Le premier iPhone pliable pourrait bien être présenté cet automne, mais son arrivée en magasin s’annonce nettement plus compliquée. Selon de nouvelles informations venues de la chaîne d’approvisionnement, Apple rencontrerait encore des difficultés autour de l’écran et de la charnière de l’iPhone Ultra, au point d’envisager un lancement extrêmement limité aux États-Unis avant une commercialisation internationale progressive.
Un lancement mondial qui pourrait se transformer en déploiement au compte-gouttes
À quelques semaines de la période traditionnellement choisie par Apple pour renouveler ses iPhone, les incertitudes s’accumulent autour de son premier modèle pliable. Selon le média australien ChannelNews, l’iPhone Ultra pourrait être commercialisé dans un premier temps en quantités limitées et uniquement aux États-Unis.
D’autres marchés suivraient progressivement, avec une priorité accordée aux régions stratégiques comme la Chine.
Apple pourrait toujours dévoiler son smartphone pliable aux côtés des iPhone 18 Pro. En revanche, le rapport affirme que les difficultés rencontrées dans la chaîne de production seraient suffisamment importantes pour compliquer jusqu’à la fixation de son prix définitif au moment de l’annonce.
Ces informations restent à considérer avec prudence. Apple n’a officiellement confirmé ni l’existence commerciale de l’iPhone Ultra, ni son calendrier, ni son prix. Mais, si ce scénario se confirme, certains marchés internationaux pourraient attendre plusieurs mois avant de voir arriver le nouveau modèle.
Écran pliable et charnière resteraient les deux points sensibles
Le problème ne serait pas uniquement lié aux volumes de composants disponibles. D’après les informations rapportées, des exemplaires de préproduction auraient rencontré des difficultés pendant les phases de validation. La charnière et l’écran pliable seraient notamment au cœur des problèmes, et certaines solutions techniques actuellement évaluées ne permettraient pas encore de satisfaire complètement les exigences d’Apple.
La production de masse aurait initialement dû commencer en juin avant d’être repoussée au mois d’août. Le calendrier aurait depuis de nouveau glissé. Foxconn aurait encore travaillé sur l’organisation de la production en juillet, tandis que certaines étapes de validation technique auraient entraîné plusieurs semaines supplémentaires de retard.
Pour un smartphone classique, ce type de difficulté serait déjà significatif. Pour une première génération de pliable, il devient critique.
Une charnière doit supporter des dizaines de milliers de cycles d’ouverture tout en maintenant une géométrie extrêmement précise. L’écran flexible, lui, doit résister aux contraintes mécaniques répétées sans compromettre sa couche tactile, sa protection ou son apparence au niveau de la pliure. Et, Apple arrive sur un marché où ces problèmes ont déjà été largement documentés par ses concurrents.
Apple ne peut probablement pas se permettre un « Galaxy Fold moment »
Samsung connaît particulièrement bien les risques associés aux premières générations de smartphones pliables. Le Galaxy Fold original avait connu un lancement particulièrement mouvementé en 2019 après que plusieurs unités envoyées aux journalistes eurent rencontré des problèmes d’écran. Samsung avait finalement repoussé sa commercialisation afin de modifier la conception du produit.
Apple dispose aujourd’hui d’un avantage considérable : elle peut apprendre de plusieurs années d’évolution du marché.
Mais, cet avantage devient également une contrainte. Un premier iPhone pliable lancé en 2026 ne sera pas comparé aux appareils expérimentaux de 2019. Il devra affronter des produits ayant bénéficié de plusieurs générations d’améliorations en matière de charnière, d’épaisseur, de résistance et d’autonomie.
C’est précisément pourquoi Apple pourrait préférer retarder ou limiter la disponibilité plutôt que prendre le risque d’un problème de fiabilité à grande échelle.
Le prix de l’iPhone Ultra reste une autre grande inconnue
Les difficultés industrielles interviendraient également dans un contexte de tension sur certains composants électroniques. Selon le rapport, cette situation compliquerait les calculs d’Apple concernant le positionnement tarifaire de son pliable. En Australie, le smartphone pourrait coûter environ 700 dollars australiens de plus que le modèle Galaxy Z Fold 8 de base, soit un écart équivalent à près de 500 dollars américains selon le taux de change utilisé par la source.
Certaines estimations évoquent ainsi un tarif américain susceptible de dépasser 2 300 dollars. Cependant, il ne s’agit pas d’un prix officiel et ce chiffre doit être traité comme une estimation tant qu’Apple n’a rien annoncé.
Ce positionnement placerait néanmoins l’iPhone Ultra dans une catégorie très particulière : celle d’un appareil halo, destiné autant à démontrer les capacités technologiques d’Apple qu’à générer immédiatement des volumes comparables aux iPhone traditionnels.
Une stratégie déjà observée avec l’Apple Vision Pro.
Samsung pourrait profiter de chaque mois de retard
Le calendrier devient d’autant plus important que Samsung ne reste évidemment pas immobile. Son Galaxy Z Fold 8 bénéficie déjà de plusieurs générations d’expérience industrielle, tandis que des informations récentes évoquent une demande suffisamment soutenue pour pousser Samsung à revoir ses objectifs de production à la hausse.
Un retard de quelques semaines ne suffira probablement pas à faire basculer les utilisateurs profondément installés dans l’écosystème Apple. En revanche, les consommateurs davantage agnostiques — ceux qui veulent avant tout le meilleur pliable disponible — pourraient être beaucoup moins patients.
C’est ici que Samsung dispose d’un avantage rarement observé face à Apple : la maturité.
Habituellement, Apple entre sur un marché avec une intégration particulièrement travaillée et transforme rapidement une catégorie existante. Dans le pliable, elle arrive face à un concurrent qui a déjà eu plusieurs années pour résoudre les problèmes que Cupertino semble justement rencontrer aujourd’hui.
Un lancement limité ne serait pourtant pas inédit chez Apple
Une commercialisation progressive ne signifierait pas nécessairement que le projet est en difficulté profonde. Apple a déjà utilisé des lancements différés pour certains produits majeurs. L’iPhone X, par exemple, avait été annoncé en septembre 2017 avant d’arriver en novembre. Le Vision Pro avait quant à lui été présenté en juin 2023, commercialisé aux États-Unis en février 2024 puis progressivement étendu à d’autres marchés.
Un scénario comparable pour l’iPhone Ultra serait donc parfaitement plausible : présentation mondiale, lancement américain limité, puis extension internationale au rythme de la montée en puissance de la production.
La différence réside dans la raison supposée du décalage. Si les difficultés concernent réellement la fiabilité de la charnière et de l’écran plutôt qu’une simple capacité de production insuffisante, Apple devra se montrer particulièrement prudente.
Car le premier iPhone pliable ne sera pas seulement un nouveau modèle dans la gamme. Il déterminera la crédibilité d’Apple dans une catégorie où Samsung possède presque une décennie d’avance industrielle.
Et pour Cupertino, mieux vaut probablement vendre trop peu d’iPhone Ultra au lancement que d’en vendre beaucoup avant d’avoir totalement maîtrisé le pli.



