À peine Insta360 a-t-il lancé sa nouvelle X6 que DJI revient déjà à la charge. Avec la Osmo 360 II, le constructeur améliore presque tous les points sensibles de sa première caméra 360 : vidéo 8K plus fluide, meilleure gestion de la basse lumière, batterie plus généreuse et surtout des objectifs désormais remplaçables par l’utilisateur.
DJI muscle sa caméra 360 sans tout réinventer
La seconde génération de la Osmo 360 adopte une stratégie assez classique : conserver une formule déjà installée, mais corriger les limitations les plus évidentes. Le design général reste proche de celui de la première version, tandis que l’essentiel des nouveautés se concentre sur la captation et l’usage quotidien. La caméra peut désormais enregistrer en 8K à 60 images par seconde, là où le modèle précédent plafonnait à 50 fps dans cette définition.
DJI pousse également plus loin les ralentis, avec du 4K jusqu’à 240 fps en 360 degrés et jusqu’à 120 fps en mode mono-objectif, selon les modes de prise de vue.
Sur le papier, cette montée en cadence rapproche davantage la Osmo 360 II d’un véritable outil de production sportive ou immersive que d’une simple caméra destinée aux souvenirs de voyage.
Les objectifs remplaçables sont probablement la meilleure nouveauté
La fiche technique impressionne, mais l’amélioration la plus utile est peut-être beaucoup plus terre-à-terre : les lentilles peuvent enfin être remplacées. C’est un point critique sur toutes les caméras 360.
Leurs objectifs fisheye dépassent nécessairement du boîtier afin de couvrir une portion maximale de la scène. Résultat : ils sont particulièrement vulnérables aux chocs et aux rayures, qu’il s’agisse d’une chute, d’une sortie à vélo ou simplement d’un transport un peu négligent dans un sac.

DJI commercialise désormais un kit permettant de remplacer une lentille endommagée, avec les outils nécessaires à l’opération. La documentation officielle de la marque confirme bien cette possibilité de remplacement individuel.
C’est une évolution beaucoup plus importante qu’elle n’en a l’air.
Sur une caméra d’action classique, un verre de protection endommagé peut parfois être remplacé facilement. Sur une caméra 360, une rayure placée au mauvais endroit peut ruiner une grande partie des images ou perturber l’assemblage entre les deux objectifs.
Pouvoir intervenir soi-même sur cette pièce pourrait donc prolonger sensiblement la durée de vie réelle du produit.
Jusqu’à 8K/60 fps et un débit vidéo en hausse
DJI augmente également le débit maximal d’enregistrement. La Osmo 360 II peut atteindre 220 Mb/s, contre 170 Mb/s auparavant, tandis que les séquences time-lapse 16K peuvent monter jusqu’à 600 Mb/s. Les spécifications officielles de DJI confirment ces valeurs.
Ce débit supérieur n’est pas un simple chiffre marketing.
À définition et cadence identiques, disposer de davantage de données permet théoriquement de mieux conserver les détails fins et de limiter certains artefacts de compression, ce qui devient particulièrement pertinent sur une image 360 composée de deux flux très haute définition avant assemblage.
DJI ajoute également la possibilité de créer des time-lapses 16K, là où la génération précédente se limitait à 8K. Les photos panoramiques peuvent quant à elles atteindre 120 mégapixels en HDR.
Le positionnement devient donc très clair : DJI veut séduire aussi bien les vidéastes d’action que les créateurs qui recadrent ensuite leurs images 360 pour produire du contenu vertical, horizontal ou multi-format.
La basse lumière devient un nouvel axe de bataille

