente fortement le temps nécessaire pour terminer la tonte.
À 3 999 dollars, le S2 Max vise clairement le très haut de gamme
Le prix annoncé est sans ambiguïté : 3 999 dollars. Le S2 Max ne cherche donc pas à démocratiser le robot tondeuse, mais à se positionner sur le segment des machines autonomes capables de gérer de grands terrains avec un minimum d’intervention humaine.
À ce niveau de prix, la précision de la cartographie, la fiabilité des détections d’obstacles et la capacité à travailler sur des pentes difficiles seront déterminantes. L’utilisateur accepte de payer très cher précisément pour ne plus avoir à surveiller la machine.

Anker n’a toutefois pas encore arrêté de date de commercialisation aux États-Unis. Cette absence laisse entendre que le produit est plus éloigné du marché que le Omni E35, même si sa fiche technique est déjà largement définie.
Anker ne veut plus vendre des appareils isolés
Ces deux robots prennent une dimension différente lorsqu’on les replace dans la stratégie plus large du groupe. Anker vient également de présenter MindBase, son futur hub domestique basé sur l’IA locale, et multiplie les produits autour de la sécurité, du nettoyage et de l’énergie. La consolidation de ses sous-marques sous une identité Anker plus visible va dans la même direction.
Le groupe cherche progressivement à passer du statut de fabricant d’accessoires et d’appareils spécialisés à celui de fournisseur d’un environnement domestique complet.
Le Omni E35 et le S2 Max représentent deux extrémités très concrètes de cette ambition : l’un prend en charge les sols de la maison, l’autre la pelouse, tandis que des hubs et agents logiciels pourraient à terme coordonner ces différents appareils.
L’autonomie devient le véritable terrain de compétition
La maison connectée évolue rapidement d’une logique de contrôle à une logique d’autonomie. Pendant longtemps, un appareil « intelligent » signifiait essentiellement qu’il pouvait être piloté depuis un smartphone. Aujourd’hui, les meilleurs produits cherchent plutôt à fonctionner seuls, à comprendre leur environnement et à réduire au minimum les interventions humaines.
Le Omni E35 automatise davantage le lavage et l’entretien. Le S2 Max supprime le câble périphérique et cartographie lui-même le terrain. MindBase doit demain ajouter une couche de coordination et d’IA locale.
Cette convergence est probablement plus importante que les chiffres de puissance ou les certifications pris isolément.
Anker semble vouloir construire un écosystème où les appareils domestiques ne se contentent plus d’être connectés : ils doivent être capables d’exécuter des tâches complexes avec de moins en moins de supervision.
Si la marque réussit cette transition sans sacrifier la fiabilité, son repositionnement autour d’Anker pourrait dépasser largement un simple changement de logo.


