Il y a deux types de frustration quand on prépare une carte pour un Raspberry Pi : celle qui se voit (un message d’erreur), et celle qui vous piège (un flash « réussi »… mais une carte corrompue au boot).
Avec Raspberry Pi Imager 2.0.4, la fondation s’attaque précisément à ce second scénario — en fiabilisant le formatage FAT32 sur les gros volumes et en ajoutant des garde-fous pour détecter les écritures qui se figent.
Les cartes « modernes » ne pardonnent plus les vieux réflexes
Les images d’OS grossissent (souvent >4 Go), les supports aussi, et la chaîne « formater → flasher → vérifier » devient un terrain miné dès qu’on sort des petites cartes SD classiques. Raspberry Pi Imager 2.0.4 se positionne justement comme une mise à jour de stabilité, pas une refonte : moins de surprises, moins de médias « mystérieusement » illisibles après 20 minutes d’attente.
C’est le patch le plus concret pour la majorité des utilisateurs : correction du formatage FAT32 sur les disques « large drives » (> 8 Go), avec une amélioration de la gestion du répertoire racine en fonction du calcul de secteurs par groupe — typiquement le genre de détail bas niveau qui élimine des cas limites sur clés USB et grosses cartes SD.
En clair : moins de formatages bancals, moins d’erreurs de lecture/écriture bizarres, et un comportement plus prévisible quand on utilise l’option d’effacement/formatage avant écriture.
Le vrai « anti-crash silencieux » : un watchdog pour surveiller les écritures
Autre amélioration majeure : l’introduction d’un WriteProgressWatchdog. L’idée est simple et très bienvenue : si l’écriture stagne (ce fameux 99 % qui ne bouge plus, ou une vérification qui tourne dans le vide), l’outil détecte le problème et adapte sa stratégie au lieu de vous laisser avec une carte partiellement écrite.
La release standardise aussi la gestion des timeouts pour les écritures en attente, et ajoute un « emergency timeout » de 5 minutes comme filet de sécurité.
Diagnostic : plus de traces utiles quand ça échoue
Quand ça casse, on veut savoir où ça casse. Raspberry Pi Imager 2.0.4 améliore les logs et capture des hash SHA256 dans les profils de performance, afin d’aider à vérifier l’intégrité et comprendre les corruptions.
On reste dans un outil « grand public », mais avec des détails qui parlent enfin aussi aux power users et aux ateliers.
Meilleure gestion des images compressées, correctifs Linux et accessibilité
Le changelog ajoute plusieurs touches pragmatiques :
- Lecture des
.gzpour récupérer la taille décompressée avant flash, ce qui évite une part du « flou » quand on prépare un support. - Sous Linux AppImage : correction des outils externes (
runuser,xdg-open) qui pouvaient échouer à cause de conflitsLD_LIBRARY_PATH/PAM. - Notifications audio : passage à une approche plus « moderne » côté Linux (XDG/PipeWire).
- Accessibilité : contournement du timer de confirmation quand un lecteur d’écran est actif (moins de manipulations qui s’annulent toutes seules).
Ce que ça signifie, au fond : Raspberry Pi assume enfin la réalité 2026
Cette mise à jour ne fait pas rêver sur une slide, mais elle est exactement ce qu’on attend d’un outil « fondation » : moins de casse, plus de garde-fous, et une compatibilité plus robuste avec les supports actuels.
Quand votre projet dépend d’un boot fiable, la meilleure innovation n’est pas une nouvelle option — c’est une opération d’écriture qui ne vous trahit pas.