L’un des défauts traditionnels des caméras 360 reste leur comportement lorsque la lumière baisse. La combinaison de petits capteurs, d’objectifs ultralarges et d’une très haute définition impose souvent des compromis importants en matière de bruit et de détails.
DJI tente de réduire cet écart avec une nouvelle version de son traitement AI Super Night View 2.0.
La marque annonce également jusqu’à 14,5 stops de plage dynamique dans certaines conditions, contre 13,5 stops sur la génération précédente. L’enregistrement en D-Log M reste toutefois limité à 13,5 stops. Cette distinction est importante : le gain maximal annoncé ne s’applique donc pas nécessairement à tous les profils ou à tous les modes de prise de vue.
Dans la pratique, l’intérêt de cette amélioration se mesurera surtout dans les scènes nocturnes urbaines, les intérieurs ou les situations où de très fortes zones lumineuses cohabitent avec des ombres profondes.
Une batterie légèrement plus grande
DJI fait également évoluer la batterie. Sa capacité passe de 1 950 mAh à 2 150 mAh, selon les données de comparaison publiées par le constructeur. L’augmentation reste mesurée, mais elle intervient alors que la caméra doit gérer des modes beaucoup plus lourds comme la 8K à haute fréquence d’images.
Une capacité supplémentaire est donc bienvenue, surtout pour une catégorie de produits où les sessions prolongées peuvent rapidement devenir énergivores.
L’autonomie réelle dépendra évidemment du mode choisi, de la température et de l’usage de l’écran ou des connexions sans fil.
NFC, suivi de sujet et fixation magnétique revue
La Osmo 360 II reçoit aussi plusieurs améliorations moins spectaculaires mais utiles au quotidien. DJI ajoute notamment NFC Quick Connect, destiné à accélérer certaines connexions avec un smartphone, ainsi qu’un système de fixation magnétique bidirectionnel amélioré.
De nouvelles fonctions logicielles de suivi du sujet viennent également faciliter le recadrage des séquences 360. C’est précisément l’un des grands intérêts de ce type de caméra : filmer l’intégralité d’une scène, puis choisir son cadrage après coup.
Plus les algorithmes de suivi deviennent fiables, plus le travail de montage peut être automatisé, notamment pour suivre une personne dans un environnement complexe.
Insta360 n’a plus le terrain pour elle seule
Cette seconde génération intervient à un moment particulièrement intéressant. Insta360 reste la marque de référence auprès de nombreux créateurs de contenu 360, et l’arrivée récente de la X6 renforce encore la pression concurrentielle.
Toutefois, DJI dispose d’un avantage considérable : son écosystème.
La marque est déjà extrêmement présente dans les drones, les stabilisateurs, les microphones et les caméras d’action. Pour un utilisateur qui possède déjà des accessoires Osmo ou DJI, une caméra 360 compatible avec une partie de cet environnement peut devenir plus attractive. La première Osmo 360 avait déjà montré que DJI comptait s’installer durablement sur ce segment.
La seconde génération semble moins chercher à prouver que DJI peut fabriquer une caméra 360 qu’à montrer qu’il peut corriger très vite les points faibles de sa première tentative.
Les objectifs remplaçables pourraient faire plus de différence que la 8K/60
C’est finalement là que l’Osmo 360 II devient intéressante. Les chiffres les plus vendeurs sont évidemment la 8K à 60 fps, les 120 mégapixels ou les time-lapses 16K. Mais, ce ne sont pas forcément eux qui changeront le plus l’expérience réelle. Une caméra 360 est avant tout un appareil que l’on manipule beaucoup, que l’on fixe sur un vélo, un casque ou une perche, et dont les deux objectifs restent constamment exposés.
Dans ce contexte, la possibilité de remplacer une lentille abîmée peut valoir davantage qu’une poignée d’images supplémentaires par seconde. DJI améliore donc à la fois la performance et la réparabilité pratique de son produit — une combinaison encore relativement rare sur les caméras d’action.
Un lancement encore géographiquement limité

Le principal point d’interrogation concerne pour l’instant la commercialisation. Le lancement initial de la Osmo 360 II vise le marché chinois, avec un prix annoncé autour de 3 300 yuans, soit un tarif proche de celui de la première génération au lancement. DJI n’a pas encore détaillé de calendrier global clair pour tous les marchés.
Il faut toutefois noter que des pages produit officielles de la Osmo 360 II sont déjà référencées sur certaines déclinaisons régionales du site DJI, notamment à Hong Kong, ce qui suggère que sa disponibilité pourrait ne pas rester strictement limitée à la Chine continentale.
En revanche, aucune date de commercialisation européenne ou nord-américaine suffisamment claire n’a encore été communiquée.
Une deuxième génération déjà beaucoup plus mature
Avec cette Osmo 360 II, DJI ne bouleverse pas son concept. Il le rend simplement beaucoup plus difficile à ignorer. La 8K à 60 fps améliore la marge de manœuvre au montage, la hausse du débit renforce la potentielle qualité, le traitement nocturne devient plus ambitieux et la batterie gagne en capacité.
Mais, ce sont surtout les objectifs remplaçables qui donnent à cette génération un caractère plus mature.
DJI semble avoir compris qu’une bonne caméra 360 ne se juge pas uniquement à la définition qu’elle affiche sur sa boîte, mais aussi à sa capacité à survivre aux usages pour lesquels elle a précisément été conçue.
Et face à Insta360, cette bataille pourrait désormais se jouer autant sur la durabilité et l’écosystème que sur la résolution pure.



